Le sport, champion des soins anti-âge

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 25/04/2016 Mis à jour le 07/07/2017
Actualité

La pratique d'un sport ferait gagner jusqu'à 7 années de vie en plus.

La pratique d'un sport aide à rester en bonne santé plus longtemps, et agit comme un véitable anti-âge. 

Lire : Le sport, un médicament miracle ?

Sept années gagnées pour les sportifs de haut niveau

Une étude révélée le 19 avril 2016 par l’institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes) montre que les sportifs de haut niveau vivent sept ans de plus que la moyenne. Le sport allonge donc la durée de vie même s’il est particulièrement intense. L’analyse a porté sur 2.814 athlètes français qui ont participé aux JO entre 1912 et 2012. Sur les sept années gagnées, deux seraient liées au moindre risque de maladie cardiovasculaire, deux au risque réduit de cancer, et trois années pour les autres causes. Ces travaux devraient paraître dans British Medical Journal.

Juliana Antero-Jacquemin, auteur de ces travaux, avait déjà réalisé une étude en 2015 montrant que la mortalité des sportifs français ayant participé aux JO entre 1948 et 2010 était diminuée de 50 % par rapport au reste de la population. Cette étude avait porté sur 601 femmes et 1.802 hommes. 13 femmes et 222 hommes étaient décédés. Dans l’ensemble, la mortalité était réduite de 51 % chez les sportives et de 49 % chez les hommes : les athlètes olympiques avaient une survie bien meilleure que la population générale.

En général, les sportifs de haut niveau ont une bonne hygiène de vie, même si certains peuvent avoir recours à des produits dopants. Mais les bénéfices du sport sur la santé peuvent aussi dépendre du sport pratiqué.

Il y a controverse sur l'intensité de l'exercice

Faire du sport, oui mais pas trop ! Telle pourrait être la conclusion d’un article paru dans le Journal of The American College of Cardiology : « Pratiquer une activité physique régulière est un gage de meilleure santé et augmente l’espérance de vie. Mais la dose d’exercice idéale pour améliorer la longévité est incertaine » expliquent les auteurs.

Lire : Faire un peu de jogging permet de vivre beaucoup plus longtemps

Dans cette étude, les chercheurs ont suivi sur une période de 12 ans des participants de la Copenhagen City Heart Study : 1.098 participants pratiquant le jogging ont été comparés à 413 participants sédentaires. Les résultats montrent que, par rapport à ceux qui ne pratiquent pas le jogging, courir 1 à 2,4 heures par semaine est associé à la plus faible mortalité. En tenant compte du rythme, de la durée et de la fréquence, les coureurs « légers » ont la plus faible mortalité. Les coureurs modérés présentent une mortalité plus élevée mais toujours inférieure à celle des sédentaires. Le taux de mortalité des coureurs classés dans le groupe intensif n’est pas significativement différente de celle des sédentaires. Selon cette étude, le rythme idéal pour courir est lent ou modéré et le mieux est de ne pas pratiquer le jogging plus de 3 fois par semaine ou 2h30 au total.

Les chercheurs soulignent qu’il s’agit là d’une petite étude et que le groupe des joggeurs intensifs ne comptent que 36 participants dont 2 sont décédés. Des confirmations sont nécessaires.

Pour bien courir, lisez nos ouvrages Courir léger : comment optimiser votre foulée (lire un extrait ICI >>) et La meilleure façon de courir

Un corps musclé pour vivre plus longtemps

D’après deux chercheurs de l’université de Los Angeles, la masse musculaire serait un bon indicateur de longévité chez les personnes âgées. Ces deux chercheurs ont analysé les données de 3.659 personnes qui appartenaient à l’étude NHANES III (National Health and Nutrition Examination Survey) entre 1988 et 1994. Il s'agissait d'hommes de plus de 55 ans et de femmes de plus de 65 ans. Les auteurs ont relevé les données de mortalité en 2004. La composition du corps des participants a été mesurée en utilisant l’impédance bioélectrique. De cette manière, les chercheurs pouvaient déterminer un index de masse musculaire.

