Manger du poisson protègerait de la maladie d’Alzheimer

Par Juliette Pouyat Publié le 06/01/2015 Mis à jour le 10/03/2017
Chaque portion supplémentaire de 100 grammes de poisson est associée à une diminution de 11% du risque d'Alzheimer selon une méta-analyse. 

De plus en plus d’études scientifiques attribuent une place importante à l’alimentation en tant que moyen de prévention de la maladie d’Alzheimer. Dans cette nouvelle étude parue dans la revue Neuroscience and Biobehavioral Reviews, les chercheurs montrent dans une méta-analyse de données récentes que des apports alimentaires élevés en poisson sont associés à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer.

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La maladie d’Alzheimer représente plus de 70% de tous les cas de démence et est la 5ème cause de décès chez les personnes âgées de 75 ans et plus.

Des expériences sur des rats âgés ont montré qu’un régime enrichi en acide docosahexaénoïque (DHA, un acide gras oméga-3 de l'huile de poissons) permettait de protéger le cerveau du déclin cognitif et de réduire les maladies neurodégénératives. Cependant, les résultats contradictoires issus des études d’observation et épidémiologiques ne permettent pas d'affirmer qu'il y a une association entre les apports alimentaires en acides gras oméga-3 et le risque de démence et de maladie d’Alzheimer.

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C’est pourquoi dans cette étude, les chercheurs ont réalisé une méta-analyse pour examiner les données actuelles sur les associations entre les apports alimentaires en acides gras oméga-3 à longue chaine ou en poisson et l’incidence de la démence et/ou de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont inclus 6 études dans leur méta-analyse ce qui représente un total de 22 402 participants.

Cette méta-analyse ne trouve pas d’association entre des apports élevés en acides gras oméga-3 à longue chaine et le risque de démence. En revanche, ceux qui consomment le plus de poisson ont un risque de démence inférieur de 16% à ceux qui en consomment le moins. Cependant, cette diminution n’est pas statistiquement significative.

De la même façon, les auteurs n’ont pas trouvé d’association entre les apports en acide gras oméga-3 à longue chaine et le risque de maladie d’Alzheimer. Ils ont cependant rapporté un effet protecteur possible d’apports élevés en poisson sur l’incidence de la maladie d’Alzheimer. Ceux qui consomment le plus de poisson ont en effet un risque de maladie d’Alzheimer diminué de 36% par rapport à ceux qui consomment le moins de poisson. L’effet protecteur rapporté dans les études est d’autant plus important que la période de suivi est longue - le risque diminue même de 47% pour un suivi supérieur à 5 ans (38% pour les études avec un suivi inférieur à 5 ans)- et que la quantité de poisson consommé par semaine atteint au moins 500 g.

Chaque portion supplémentaire de 100 g de poisson par semaine est associée à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer de 11%.

« Prises individuellement, la plupart des études rapportent cependant qu’il pourrait y avoir un effet protecteur des acides gras oméga-3 sur l’incidence de la démence et de la maladie d’Alzheimer. Cela aurait une explication biologique : les acides gras oméga-3 à longues chaines sont les principaux constituants des membranes des neurones et ils ont des propriétés vasculaires et anti-inflammatoires qui ont un effet protecteur contre la démence et la maladie d’Alzheimer » expliquent les auteurs. « Cependant, nous n’avons pas trouvé de preuve de cet effet protecteur dans notre méta-analyse ».

Quant à l’effet protecteur du poisson, il est essentiellement attribué à sa teneur en acide gras oméga-3 à longue chaine et notamment en DHA. Mais ce n’est pas la seule explication possible comme l’expliquent les auteurs de l’étude. « Le poisson est également une bonne source d’autres nutriments, comme des vitamines, des acides aminés essentiels et des oligo-éléments qui contribuent à l’amélioration de la fonction cognitive. Ensuite, des apports élevés en poisson peuvent également être un indicateur d’habitudes alimentaires plus saines ou d’un statut socio-économique plus élevé qui sont associés avec de meilleures performances cognitives. Enfin, des apports alimentaires élevés en poisson pourraient être associés à de plus faibles apports en d’autres types de graisses, comme les graisses saturées par exemple ».

Lire : les graisses saturées mauvaises pour le cerveau

Source

Wu S, Ding Y, Wu F, Li R, Hou J, Mao P. Omega-3 fatty acids intake and risks of dementia and Alzheimer's disease: A meta-analysis. Neurosci Biobehav Rev. 2015 Jan;48C:1-9. doi: 10.1016/j.neubiorev.2014.11.008. Epub 2014 Nov 21.

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