Fatigue, stress, sommeil perturbé, repas copieux... Les fêtes mettent nos cellules à rude épreuve. Découvrez comment les pratiques du biohacking peuvent vous aider à traverser cette période – et les mois qui suivent – avec plus d’énergie.
En vieillissant, il est normal de connaître des petits problèmes de mémoire. Mais l’âge n’est pas le seul responsable. D’autres facteurs souvent négligés jouent aussi un rôle. Découvrez comment agir, avec les conseils du Dr Michèle Serrand, auteure de Je muscle ma mémoire.
« Avec l’âge, nous perdons des cellules nerveuses », explique le Dr Michèle Serrand, médecin gériatre. Cette perte peut être plus importante dans des pathologies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer, mais elle reste modérée lors d’un vieillissement normal. « La diminution du volume du cerveau toucherait plus particulièrement le cortex frontal – zone responsable de la coordination motrice volontaire et du langage – et l’hippocampe qui joue un rôle fondamental dans l’apprentissage et la mémoire. » De plus, avec l’âge, « les cellules nerveuses comme toutes les cellules du corps fonctionnent moins bien. » Cette évolution se traduit par une diminution de la vitesse de transmission des messages entre les cellules (le cerveau ralentit) et une altération des connexions entre les cellules (les messages se transmettent moins bien).
Mais ce processus ne conduit pas nécessairement à une perte inévitable de mémoire. En parallèle, de nouvelles connexions peuvent se créer entre neurones, et, contrairement à une idée reçue, il est toujours possible de récréer de nouveaux neurones, même à un âge avancé. « Certaines zones du cerveau contiennent des cellules souches, explique Michèle Serrand. On sait, par exemple, qu’il y a des cellules souches au niveau de l’hippocampe, et que la formation de nouvelles cellules nerveuses s’active lors d’un entraînement important de la mémoire. Donc faire travailler ses méninges est un excellent moyen de gagner des neurones tout neufs ! »
Lire : Fabriquer de nouveaux neurones chez l’adulte : comment ça marche (abonnés)
Pour faire travailler vos méninges, vous pouvez vous lancer dans un nouvel apprentissage : apprendre une nouvelle langue, jouer d’un instrument, faire des jeux de réflexion (sudokus, mots croisés…), découvrir une nouvelle activité manuelle (poterie…), lire un livre sur un domaine nouveau… Par exemple, en mars 2026, une étude canadienne a mis en évidence une activité particulièrement intéressante pour le cerveau des seniors : observer des oiseaux ! Selon les auteurs, l’ornithologie sollicite de nombreux domaines cognitifs et pourrait contribuer à préserver la santé cérébrale avec l’âge.
Le stress est un facteur souvent négligé dans l’altération des fonctions cognitives. Quand il est continu et s’installe de façon chronique dans le quotidien, il peut avoir des conséquences délétères sur la santé et favoriser des troubles de la concentration et de la mémoire. Le stress chronique fait vieillir plus vite l’organisme. Dans une étude parue dans Molecular Psychiatry, les auteurs rapportent que même sur une période d’un an, les événements stressants accélèrent le vieillissement cellulaire, mesuré par le raccourcissement des télomères.
Apprenez une méthode de relaxation pour vous libérer du stress chronique. La méditation de pleine conscience, la cohérence cardiaque, sont particulièrement recommandées. Un bon sommeil est également indispensable pour préserver sa mémoire.
La vitamine B12, ou cobalamine, est associée à de nombreuses réactions de synthèse dans l’organisme, en tant que cofacteur. Elle joue un rôle important pour le bon fonctionnement du système nerveux car elle intervient dans la fabrication de la gaine de myéline, qui recouvre les neurones, permettant leur protection et leur efficacité dans les transmissions nerveuses.
Une carence en vitamine B12 peut favoriser la perte de mémoire. Dans Le guide pratique des compléments nootropiques, Anne-Laure Denans explique : « Une carence en vitamine B12 entraîne une myélopathie (maladie de la moelle épinière), une neuropathie (maladie des nerfs), des troubles sensoriels, un déséquilibre lors de la marche, une faiblesse et des problèmes psychiatriques allant des troubles cognitifs et comportementaux à la démence. »
La vitamine B12 est présente dans les aliments d’origine animale : viandes, œufs, poissons, produits laitiers... Pour les personnes végétaliennes, il est conseillé de se complémenter. La vitamine B12, comme d’autres vitamines du groupe B, fait partie des compléments alimentaires nootropiques, qui stimulent l’activité du cerveau. Anne-Laure Denans note : « Les neurohackers qui se complémentent avec de la vitamine B12 rapportent souvent une diminution du brouillard mental, une meilleure concentration, une amélioration de l’humeur, un accroissement des niveaux d’énergie et un bien-être général accru. » Pour de meilleurs résultats, il est conseillé de l’associer aux vitamines B6 et B9.
Si vous présentez des symptômes persistants (troubles de la mémoire, fatigue, fourmillements), parlez-en à votre médecin, qui pourra vérifier votre taux par une simple prise de sang. Certains médicaments comme les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) peuvent interférer avec l'absorption de la vitamine B12.
Chez les femmes, la ménopause s’accompagne de bouleversements hormonaux (en particulier chute des œstrogènes), qui ont un impact sur le cerveau. Lisa Mosconi décrit ce brouillard cérébral dans son livre, La ménopause commence dans le cerveau : « il n’y a rien de plus déconcertant que de sentir son cerveau – jusqu’alors un outil précis et utile – devenir flou et confus, ou de constater une détérioration de sa mémoire. »
Par exemple, voici quelques signes : oublier des noms, dates et parfois des événements, chercher ses mots, ou bien rencontrer des difficultés à se concentrer. Mais Lisa Mosconi se veut rassurante : « Le brouillard cérébral lié à la ménopause a fait l’objet d’assez peu de recherches, mais il existe des preuves solides indiquant qu’il s’agit généralement d’un changement temporaire et que l’acuité mentale se rétablit après la ménopause. » Ainsi, dans l’étude SWAN, qui a analysé les performances cognitives de femmes de 40 à 55 ans, il est apparu que les performances des femmes diminuaient lorsqu’elles entraient en périménopause, mais après la ménopause ces femmes retrouvaient plus ou moins leurs scores d’avant ménopause !
L’activité physique favorise les fonctions cognitives, comme l’explique Michèle Serrand : « Des études ont montré que l’activité physique augmente la taille du cerveau, et notamment certaines parties qui interviennent dans la mémoire (hippocampe). Aux États-Unis, plusieurs études ont mis en évidence cette augmentation jusqu’à un âge avancé grâce à la marche. »
Il est généralement conseillé aux adultes de pratiquer chaque jour 30 minutes d’une activité physique d’intensité modérée, telle que : marche rapide, footing, nager, faire du vélo… Les activités de jardinage (tondre la pelouse…) ou de ménage (laver les sols ou les vitres…) sont aussi à prendre en compte.
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