« La culture du maïs OGM MON 810 du semencier américain Monsanto présente plus d'inconvénients que d'avantages », estime le Haut conseil des biotechnologies (HCB) dans un avis publié mardi 22 décembre 2009.
Le maïs génétiquement modifié MON 810, créé par le semencier américain Monsanto, est capable de produire une toxine insecticide qui protège les cultures des attaques de pyrale ou de sésamie, deux chenilles qui s'en prennent aux plants de maïs. Cette propriété est censée être pratique pour les agriculteurs qui, par conséquent, répandent moins d’insecticide sur les cultures. Mais cet avantage ne vaut qu'en cas de forte infestation, relativise le HCB.
Des doutes sur les effets du MON 810 sur l’environnement
Le Haut Conseil des biotechnologies pointe surtout les doutes qui persistent sur les impacts environnementaux de la culture du maïs OGM MON 810 : effets sur les insectes nuisibles ou non, les animaux d’élevage et les autres cultures environnantes.
Des risques de dissémination de la toxine du MON 810 et des incertitudes concernant les effets de ce type de culture sur les abeilles et les animaux d'élevage persistent. En effet, le HCB indique que la toxine « est libérée par les plantes, via les pollens, les racines et les résidus de culture. La stabilité de cette toxine est difficile à apprécier, mais les quantités libérées restent équivalentes à celles épandues sur les cultures ». Dès lors, le maïs MON 810 pourrait diminuer les populations d’insectes sensibles à la toxine.
Le Comité scientifique, autre composante du HCB, considère que « les données étudiées ne révèlent pas d'effet majeur du maïs MON 810 sur l'environnement », mais qu'il est « souvent difficile de conclure à une absence de risque ».
Une culture interdite dans certains pays
Le HCB, ainsi que l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), avaient été saisis par le gouvernement le 23 septembre 2009 afin d'expertiser l'avis de renouvellement de l'autorisation du maïs génétiquement modifié MON 810 publié par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) le 30 juin 2009 au regard des interrogations soulevées par la France dans le cadre de sa clause de sauvegarde.
Le MON 810 est le seul OGM autorisé à être cultivé par Bruxelles, mais la France et cinq autres pays européens (Allemagne, Autriche, Grèce, Hongrie, Luxembourg) en interdisent la culture sur leur territoire. Pour cela, ils ont fait jouer la clause de sauvegarde prévue par la législation sur les OGM.
Si la Commission européenne suit l'avis de l'AESA et renouvelle pour dix ans l'autorisation de mise sur le marché du MON 810, la clause activée par Paris en février 2008 pourrait devenir caduque. Elle prévoit en effet, dans son article 1, qu'elle n'est valide que « jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la demande de remise sur le marché ».
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