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Pour l’eau du robinet, il existe des contrôles avec des valeurs maximales à ne pas dépasser. On obtient alors un risque acceptable. A l’échelle européenne, c’est le cas si, pour une concentration donnée, on a une chance sur un million d’être malade. Pour les risques connus, je peux garantir qu’il n’y a pas de danger à boire de l’eau du robinet.
Le chlore est utilisé pour désinfecter l’eau. Avec le plan Vigipirate, la quantité de chlore libre est passée à 0,3 mg par litre d’eau. Pour faire disparaître le goût du chlore de son eau, il suffit de la mettre au frais. Le chlore étant un gaz, il s’évapore.
Aucune molécule n’est exempte de toxicité, c’est certain. Le chlore, à haute dose, est un toxique respiratoire. Les maîtres nageurs souffrent plus d’asthme. Le chlore réagit avec des molécules carbonées pour former des halométhanes. Le chloroforme à forte concentration augmente la fréquence de certains cancers. Ce qui compte, c’est la dose.
On doit faire le maximum pour être en dessous. L’eau est l’aliment le plus contrôlé. Toutes les communes font des contrôles. Dans les grandes villes, les contrôles sont quotidiens. En campagne, pour des raisons économiques, les contrôles sont minimaux. Dans ma petite commune de treize habitants, on fait un contrôle tous les cinq ans.
Pas du tout. Les risques ne sont pas les mêmes entre les deux endroits. Et beaucoup de contrôles se font en fonction du risque. Dans ma commune les agriculteurs n’utilisent pas de pesticides. Les gens doivent s’intéresser à la qualité de leur eau. Si trois ou quatre paramètres seulement sont analysés sur leur facture, ils doivent poser des questions à la mairie ou à la DDASS. Mais encore une fois, si les doses de certains paramètres sont dépassées sur 15 jours, cela ne change pas grand-chose. Les risques concernent le long terme.
Oui. Il y a du plomb dans certaines canalisations. La valeur de concentration maximale est aujourd’hui de 25 µ/L et elle passera bientôt à 10 µ/L. Il n’y a plus de problème dans les canalisations publiques, le risque est surtout chez le particulier. Le plomb entraîne le saturnisme. Les canalisations sont finalement un nid à microbes.
C’est le principal risque. Le niveau de risque pour cette pathologie est de une chance sur 10 000.
L’eau est une merveille, surtout par rapport à beaucoup d’aliments. La France a la chance d’avoir une eau de bonne qualité, sauf en quelques endroits. Il serait dommage de s’en priver. Les traitements et les analyses coûtent de plus en plus chers, mais un litre d’eau du robinet coûte 500 à 1000 fois moins qu’un litre d’eau en bouteille.
Propos recueillis par Clémence Lamirand
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Pascal Picq est maître de conférences au Laboratoire de paléoanthropologie et préhistoire du Collège de France (Paris). Il raconte comment, dès l’origine, l’alimentation a façonné l’évolution de l’homme.
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