Cancer, thyroïde : ce que le sélénium peut faire pour vous

Par Lanutrition.fr Publié le 21/04/2016 Mis à jour le 10/03/2017
Actualité

Le sélénium peut avoir des effets bénéfiques contre certains cancers et dans l’hypothyroïdie. Mais attention aux excès.

Le sélénium est un oligoélément antioxydant présent sous forme de traces dans l’alimentation. Il intervient dans différentes voies métaboliques importantes dont la protection antioxydante via l'activation d'enzymes spécialisées, les glutathion peroxydases. Il est incorporé dans des sélénoprotéines (grâce à l’acide aminé sélénocystéine). Les apports alimentaires en sélénium varient dans le monde ; ils dépendent du contenu du sol en sélénium. Les noix du Brésil sont particulièrement riches en sélénium, ainsi que certains produits de la mer (huîtres, thon...).

Consulter la liste des aliments riches en sélénium

LaNutrition.fr conseille un apport en sélénium de l'ordre de 1 microgramme par kilo de poids. L'alimentation en France fournit entre 40 et 50 microgrammes de sélénium par jour. Il peut donc être opportun, selon son alimentation et son poids (et surtout son statut) d'envisager un complément de sélénium, en particulier dans certains troubles de la thyroïde et en prévention de certains cancers. 

Les compléments de sélénium et de zinc bénéfiques contre l’hypothyroïdie

L’hypothyroïdie marque un déficit d’activité de la glande thyroïde, qui s’accompagne souvent de surpoids, frilosités, sécheresse de la peau, fatigue. Elle peut avoir des causes toxiques, infectieuses ou plus fréquemment encore être liée à des mécanismes d’auto-immunité (thyroïdite de Hashimoto). Le zinc et le sélénium ont un rôle important dans le fonctionnement de la thyroïde et de ses hormones (T3 et T4).

Dans une étude iranienne, 68 volontaires ont reçu pendant 8 semaines soit un supplément de zinc et sélénium (30 mg de gluconate de zinc et 200 microgrammes de levure riche en sélénium), soit le zinc avec un placebo, soit le sélénium avec un placebo, soit deux placebos. Résultats : le niveau d’hormone T3 libre, un indice de l’activité thyroïdienne, a augmenté significativement dans les groupes qui recevaient du zinc (avec ou sans sélénium). Le niveau de T4 libre (l’hormone convertie en T3) a augmenté significativement dans le groupe zinc + sélénium. Le niveau de TSH a diminué dans le groupe qui recevait l’association zinc-sélénium.

Les auteurs font remarquer que le niveau de sélénium dans le sang des volontaires au début de l’intervention était déjà élevé, probablement trop pour laisser entrevoir un effet plus net du sélénium. Ils concluent cependant que des suppléments de zinc ou de zinc plus sélénium sont susceptibles d’améliorer la fonction thyroïdienne chez les patients.

Lire aussi : En finir avec l'hypothyroïdie, du Dr Benoït Claeys (lire un extrait ICI >>)

Les compléments de sélénium pourraient prévenir le cancer du col de l’utérus

Des chercheurs ont testé dans une petite étude les effets d'une complémentation en sélénium à long terme sur le tissu cervical et le profil métabolique de patientes atteintes d'une néoplasie intra-épithéliale cervicale (CIN). Cet essai clinique a inclus 58 femmes avec un diagnostic de CIN. Pendant six mois, 28 ont reçu un placebo et les 28 autres 200 µg de compléments de sélénium par jour. La néoplasie cervicale intra-épithéliale correspond à des changements touchant les cellules squameuses du col. Il s'agit d'une situation précancéreuse qui, non-traitée, peut progresser en carcinome dans 30 à 50 % des cas.

Après six mois de complémentation, 88 % des femmes avaient une régression de la néoplasie, contre 56 % dans le groupe placebo.Des effets métaboliques positifs ont été observés : la complémentation résultait en une diminution de 0,37 mmol/L de glucose à jeun (contre +0,07 dans le groupe placebo), et une diminution de 28,8 pmol/L d'insuline contre +13,2 dans le groupe placebo. La capacité antioxydante du sang augmentait aussi chez les personnes complémentées en sélénium. Il y avait également une diminution significative du malondialdéhyde, un marqueur du stress oxydatif.

