Fatigue chronique : la piste intestinale

Par Lanutrition.fr Publié le 12/07/2016 Mis à jour le 10/03/2017
Les patients souffrant de fatigue chronique ont une flore intestinale déséquilibrée. Mais d'autres facteurs seraient en cause.

Le syndrome de fatigue chronique se manifeste par une fatigue intense et prolongée, des douleurs musculaires ou articulaires, des maux de tête, un sommeil qui n’est pas réparateur.

Lire : Quels sont les symptômes du syndrome de fatigue chronique ? 

Parfois considérée comme une maladie psychologique, la fatigue chronique a un impact sur la qualité de vie au quotidien. Que sait-on des causes possibles de cette affection ?

Moins de diversité bactérienne dans la flore intestinale

De nombreux patients souffrant de fatigue chronique disent aussi avoir des problèmes gastro-intestinaux comme un syndrome de l’intestin irritable. C’est pourquoi des chercheurs ont voulu examiner le lien entre fatigue chronique et flore intestinale. Pour cela, ils ont recruté 48 patients souffrant de fatigue chronique et 39 témoins en bonne santé. Ils ont analysé les bactéries présentes dans les feces et cherché des marqueurs d’inflammation dans leur sang.

Chez les personnes souffrant de fatigue chronique, il y avait moins de diversité dans les espèces bactériennes présentes que chez les personnes en Fatiguebonne santé. En particulier, l’abondance et la diversité des bactéries de la famillle des Firmicutes étaient réduites.

De plus, chez les patients souffrant de fatigue chronique, il y avait une augmentation des espèces pro-inflammatoires et une réduction des espèces réputées comme étant anti-inflammatoires. Les personnes souffrant de fatigue chronique avaient aussi des niveaux sanguins plus élevés de lipopolysaccharides, des molécules inflammatoires d'origine bactérienne.

Pour Maureen Hanson, professeur de biologie moléculaire à l’université Cornell, ces résultats prouvent bien que la fatigue chronique ne saurait être une maladie psychologique, vu qu’il existe des causes biologiques : les bactéries de la flore intestinale ne sont pas les mêmes chez les personnes souffrant de fatigue chronique.

Une anomalie cérébrale retrouvée dans le syndrome de fatigue chronique

Des chercheurs américains ont voulu comparer le cerveau de 18 personnes atteintes de fatigue chronique avec celui de 41 personnes en bonne santé. Pour cela ils ont utilisé l'imagerie à résonnance magnétique (IRM). En effectuant un simple jeu de carte les chercheurs ont observé la zone du cerveau responsable du sentiment de récompense (ganglions de base) et ont constaté qu'elle était beaucoup moins active en cas de victoire au jeu chez les personnes souffrant du syndrome de fatigue chronique que chez les personnes en bonne santé.

Cette zone du cerveau est également impliquée dans l'activité motrice et la motivation et est connue pour être affectée en cas de fatigue. Pour l'heure les chercheurs ne savent pas si ces changements font partie des causes de la maladie ou s'il s'agit d'une conséquence.

Une origine infectieuse

De nombreux virus ont été soupçonnés d’être à l’origine du syndrome de fatigue chronique : virus d’Epstein Barr, virus de l’herpès, de l’hépatite, entérovirus… Mais les chercheurs n’ont pas réussi à démontrer clairement un lien de cause à effet solide entre ces infections et l’apparition du syndrome de fatigue chronique. Certaines études suggèrent pourtant que le syndrome pourrait apparaître suite à une infection à laquelle le patient va réagir de façon aberrante. Ces patients vont développer une activation chronique du système immunitaire qui conduit aux symptômes. La plupart des chercheurs s’accordent à dire qu’une infection seule ne peut pas provoquer le syndrome de fatigue chronique. En revanche ils reconnaissent que certains agents infectieux peuvent constituer un facteur de risque mais surtout retarder la guérison du SFC en aggravant certains symptômes.

La piste héréditaire

Une étude a été réalisée en 2001 par des chercheurs américains de l’université de Washington. Ces derniers ont recruté 146 paires de sœurs jumelles dont l’une au moins souffrait d’un syndrome de fatigue chronique avéré. Ils se sont alors aperçus que l’autre membre de la paire avait jusqu’à 50 % de risque de souffrir du SFC en plus quand sa jumelle en était atteinte. Pour les auteurs, c’est la preuve que le SFC est au moins en partie d’origine génétique.

Cependant les experts soulignent que ces études sont à interpréter avec précaution car ces jumeaux ne partagent pas seulement le même patrimoine génétique, ils ont également grandi dans le même environnement. Il reste donc difficile de faire la part des choses entre les causes environnementales et l’origine génétique.

 Pour lire d'autres études sur les causes possibles de la fatigue chronique : Les causes du syndrome de la fatigue chronique

Si vous souffrez de fatigue chronique ou de fibromyalgie, deux maladies voisines, sachez qu'il existe des solutions, à retrouver dans l'interview du Dr Jean-Paul Curtay "Se sortir de la fibromyalgie", auteur du livre "Fibromyalgie, un programme global pour améliorer votre santé".

Sources

Giloteaux L, Goodrich JK, Walters WA, Levine SM, Ley RE, Hanson MR. Reduced diversity and altered composition of the gut microbiome in individuals with myalgic encephalomyelitis/chronic fatigue syndrome. Microbiome. 2016 Jun 23;4(1):30. doi: 10.1186/s40168-016-0171-4.

Unger E., Vernon S. Experimental Biology 2012 meeting, San Diego April 24, 2012, presentation.

Hickie I : Complex genetic and environmental relationships between psychological distress, fatigue and immune functioning: a twin study. Psychol Med 1999; 29:269-277.

Buchwald D : A twin study of chronic fatigue. Psychosom Med 2001; 63:936-943

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