Résultats : La mortalité toutes causes confondues était significativement plus basse chez les 25 % de personnes qui avaient l'indice musculaire le plus élevé par rapport aux 25 % qui avaient l’indice le plus bas. Cette diminution du risque est de l'ordre de 19 à 20 % selon les modèles statistiques. Pour Arun Karlamangla, auteur de l’étude et spécialiste en gériatrie, «plus la masse musculaire est élevée, plus votre risque de décès est bas». Les médecins devraient donc chercher des moyens de conserver une bonne masse musculaires chez les patients âgés. Si cette étude ne prouve pas de relation de cause à effet, elle permet cependant d'affirmer que la masse musculaire est associée au risque de décès.

Comment le sport ralentit le vieillissement

Des chercheurs allemands ont montré que l’activité physique permettait de préserver les télomères, ce qui limite le vieillissement cellulaire. Les télomères sont des coiffes qui protègent l'extrémité des chromosomes. Leur longueur paraît liée à l'espérance de vie dans plusieurs études. Les chercheurs ont mesuré la longueur des télomères des globules blancs de deux groupes de coureurs de fond et de deux autres groupes de personnes en bonne santé qui faisaient moins d’une heure de sport par semaine.

Parmi les sportifs, figuraient des jeunes coureurs professionnels qui parcouraient en moyenne 72 kilomètres par semaine. D’autres volontaires ont participé à l’étude. Agés en moyenne de 51 ans, ces coureurs ont commencé la course d’endurance dans leur jeunesse et faisaient encore 80 kilomètres par semaine.

Résultat : les télomères des athlètes sont plus longs que ceux des non sportifs du même âge. La télomèrase était également plus active chez les coureurs. La télomèrase est une enzyme. Dans les cellules, elle restaure la longueur des télomères lorsqu’ils sont usés. Quand l’extrémité des chromosomes s’effiloche, la télomèrase intervient et la reconstruit.

« L’activité physique des athlètes professionnels entraine l’activation de l’enzyme télomèrase et stabilise les télomères, conclut le docteur Ulrich Laufs, professeur de médecine clinique et expérimentale de l’université Saarland. C’est la preuve directe de l’effet anti-âge du sport. »

En plus, les sportifs ont un rythme cardiaque plus faible au repos, une pression artérielle, un indice de masse corporel plus bas, une meilleure résistance aux stress. Leurs mitochondries (qui fournissent l'énergie à la cellule) sont plus nombreuses, plus efficaces et laissent moins fuir des radicaux libres.

Pour une préparation physique complète, lire aussi Paleofit du Dr Fabrice Kuhn (lire un extrait ICI >>)

Sources

Haida A, Coulmy N, Dor F, Antero-Jacquemin J, Marc A, Ledanois T, Tourny C, Rousseaux-Blanchi MP, Chambat P, Sedeaud A, Toussaint JF. Return to Sport Among French Alpine Skiers After an Anterior Cruciate Ligament Rupture: Results From 1980 to 2013. Am J Sports Med. 2016 Feb;44(2):324-30. doi: 10.1177/0363546515612764.

Peter Schnohr, James H. O’Keefe, Jacob L. Marott, Peter Lange, Gorm B. Jensen. Dose of Jogging and Long-Term Mortality. The Copenhagen City Heart Study. J Am Coll Cardiol. 2015;65(5):411-419. doi:10.1016/j.jacc.2014.11.023

Preethi Srikanthan, Arun S. Karlamangla. Muscle Mass Index as a Predictor of Longevity in Older-Adults. The American journal of medicine. 20 February 2014. Article in Press DOI: 10.1016/j.amjmed.2014.02.007.

Pollock RD, Carter S, Velloso CP, Duggal NA, Lord JM, Lazarus NR, Harridge SD. An investigation into the relationship between age and physiological function in highly active older adults. J Physiol. 2015 Jan 6. doi: 10.1113/jphysiol.2014.282863.

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