La sédentarité, pas les calories, expliquent l'augmentation du tour de taille

Par Juliette Pouyat Publié le 09/07/2014 Mis à jour le 10/03/2017
Aux Etats-Unis, c’est le manque d’activité physique pendant le temps de loisirs qui contribue à l’épidémie d'obésité, pas l’augmentation du nombre de calories ingérées

L’obésité et l’obésité abdominale sont associées à un risque plus élevé de mortalité. L’activité physique peut atténuer ce risque. Une étude parue dans l’American Journal of Medicine révèle qu’au cours des 20 dernières années, aux Etats-Unis, la pratique de l’exercice physique a fortement diminué et l’indice de masse corporelle (IMC) a augmenté tandis que l’apport calorique est resté stable. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que c’est cette baisse de l’activité physique, notamment chez les jeunes femmes, qui est responsable de l’augmentation du taux d’obésité et non l’augmentation de l’apport calorique quotidien.

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Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les données de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) récoltées dans un premier temps entre 1988 et 1994 puis entre 1999-2000 et 2009-2010 chez les personnes âgées de plus de 18 ans. Les données anthropométriques (taille, poids et tour de taille), les apports alimentaires (rappel des 24 heures) et le niveau d’activité physique ont été recueillis.

Les résultats révèlent qu’entre les deux périodes, la proportion de femmes déclarant ne pratiquer aucune activité physique est passée de 19,1% à 51,7% alors que chez les hommes elle est passée de 11,4 à 43,5 %. Durant cette période, l’IMC a globalement augmenté (0,37%) avec une augmentation plus importante chez les femmes de 18 à 39 ans. « Ces changements interviennent en l’absence d’un changement significatif dans l’apport calorique quotidien », dit le Professeur Uri Ladabaum, un des auteurs de l’étude. « Nous avons trouvé une association significative entre le niveau d’activité physique pendant le temps de loisirs et l’augmentation de l’IMC et le tour de taille » ajoute-t-il.

Cependant, les chercheurs n’ont pas étudié quels types d’aliments étaient consommés mais ils ont noté qu’en 20 ans l’apport calorique quotidien global ainsi que la consommation de lipides, glucides et protéines n’a pas changé significativement alors que la prévalence de l’obésité a augmenté.

Les résultats ont également montré une augmentation du tour de taille (obésité abdominale) plus particulièrement chez les femmes : leur tour de taille a augmenté de 0,37% par an contre 0,27% chez les hommes. L’obésité abdominale est définie chez les femmes par un tour de taille supérieur à 88 cm et 102 cm pour les hommes. « La prévalence de l’obésité abdominale a augmenté chez les femmes de poids normal et chez les hommes et les femmes en surpoids » dit le Dr Ladabaum. Le tour de taille des femmes âgées de 18-39 ans est passé de 83,2 cm à 91,3 cm en 20 ans. Indépendamment de l’IMC, le tour de taille est associé à un risque de mortalité plus élevé notamment par maladies cardiovasculaires.

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Pour les auteurs, l’identification du lien entre la baisse d’activité physique et les augmentations de l’IMC et du tour de taille, ainsi que les groupes les plus concernés, peut permettre aux autorités publiques de cibler des interventions et ainsi être plus efficaces dans la lutte contre l’obésité.

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Source

Ladabaum U, Mannalithara A, Myer PA, Singh G. Obesity, Abdominal Obesity, Physical Activity, and Caloric Intake in U.S. Adults: 1988-2010. Am J Med. 2014 Mar 10. pii: S0002-9343(14)00191-0. doi: 10.1016/j.amjmed.2014.02.026.

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