Qui se cache derrière la Journée mondiale contre l’ostéoporose ?

Par Lanutrition.fr Publié le 21/10/2015 Mis à jour le 20/10/2017
Actualité

La Journée mondiale contre l'ostéoporose se veut bénéfique pour les patientes. Elle sert surtout des intérêts économiques.

Le 20 octobre, c’est la Journée mondiale contre l’ostéoporose, un événement salué comme il se doit par la presse qui a multiplié les titres sur l’épidémie silencieuse, le cri d'alarme des rhumatologues, le caractère incontournable de l’ostéodensitométrie, les bénéfices des médicaments, la nécessité de consommer du calcium et de la vitamine D.

L'industrie pharmaceutique à la manoeuvre

L'ostéoporose est une fragilité osseuse réelle, liée au vieillissement, à la prise prolongée de médicaments (corticoïdes), à certains modes de vie (tabagisme) ou à des déficits nutritionnels, mais les industries pharmaceutique et laitière en ont fait depuis des décennies une maladie particulièrement répandue et menaçante, la fameuse "épidémie silencieuse".

Comme le révèle Thierry Souccar dans Le Mythe de l’ostéoporose, la Journée mondiale contre l’ostéoporose a été créée le 24 juin 1998 à l’initiative d’une fédération de sociétés médicales, l’International Osteoporosis Foundation (IOF). L’IOF reçoit depuis l’origine un soutien financier des laboratoires pharmaceutiques, des sociétés spécialisées dans l’imagerie médicale et de l’industrie laitière. La Journée mondiale contre l’ostéoporose apparaît donc comme une initiative largement téléguidée par une coalition d’intérêts économiques.

Il s'agit de persuader les pouvoirs publics et le corps médical de l’intérêt de la densitométrie osseuse, inciter les femmes à se faire dépister, présenter les traitements médicamenteux comme sûrs et efficaces, et encourager toute la population à consommer des produits laitiers ou des suppléments de calcium.  

Des traitements globalement peu efficaces

En réalité, la plupart des traitements médicamenteux sont peu efficaces pour ce qui est de la prévention des fractures du col du fémur, notamment en prévention primaire. Seuls quelques traitements peuvent présenter un intérêt et, dans certains cas seulement. Les bisphosphonates ont une efficacité faible en prévention secondaire, mais les effets secondaires potentiels font que leur balance bénéfices/risques n'est pas favorable. Ils ne devraient pas être prescrits systématiquement, et seulement sur de courtes périodes. Le raloxifène est acceptable en cas de risque élevé de fractures vertébrales. Le traitement hormonal substitutif a une efficacité modérée. Quant aux produits laitiers, ils n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité.

En pratique

Les fractures du col du fémur se préviennent surtout via la prévention des chutes, et l'adoption d'un mode de vie qui comprend un régime alimentaire pauvre en sel, riche en végétaux, sans déficit nutritionnel (protéines, calcium, magnésium, potassium, vitamine D...), avec un exercice physique régulier dont la musculation, (et la danse pour l'équilibre). Parallèlement, avec le médecin, il faudrait éliminer, réduire ou substituer les médicaments non indispensables facteurs de chutes (anxiolytiques, psychotropes, anti-hypertenseurs...).

 

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