Les « trous de mémoire » sont-ils annonciateurs d’un Alzheimer ?

Par Juliette Pouyat Publié le 02/10/2014 Mis à jour le 10/03/2017
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Une nouvelle étude suggère que les problèmes de mémoire auto-déclarés par les patients pourraient être de bons prédicteurs de troubles cliniques de la mémoire plus tard dans la vie

Faut-il s’alarmer lorsque notre mémoire nous fait défaut ? Heureusement pas toujours. Mais parfois les troubles subjectifs de la mémoire peuvent être le signe annonciateur de troubles cliniques reconnus comme la déficience cognitive légère ou la démence. Dans cette nouvelle étude parue dans la revue Neurology, les chercheurs montrent que les personnes qui auto-déclarent la survenue de problèmes de mémoire ont plus de risque d’avoir des troubles cognitifs plus tard, comme la déficience cognitive légère ou la démence. Ces personnes présentent au niveau du cerveau des caractéristiques de la maladie d'Alzheimer, même si elles n'ont pas déclaré de signes cliniques.

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Dans les maladies de type Alzheimer, les changements neuronaux se produisent des années avant que les symptômes n’apparaissent. Il se pourrait que le cerveau de personnes qui auto-déclarent des troubles de la mémoire présente, à l’IRM, une atrophie de l’hippocampe (région affectée dans la maladie d’Alzheimer) comme c’est le cas dans la déficience cognitive légère.

Dans cette étude, les chercheurs ont donc émis l’hypothèse que les personnes qui n’ont à la base aucun trouble cognitif mais qui déclarent des troubles (subjectifs) de la mémoire auraient un risque plus grand de troubles cognitifs plus tard et pourraient présenter les prémices d’une pathologie cérébrale de type Alzheimer, même en l’absence de troubles détectables.

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Les chercheurs ont demandé annuellement à 531 participants âgés en moyenne de 73 ans et sans trouble cognitif à la base s’ils avaient remarqué des modifications de leur mémoire au cours de l’année écoulée. Après avoir répondu à cette question, les participants ont passé des tests cognitifs (langage, mémoire, fonctions exécutives et visuo-spatiales) qui ont permis de classer les participants en 4 groupes : aucun trouble, troubles de la mémoire subjectifs, déficience cognitive légère, démence. L’étude a duré en moyenne 10 ans. Après le décès, les cerveaux des participants ont été examinés pour déterminer la présence éventuelle d’une maladie d’Alzheimer.

Pendant l’étude, 56% des participants ont déclaré des changements au niveau de leur mémoire à l’âge de 82 ans environ. Les résultats montrent que les personnes qui « auto-déclarent » des changements de leur mémoire ont 3 fois plus de risque d’être diagnostiquées pour des problèmes cognitifs (déficience cognitive légère ou démence) plus tard. Parmi les participants ayant développé une démence (1 sur 6), 80% avaient au préalable déclaré des modifications au niveau de leur mémoire.

Parmi les participants qui sont décédés avant l’apparition de troubles cliniques, l’autopsie a révélé que les personnes qui avaient déclaré des troubles subjectifs de la mémoire présentaient plus de plaques amyloïdes dans le cerveau (un des signes de la maladie d’Alzheimer) que celles qui n’avaient pas déclaré de troubles de la mémoire.

« Ce qui est étonnant dans notre étude, c’est le temps qui s’est écoulé entre les premiers troubles auto-déclarés de la mémoire et l’apparition des troubles cliniques de déficience cognitive légère ou de démence, 9 ans et 12 ans respectivement » dit le Dr Kryscio auteur de l’étude. « Cela suggère une large possibilité d’intervention avant le diagnostic d’un trouble ».

Le Dr Kryscio souligne cependant que « même si ces résultats constituent une preuve supplémentaire que les troubles subjectifs de la mémoire sont un facteur prédictif de troubles cognitifs plus tard dans la vie, il n’est pas nécessaire de s’alarmer immédiatement si on ne sait plus où on a déposé nos clés ».

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Source

Richard J. Kryscio, Erin L. Abner, Gregory E. Cooper, David W. Fardo, Gregory A. Jicha, Peter T. Nelson, Charles D. Smith, Linda J. Van Eldik, Lijie Wan, and Frederick A. Schmitt. Self-reported memory complaints: Implications from a longitudinal cohort with autopsies. Neurology, September 24, 2014 DOI: 10.1212/WNL.0000000000000856

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