Vivre à la campagne, un bon choix pour l'immunité et contre l'inflammation

Par Lanutrition.fr Publié le 29/04/2014 Mis à jour le 10/03/2017
Les habitants des villes gagneraient à s’exposer aux microbes des campagnes pour limiter les inflammations chroniques.

Si la médecine moderne a permis d’éradiquer des maladies, la disparition d'infections anciennes pourrait être responsable des problèmes d’inflammation chronique ou d'allergies. Dans un article de Clinical & Experimental Immunology, trois chercheurs mettent en relation l’évolution du système immunitaire avec les changements de nos modes de vie, de la préhistoire à nos jours.

L’idée selon laquelle l’augmentation des troubles immunitaires (asthme, allergies…) dans les pays occidentaux est liée à un excès d’hygiène n’est pas nouvelle : selon l’hypothèse hygiéniste, notre système immunitaire serait moins en contact avec des micro-organismes de l’environnement, ce qui causerait des problèmes d’inflammation chronique.

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Dans cet article, les auteurs expliquent que certaines infections importantes pour le développement immunitaire ont été éliminées des pays développés. En effet, au départ, le système immunitaire pouvait être exposé à des infections provenant :

  • de la mère ou d’autres membres de la famille pour les enfants,
  • de micro-organismes présents dans  l’environnement,
  • de parasites : les infections chroniques, comme les vers parasites de l’intestin et du sang, pouvaient persister dans des petits groupes de chasseurs-cueilleurs. Ces infections anciennes étaient tolérées par l’organisme pendant de longues périodes et évitaient un état inflammatoire. Il s'agissait par exemple des agents suivants : helminthes, salmonelles, virus de l’hépatite A, H. pilori, mycobactéries, toxoplasmes... Ceux-ci ont souvent disparu dans les pays développés.

Pour les auteurs, il y a eu une co-évolution entre les infections anciennes, les microbiotes (écosystèmes microbiens vivant sur ou dans notre organisme) et l’environnement naturel. Les infections anciennes ont disparu grâce à la médecine moderne et les microbiotes ont été perturbés par l’apparition des antibiotiques et les changements d’alimentation. Avec l’urbanisation, les contacts avec les animaux, les espaces verts, et donc les micro-organismes de l'environnement ont diminué. La diversité microbienne présente sur la peau, dans l’intestin, les poumons ou l’appareil génito-urinaire s'est réduite ; en même temps, les micro-organismes de l’environnement sont devenus moins nombreux du fait d'une meilleure hygiène. Mais certaines infections "de masse" ont augmenté notamment en ville : par exemple les maladies infantiles virales (rougeole, varicelle...) ont évolué avec l’urbanisation.

A cause de la perte des infections anciennes, le système immunitaire serait devenu plus dépendant des microbiotes, comme la flore intestinale, et de l’environnement. C’est pourquoi l’exposition à des micro-organismes de l’environnement comme ceux que l’on peut trouver à la campagne jouerait un rôle important. Pour les auteurs, cela expliquerait que les personnes vivant dans les centres urbains et qui ont peu d’accès aux espaces verts souffriraient plus d’inflammation chronique. « L’inflammation chronique peut conduire à toutes sortes de problèmes, allant du syndrome du côlon irritable à l’asthme, aux allergies et même à la dépression », d’après Christopher Lowry, un des auteurs de l’article.

Les probiotiques, qui sont des micro-organismes vivants, peuvent justement permettre de confronter notre organisme à des bactéries.

Lire : Les probiotiques sont efficaces contre les allergies saisonnières

Source

Rook Graham A.W., Raison Charles L, Lowry Christopher. Microbial “Old Friends”, immunoregulation and socio-economic status. Clin Exp Immunol. 2014 Jan 9. doi: 10.1111/cei.12269.

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