Pas de pitié pour les bonbons

Par Lanutrition.fr Publié le 19/04/2006 Mis à jour le 10/03/2017
Les enfants en raffolent, leurs quenottes beaucoup moins. Les bonbons peuvent-ils trouver grâce aux yeux de la nutrition ? C'est pas gagné...

Les confiseries ne favorisent pas le cancer

FAUX

Les fabricants de confiserie l’affirment dans leur brochure Sucres et santé : « Aucune donnée n’établit de relation entre la consommation de sucres et la survenue de cancers. » Les confiseurs ont une lecture sélective des données scientifiques, puisque plusieurs études montrent au contraire que la consommation élevée de sucre et d’aliments riches en sucres, comme les confiseries, augmente de manière importante le risque de cancer du côlon. Ce risque est augmenté de 60% dans une étude américaine de 1997, et de 40% dans une étude italienne publiée la même année. Une étude prospective de 1994 portant sur 35 000 femmes trouve un risque augmenté de 80 à 100% chez les gros consommateurs de sucre. Des observations similaires ont été faites depuis longtemps chez l’animal. Comment expliquer ce phénomène ? D’abord, certaines formes de sucre, comme le caramel, sont directement cancérogènes. Par ailleurs, selon Edward Giovannucci (Université Harvard, Boston), le cancer du côlon serait favorisé par les taux élevés d’insuline qui accompagnent la consommation de sucres rapides et d’aliments raffinés. L’insuline incite en effet les cellules de la muqueuse intestinale à proliférer, avec le risque de devenir incontrôlables.

 

Le diabète n’est pas lié à la consommation de sucreries

FAUX

Une étude majeure publiée l’an dernier par l’équipe du Dr Walter Willett (Harvard School of Public Health) a montré que les gros consommateurs de sucre et d’aliments sucrés ont un risque de diabète de type 2 (non insulino-dépendant) augmenté de 40%, par rapport à ceux qui consomment peu de sucres. Lorsque l’excès de sucre se double d’un déficit de fibres, le risque de diabète est multiplié par 2,2. Une étude japonaise de 1993 avait conclu de même. Le diabète non insulino-dépendant qui apparaît à l’âge adulte, et dont l’incidence ne cesse d’augmenter, est clairement lié à un mode alimentaire de type occidental dominé par l’excès de sucre, sucreries, le raffinage à outrance des aliments, et la régression des fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes. Les deux vont d’ailleurs de pair : une étude espagnole de 1997, conduite auprès d’écoliers montre que les gros consommateurs de confiseries sont aussi ceux qui mangent le moins de légumes crus et de fruits.

 

Tous les chewing gums augmentent le risque de carie dentaire

FAUX

A l’inverse du sucre, le xylitol - un édulcorant - n’est pas fermenté par les bactéries de la cavité buccale : il diminue donc sensiblement le risque de caries. Avec le sorbitol – un autre substitut du sucre – le xylitol favorise aussi la reminéralisation de l’émail dentaire. Plusieurs études cliniques attestent de l’intérêt des chewing gums au xylitol. Une étude récente montre que, par rapport à un chewing gum au sucre, l’usage d’un chewing gum au xylitol chez des enfants entraîne après 16 mois une réduction de moitié du nombre de caries, avec une stabilisation probable des caries déjà installées.

 

Les enfants utilisent les confiseries comme calmants

VRAI

Un enfant sur 3 ou 4 manifeste une attirance excessive pour le sucre et les aliments sucrés. Les travaux de Judith Wurtman (Massachusetts Institute of Technology, Cambridge) ont montré que ces enfants ont souvent un défaut de synthèse ou d’utilisation de la sérotonine, un messager chimique du cerveau qui joue un rôle crucial dans l’humeur. Un déficit de sérotonine peut se traduire chez l’enfant par de l’impulsivité, des pleurs, des troubles de l’attention. Au quotidien, les taux de sérotonine fluctuent avec la quantité de sucres dans l’alimentation, les sucres simples provocant une élévation rapide des taux sanguins de tryptophane, un acide aminé qui donne naissance dans le cerveau à la sérotonine. Pour Judith Wurtman, les enfants gros consommateurs de sucreries en font un usage quasi médical pour « gonfler » leur sérotonine cérébrale. Par ailleurs, des études cliniques chez le nourrisson ont montré que l’administration de sucre diminue les cris et les pleurs.

 

Un formidable acélérateur du vieillissement

En offrant des bonbons et des confiseries à leurs enfants, les parents leur font un cadeau dont les chères têtes blondes se passeraient bien, puisqu’il se chiffre probablement en mois de vie en moins :

  1. 1- Les mitochondries sont les centrales énergétiques de la cellule, chargées de brûler les aliments au contact de l’oxygène pour fournir de l’énergie à l’organisme. Cette combustion est imparfaite, dans la mesure où elle s’accompagne de la production de radicaux libres, qui finissent par endommager les mitochondries elles-mêmes. De nombreuses maladies chroniques, mais aussi les manifestations classiques du vieillissement – fatigue, essoufflement, trouveraient leur origine dans ces altérations des mitochondries. Les confiseries et les aliments « récréatifs » contribuent au vieillissement accéléré en faisant peser une charge supplémentaire et inutile sur les mitochondries.

  2. 2- La consommation de sucreries s’accompagne d’une augmentation du taux de sucre dans le sang. Celle-ci est à l’origine de phénomènes de glycation, au cours desquels sucre et protéines réagissent ensemble pour former des composés rigides, insolubles qui sont à l’origine des rides, mais qui expliquent aussi certaines altérations des organes, comme l’insuffisance rénale.

  3. 3- L’excès de sucreries peut aussi entraîner une élévation des triglycérides dans le sang, un facteur indépendant du risque cardio-vasculaire. Le Dr William Grant (NASA Research Center, Hampton, Virginie) estime dans une étude récente à 150 000 le nombre de décès cardiaques annuels directement liés à la consommation de sucre aux Etats-Unis. Chez la femme, le sucre serait même le premier facteur nutritionnel de risque cardio-vasculaire, devant les graisses animales. Mais ces travaux demandent confirmation.

  4. 4- Dans les aliments non raffinés, les sucres sont accompagnés des co-facteurs nécessaires à leur utilisation par les cellules, comme la vitamine B1 ou le magnésium. Les confiseries ne renferment aucun de ces « chaperons ». Pour métaboliser ces sucres vides, l’organisme est obligé de puiser dans ses maigres réserves de B1 et magnésium, au risque de créer ou augmenter des déficits. Les déficits en vitamine B1 se traduisent par des troubles de la mémoire ; les déficits en magnésium par une sensibilité accrue au stress et à la fatigue.


 

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