Boire du lait ne protège pas des fractures : nouvelles preuves

Par Lanutrition.fr Publié le 21/11/2013 Mis à jour le 10/03/2017
Les adolescents qui boivent beaucoup de lait n'ont pas moins de fractures à l'âge adulte. Il y en a même plus chez les hommes. Conclusions d'une nouvelle grande étude prospective.

Les autorités sanitaires, l’industrie laitière et les nutritionnistes qui lui sont proches continuent de promouvoir la consommation de lait de vache dès l’enfance pour favoriser un prétendu  « pic de masse osseuse » et réduire, assurent-ils, le risque de fracture à l’âge adulte. 

En réalité, les faits sont têtus et il n’existe aucune preuve que le lait prévient les fractures. Thierry Souccar, dans Lait, mensonges et propagande et plus récemment Le mythe de l’ostéoporose a exposé les données scientifiques montrant que le discours tenu par l’industrie laitière et ses amis en faveur des 3 à 4 laitages par jour relève de la pure propagande.

Une nouvelle grande étude prospective qui a suivi pendant 22 ans plus de 96 000 hommes et femmes âgés de 50 ans issus de l’Etude des Infirmières et de l’Etude de suivi des professionnels de santé, vient renforcer ses affirmations et affaiblir un peu plus la position des autorités sanitaires et des nutritionnistes amis de l’industrie laitière. 

Les chercheurs de Harvard ont cherché à établir une association entre la consommation de lait dans l’adolescence et le risque de fractures plus tard dans la vie.

Résultats : après contrôle des facteurs de risque connus, chaque verre supplémentaire quotidien de lait au cours de l'adolescence était associé à un risque significativement plus élevé de fracture de la hanche chez les hommes. Chez les femmes, la consommation de lait n’était associée ni à une augmentation du risque de fracture, ni à une diminution de ce risque.

Conclusion des chercheurs : la consommation de lait à l’adolescence n’est pas associée à un risque plus faible de fractures, et pourrait même être liée à un risque plus élevé chez les hommes.

Cette information, parfaitement conforme aux données accumulées depuis des décennies, est reçue comme une "surprise" par les médias français. Il est vrai qu'ils ont une longue tradition de relais du discours des industriels.

L'analyse de LaNutrition.fr. Sachant que, selon une étude récente, les hommes qui, dans l'adolescence ont bu le plus de laitages ont un risque significativement augmenté de développer un cancer de la prostate, il est nécessaire que les autorités sanitaires (en France : ANSES, INPES, PNNS) fassent amende honorable en reconnaissant qu'elles ont eu tort d'inciter toute la population à consommer 3 à 4 laitages par jour "dans le but de prévenir les fractures"; elles doivent s'abstenir dorénavant de promouvoir la surconsommation de ces aliments, et prôner la modération, comme le fait LaNutrition.fr depuis des années : il n'y a pas de risque à consommer modérément des laitages, si on les tolère, mais il n'y a pas non plus d'obligation de le faire car ces aliments ne sont pas insdipensables.

Source 

Feskanich D, Bischoff-Ferrari HA, Frazier AL, Willett WC. Milk ConsumptionDuring Teenage Years and Risk of Hip Fractures in Older Adults. JAMA Pediatr.2013 Nov 18.

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