Pour garder un cerveau jeune, méditez et faites des mots croisés

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 18/02/2015 Mis à jour le 24/07/2017
Actualité

Méditer et faire travailler son cerveau en jouant avec les mots permettent de limiter le risque déclin cognitif.

Méditer pour préserver sa matière grise

Si la perte de tissu cérébral semble inexorable avec l’âge, elle pourrait être compensée par une activité relaxante et peu coûteuse : la méditation. D’après des chercheurs de l’université de Californie Los Angeles qui publient leurs résultats dans Frontiers in Psychology, les personnes qui pratiquent la méditation perdent moins de matière grise que les autres.

Depuis les années 1970, l’espérance de vie a beaucoup augmenté dans le monde, où l’on a gagné au moins dix années d'existence. Mais le cerveau commence à montrer des signes de vieillissement avant 30 ans, avec un volume et un poids qui se mettent à diminuer, entraînant progressivement la perte de capacités. Les années gagnées pourraient donc représenter un risque accru de développer des maladies mentales.

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Dans cet article, les chercheurs ont étudié les effets de la méditation à long terme sur la perte de matière grise au cours du vieillissement. La matière grise (ou substance grise) du cerveau correspond au tissu contenant les corps cellulaires des neurones, par opposition à la substance blanche qui contient les fibres nerveuses (axones entourés de la gaine de myéline, de couleur blanche).

Les scientifiques ont comparé 50 personnes qui ont pratiqué la méditation pendant 4 à 46 ans (en moyenne 20 ans) et 50 témoins d’âges comparables. Chaque groupe de l’étude comprenait 28 hommes et 22 femmes âgés de 24 à 77 ans. Les cerveaux des participants ont été scannés par IRM haute résolution.

Résultats : dans les deux groupes, on observait une perte de matière grise liée à l’âge, mais chez ceux qui avaient médité, le volume de matière grise ne diminuait pas autant que chez les témoins. Les différences étaient même plus importantes que prévu, comme l’explique Florian Kurth, un des auteurs de l’étude : « Nous nous attendions plutôt à de petits effets localisés dans certaines des régions qui avaient été précédemment associées avec la méditation. »  Mais en fait, les chercheurs ont observé « un effet généralisé de la méditation qui englobait des régions dans le cerveau entier. »

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La méditation a des effets bénéfiques sur la cognition, l’attention, la mémoire et la créativité. De manière générale, le fait d’engager le cerveau dans des activités mentales intenses stimule la formation de synapses, les connexions entre neurones. Ces changements au niveau cellulaire ont un impact sur l’augmentation de la matière grise : au cours du temps, le gain de matière grise dû à l’activité cérébrale pourrait donc masquer la perte normalement observée lors du vieillissement.

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Cependant, les chercheurs signalent que d’autres facteurs que la méditation en elle-même peuvent jouer un rôle : des choix de vie, des traits de personnalité… Le maintien du tissu cérébral pourrait être le résultat d’une bonne santé générale, de meilleures habitudes (alimentation, sommeil, activité physique) ou d’un meilleur statut socio-économique. Pour arriver à méditer pendant 20 ans, il faut un minimum de discipline et d’engagement, une vie organisée permettant de dégager du temps et une nature plutôt calme.

La méditation reste une approche peu coûteuse et efficace apportant des bénéfices pour la santé.

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Pour une initiation facile à la méditation, suivez le Dr David O'Hare avec son guide 5 minutes le matin pour méditer (Lire un extrait ICI  >>)

Faire des mots croisés pour maintenir ses performances cognitives

Une étude menée sur plus de 17 000 personnes montre que faire régulièrement des mots croisés permet de garder un cerveau jeune plus longtemps. Les bénéfices sont d’autant plus importants que la pratique est fréquente. Ces résultats ont été présentés à l’Alzheimer's Association International Conference (AAIC) 2017.

Dans cette étude baptisée PROTECT et dirigée par l’université d’Exeter et le Kings College de Londres, les participants sont inscrits sur une plateforme en ligne qui permet aux chercheurs de mener des études à grande échelle facilement, sans avoir besoin de réaliser des visites médicales. Les chercheurs ont utilisé des tests cognitifs en ligne pour évaluer les performances de la fonction cérébrale.

Les résultats montrent que plus les participants réalisent des mots croisés, meilleurs sont leurs résultats aux tests évaluant l’attention, le raisonnement et la mémoire. Ceux qui pratiquent des mots croisés quotidiennement ont une fonction cérébrale qui correspond à celle de personnes de 10 ans plus jeunes aux tests de vitesse de raisonnement grammatical et de précision de mémoire à court terme.

« Nous savons que de nombreux facteurs de risque impliqués dans la démence sont modifiables. Il est essentiel de trouver ceux qui font vraiment la différence pour aider les gens à maintenir un cerveau en bonne santé afin de ralentir la progression de la maladie » expliquent les auteurs de l’étude. « Et nous savons que garder un esprit actif peut aider à prévenir le déclin des capacités de réflexion ».

Sources

Luders E, Cherbuin N, Kurth F. Forever Young(er): potential age-defying effects of long-term meditation on gray matter atrophy. Front Psychol. 2015 Jan 21;5:1551. doi: 10.3389/fpsyg.2014.01551.

The Relationship Between the Frequency of Word Puzzle Use and Cognitive Function in a Large Sample of Adults Aged 50 to 96 Years, is being presented at AAIC on Monday, July 17, 2017

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