Une protéine du lait favorise la prolifération des cellules cancéreuses de la prostate

Par Lanutrition.fr Publié le 17/11/2014 Mis à jour le 10/03/2017
La caséine du lait stimule la prolifération des cellules tumorales de la prostate. Un phénomène qui expliquerait le lien entre consommation de lait et cancer agressif de la prostate.

La plupart des études épidémiologiques (mais pas toutes) rapportent que les gros consommateurs de produits laitiers ont un risque de cancer de la prostate plus élevé que ceux qui en consomment peu ou pas du tout. Il s'agit surtout de cancers agressifs.

Lire : lait et cancer de la prostate, nouvelle étude

Les chercheurs voudraient comprendre comment ces aliments peuvent favoriser, ou plutôt faire flamber le cancer de la prostate. Tour à tour, ont été incriminés le calcium (qui fait baisser la vitamine D active dans la prostate), les hormones présentes dans le lait (estrogènes et progestérone), et l’IGF-1, un facteur de croissance présent en petites quantités dans les produits laitiers, mais dont le taux dans l’organisme est fortement stimulé par les protéines laitières.

Les travaux actuels s’orientent vers les protéines laitières. Celles-ci sont à la fois capables de prévenir certaines étapes qui conduisent au cancer (mutations) comme dans le cancer du côlon et du sein, mais aussi stimuler des cellules cancéreuses de la prostate. Les études épidémiologiques montrent que les gros consommateurs de laitages ont moins de cancers du côlon, et on l'a vu, plus de cancers de la prostate (agressifs). Pour le cancer du sein, les laitages ne semblent exercer d'effets ni dans un sens, ni dans l'autre.

Lire : le lait est toxique pour la prostate

Dans cette étude, des cellules cancéreuses de la prostate (dépendantes des hormones ou indépendantes des hormones), du poumon, de l’estomac, du sein, ainsi que des cellules embryonnaires immortalisées du rein et de la prostate ont été traitées pendant 72 heures avec des concentrations de 0,1 ou 1 mg/mL de α-caséine et de caséine extraites de lait de vache.

Les protéines du lait sont constituées pour 80% de caséine et pour 20% de lactosérum. Il y a quatre sous-types de caséine: αs1-, αs2-, β-, et κ-caséine. L’α-caséine, un mélange de αs1- et αs2-caséine, est la fraction principale de la protéine du lait. 

Résultats : l’α-caséine et la caséine totale n’ont pas affecté la prolifération des cellules étudiées, sauf pour celles de la prostate. Les cellules tumorales androgènes-indépendantes de la prostate traitées avec 1 mg/mL de α-caséine et de caséine ont fortement proliféré (228% et 166%, respectivement). La prolifération des cellules cancéreuses androgènes-dépendantes de la prostate a également augmenté de 134% et 142%, respectivement.

Les chercheurs font remarquer que le mécanisme par lequel ces cellules voient leur prolifération augmentée ne semble pas passer par l’IGF-1, car le niveau de ce facteur de croissance est resté stable malgré la supplémentation en caséine.

L'analyse de LaNutrition.fr : La caséine semble donc exercer des actions complexes dans l’organisme, avec, dans les expériences cellulaires et chez l’animal, une protection possible contre la prolifération des cellules du cancer du sein et le cancer du côlon (cela se retrouve au plan épidémiologique pour le cancer du côlon). A l'inverse, en ce qui concerne la prostate, la caséine pourrait stimuler les cellules cancéreuses via des facteurs de croissance comme l’IGF-1. Dans cette étude, les chercheurs n’ont pas relevé d’augmentation de l’IGF-1, mais les études montrent que 9% de l’IGF-1 du lait, lorsqu'il est absorbé par des souris, est retrouvé intact dans la circulation sanguine, et que le chiffre atteint même 67% lorsque l’IGF-1 est absorbé avec de la caséine. Par ailleurs, les caséines peuvent se retrouver intactes dans le sérum et même certains tissus, sans que l’on sache encore très bien comment elles y sont transportées à partir de l’intestin. D’autres études ont montré que le lactosérum stimule aussi les cellules tumorales de la prostate; les acides aminés du lactosérum activent une kinase appelée mTORC1 qui agit comme stimulant de la croissance cellulaire dans le cancer. Mais le lactosérum inhibe la prolifération de cellules cancéreuses du sein.

Source 

Park SW, Kim JY, Kim YS, Lee SJ, Lee SD, Chung MK. A milk protein, casein, as a proliferation promoting factor in prostate cancer cells. World J Mens Health. 2014 Aug;32(2):76-82. doi: 10.5534/wjmh.2014.32.2.76. Epub 2014 Aug 26. PubMed PMID: 25237656; PubMed Central PMCID: PMC4166373.

 

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