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Dans un éditorial très médiatisé des deux côtés de l’Atlantique, paru le 17 décembre 2013 dans les Annals of Internal Medicine, le Dr Edgar Miller et quatre de ses collègues de Johns Hopkins (Baltimore, Maryland) partent en guerre contre les suppléments de vitamines et minéraux. « Ça suffit », écrivent-ils en titre « Arrêtez de gaspiller votre argent en compléments de vitamines et minéraux » (1). L’éditorial, cinglant, s’appuie sur les résultats de trois études parues dans le même numéro.
Ci-dessous, les résultats bruts de ces 3 études. Dans un autre article, nous les analysons en détail.
La première étude (2) est en fait une méta-analyse de 26 études (janvier 2005 à janvier 2013) réalisée par un organisme indépendant américain, l’U.S. Preventive Services Task Force. Objectif : évaluer l’intérêt des suppléments de vitamines et minéraux en prévention primaire des maladies cardiovasculaires et des cancers chez des adultes en bonne santé ne souffrant pas, selon les auteurs de ce travail, de déficit. Résultats : le groupe conclut qu’il « existe des preuves limitées pour soutenir les bénéfices d’un supplément de vitamines et minéraux en prévention du cancer ou des maladies cardiovasculaires. » Il ajoute que « deux études ont trouvé un petit bénéfice, à la limite de la significativité, des suppléments de multivitamines en prévention des cancers masculins, mais pas d’effet sur les maladies cardiovasculaires. »
La deuxième étude (3) a porté sur 5947 médecins de sexe masculin, âgés de plus de 65 ans qui ont pris soit un complément multivitaminé (Centrum Silver), soit un placebo entre 1997 et 2011. Ces hommes ont passé des tests cognitifs et les résultats n’ont montré aucune différence entre les deux groupes pendant les 12 années de suivi. Les participants faisaient partie de l’étude PHS II (Physicians’ Health Study II) et n’avaient pas de problème de santé particulier.
La dernière étude (4), baptisée TACT, portait sur 1 708 patients, hommes et femmes de plus de 50 ans, ayant été victimes d’un infarctus, qui ont accepté de prendre des multivitamines fortement dosées ou un placebo chaque jour pendant 31 mois (multivitamines) à 35 mois (placebo). Le suivi a duré 55 mois. Il n’y avait pas de différence significative entre les 2 groupes pour ce qui est des troubles cardiovasculaires. Cependant, les auteurs de l’étude reconnaissent que le nombre de participants ne s’étant pas conformés aux instructions a été « considérable » ce qui a évidemment pu affecter les résultats de l’étude.
C’est donc à partir de ces trois études, et d’autres études négatives publiées dans le passé, que les auteurs de l’éditorial des Annals of Internal Medicine s’en sont pris aux compléments de vitamines et de minéraux, un jugement négatif largement relayé par les médias francophones.
LaNutrition.fr a publié une analyse critique de ces trois études. A lire ici.
Sources
(1) Eliseo Guallar, Saverio Stranges, Cynthia Mulrow, Lawrence J. Appel, and Edgar R. Miller. Enough Is Enough: Stop Wasting Money on Vitamin and Mineral Supplements. Ann Intern Med. 2013;159(12):850-851-851. doi:10.7326/0003-4819-159-12-201312170-00011.
(2) Fortmann SP, Burda BU, Senger CA, Lin JS, Whitlock EP. Vitamin and mineral supplements in the primary prevention of cardiovascular disease and cancer: an updated systematic evidence review for the U.S. Preventive Services Task Force. Ann Intern Med. 2013; 159:824-34.
(3) Grodstein F, O'Brien J, Kang JH, Dushkes R, Cook NR, Okereke O, et al. Long-term multivitamin supplementation and cognitive function in men. A randomized trial. Ann Intern Med. 2013; 159:806-14.
(4) Lamas GA, Boineau R, Goertz C, Mark DB, Rosenberg Y, Stylianou M, et al, TACT (Trial to Assess Chelation Therapy) Investigators. Oral high-dose multivitamins and minerals after myocardial infarction. A randomized trial. Ann Intern Med. 2013; 159:797-804.
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