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En mars dernier, l’OMS a classé le glyphosate, l’ingrédient actif du pesticide Roundup, comme probablement cancérogène chez l’homme. Maintenant, une étude parue dans le journal mBio lie le glyphosate et deux autres herbicides à la résistance aux antibiotiques.
Les pesticides sont des produits phytopharmaceutiques qui visent à éliminer les plantes et animaux nuisibles aux cultures. Ils sont principalement utilisés dans l’agriculture où leur usage est réglementé, mais les particuliers qui jardinent ne sont pas en reste et représentent environ 10 % de l’usage agricole. Les herbicides sont devenus si courants qu'ils peuvent être détectés chez les humains, dans l’atmosphère, les animaux de compagnie et les habitations.
Ici, des chercheurs néo-zélandais ont voulu savoir si des herbicides pouvaient avoir un effet sur l’apparition de résistances aux antibiotiques chez les bactéries. En effet, alors que des pesticides comme le dicamba, le 2,4-D et le glyphosate sont utilisés depuis des décennies, leurs effets sur la résistance aux antibiotiques n’avaient pas été explorés. Comme l’explique Jack Heinemann, professeur de génétique à l’université de Canterbury et principal auteur de l’étude, quand les effets secondaires des pesticides sont testés, « c’est sur la toxicité létale que les gens se focalisent ». Les chercheurs se sont donc intéressés à des effets sub-létaux, qui nécessitent que la bactérie reste vivante.
Des antibiotiques de 5 classes différentes sont été choisis : ampicilline, ciproflaxine, chloramphénicol, kanamycine et tétracycline. Ces antibiotiques sont largement utilisés en médecine pour lutter contre des maladies infectieuses. Les herbicides étudiés faisaient partie des plus utilisés dans le monde.
Les scientifiques ont vu des effets sur la résistance aux antibiotiques des bactéries. Ces effets étaient visibles à des niveaux plus élevés que les limites autorisées dans l’alimentation, mais en-deçà de ce qui est souvent utilisé dans un cadre rural : les résultats suggèrent qu’il est peu probable que les résidus présents dans l’alimentation induisent des changements dans la flore intestinale, mais que les populations agricoles seraient plus à risque.
Les herbicides ne sont pas très toxiques pour les bactéries testées, à savoir E. coli et Salmonella enterica serovar Typhimurium : la bactérie reste vivante, mais elle active des pompes protéiques pour se libérer des toxines. Ce mécanisme de défense peut favoriser l’apparition de résistances croisées. « L’exposition à ces pesticides rend les pathogènes plus forts. »
L’utilisation excessive et inappropriée des antibiotiques compromet l’efficacité à long terme des thérapies qui utilisent les antibiotiques. L’émergence de la résistance aux antibiotiques est le résultat de l’utilisation des antibiotiques. La résistance aux antibiotiques induite par les pesticides pourrait aussi affecter les abeilles étant donné que de nombreuses ruches sont maintenant traitées avec des antibiotiques.
Source
Kurenbach B, Marjoshi D, Amábile-Cuevas CF, Ferguson GC, Godsoe W, Gibson P, Heinemann JA. Sublethal Exposure to Commercial Formulations of the Herbicides Dicamba, 2,4-Dichlorophenoxyacetic Acid, and Glyphosate Cause Changes in Antibiotic Susceptibility in Escherichia coli and Salmonella enterica serovar Typhimurium. MBio. 2015 Mar 24;6(2). pii: e00009-15. doi: 10.1128/mBio.00009-15.
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