Par conséquent, la complémentation en sélénium chez des patientes atteintes de néoplasie cervicale permet la régression de la néoplasie et améliore leur profil métabolique.

Cancers de la prostate : des résultats incertains

Le Danemark est une région à bas niveau de sélénium. Une étude danoise s’est donc intéressée au risque de cancer de la prostate et au niveau de sélénium dans une population danoise. Globalement, le sélénium est connu pour ses effets protecteurs contre le cancer de la prostate mais les résultats des études sont parfois contradictoires.

L’étude a identifié 784 cas de cancer de la prostate en 2007 dans la cohorte Diet, Cancer and Health qui comptait 27.179 hommes. Les deux tiers (525) des cas avaient une forme avancée de la maladie au moment du diagnostic et parmi eux 170 avaient une forme de cancer de haut grade (le plus agressif). 305 sont décédés dont 212 à cause du cancer de la prostate pendant le suivi jusqu’en 2012.

Les niveaux de sélénium plasmatique n’étaient pas associés au risque de cancer de la prostate total ou avancé, mais des niveaux plus élevés de sélénium étaient associés avec un risque réduit de maladie de haut grade (-23 %). Chez les patients il y avait aussi un risque légèrement plus bas de décès (-8 %) avec des niveaux de sélénium plus élevés avant le diagnostic.

Le rôle du sélénium dans ce type de cancer reste débattu. Par exemple dans l'étude américaine SELECT, les hommes qui ont pris un supplément de sélénium (200 mcg/j sous forme de L-sélénométhionine), seul ou avec de la vitamine E ont connu un risque plus élevé de cancer de la prostate, mais ce risque n'étatit pas significatif au plan statistique. Mais dans l'étude américaine NPC, publiée en 1996, un supplément de sélénium (200 mcg/j sous la forme de levure riche en sélénium) a conduit à une réduction sugnificative du risque de ce cancer. Ce bénéfice concerne essentiellement les hommes dont le niveau de sélénium au début de l'étude était faible.

 

Pour en savoir plus sur l'utilisation des antioxydants : Le guide des compléments antioxydants et Guide pratique des compléments alimentaires (lire un extrait ICI >>)

Sources

Mahmoodianfard S. Effects of Zinc and Selenium Supplementation on Thyroid Function in Overweight and Obese Hypothyroid Female Patients: A Randomized Double-Blind Controlled Trial. J Am Coll Nutr. 2015 Sep-Oct;34(5):391-9.

Maryam Karamali, Sepideh Nourgostar, Ashraf Zamani, Zahra Vahedpoor and Zatollah Asemi. The favourable effects of long-term selenium supplementation on regression of cervical tissues and metabolic profiles of patients with cervical intraepithelial neoplasia: a randomised, double-blind, placebo-controlled trial. British Journal of Nutrition. 2015 Oct 6:1-7. doi:10.1017/S0007114515003852.

Outzen M, Tjønneland A, Larsen EH, Friis S, Larsen SB, Christensen J, Overvad K, Olsen A. Selenium status and risk of prostate cancer in a Danish population. Br J Nutr. 2016 Mar 14:1-9.

Kristal AR, Darke AK, Morris JS, Tangen CM, Goodman PJ, Thompson IM, Meyskens FL Jr, Goodman GE, Minasian LM, Parnes HL, Lippman SM, Klein EA. Baseline Selenium Status and Effects of Selenium and Vitamin E Supplementation on Prostate Cancer Risk. J Natl Cancer Inst. 2014 Feb 22.

La sélection

Publicité

Les meilleurs livres et compléments alimentaires sélectionnés pour vous par NUTRIVI, la boutique de la nutrition.

Découvrir la boutique logo Nutrivi

A découvrir également

Back to top