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Même en mangeant de la même façon, certains grossissent plus que d’autres. D’après une nouvelle étude parue dans BMJ, si un régime riche en fritures n’est bon pour personne, il ferait plus grossir certains qui sont prédisposés génétiquement à l’obésité.
Au cours des dernières décennies, la fréquence de l’obésité s’est accrue, en raison des changements de modes de vie. Cependant, la réponse de l’organisme à des expositions environnementales, comme l'alimentation, varie aussi en fonction du contexte génétique.
Ici, des chercheurs de la Harvard School of Public Health ont examiné l’interaction entre la consommation d’aliments frits, le risque génétique et l’IMC ou indice de masse corporelle. Pour cela, ils ont utilisé les données d'environ 35 000 professionnels de santé : 9 623 femmes de la Nurses’ Health Study, 6 379 hommes de la Health Professionals Follow-up Study et 21 421 femmes de la Women’s Genome Health Study. Des échantillons de sang ont permis d’effectuer un test génétique et les participants ont répondu à des questionnaires alimentaires : ils devaient dire s’ils mangeaient des aliments frits, à la maison ou à l’extérieur, moins d’une fois par semaine, 1 à 3 fois par semaine ou au moins 4 fois par semaine. En utilisant 32 variations génétiques connues pour être liées à l’obésité, les auteurs ont pu définir quelles personnes étaient plus à risque d’obésité. Certains de ces gènes pourraient affecter l’appétit, d’autres la manière dont l’organisme brûle des calories, même au repos.
Résultats : sans surprise, les personnes qui mangeaient souvent des aliments frits avaient des IMC plus élevés. Ceux qui consommaient le plus d’aliments frits avaient plus souvent de mauvaises habitudes alimentaires, des apports énergétiques plus élevés et des niveaux d’activité physique plus bas. Les chercheurs ont trouvé une interaction significative entre la consommation d’aliments frits et la prédisposition génétique à l’adiposité : la force de l’association entre consommation de fritures et IMC variait en fonction des prédispositions génétiques des individus. De la même façon, d’autres travaux avaient montré que certaines personnes étaient plus susceptibles de grossir à cause d’une forte consommation de boissons sucrées.
Cependant, un régime alimentaire sain pourrait atténuer le risque d’obésité attribué aux facteurs génétiques. Les résultats ne signifient pas pour autant que les personnes avantagées par leurs gènes peuvent manger n’importe quoi. Pour Lu Qi, l’auteur qui a dirigé ces travaux, « Je pense que nous devrions fortement recommander à chacun de réduire sa consommation d’aliments frits ». Pour lui, de tels résultats devraient conduire à des prescriptions médicales plus individualisées pour contrôler le poids ; mais un test génétique n’apporte pas beaucoup d’informations sur le risque d'obésité : les gènes découverts pour l’instant n’expliquent qu’une partie des différences existant entre les individus.
Le fait de faire frire les aliments les rend plus croustillants, mais les fritures absorbent aussi des produits de dégradation de l’huile qui sont parfois associés à des maladies chroniques.
Source
Qi Q ,Chu AY ,Kang JH ,Huang J ,Rose LM ,Jensen MK ,et al. Fried food consumption, genetic risk, and body mass index: gene-diet interaction analysis in three US cohort studies. BMJ 2014;348:g1610.
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