Dans le Guide du chasseur-cueilleur égaré au 21ème siècle, Heather Heying et Bret Weinstein examinent notre vie moderne avec leur regard de biologistes de l’évolution. Une lecture stimulante et provocante. Entretien avec les auteurs.
Je travaille en collaboration avec un industriel sur l’amélioration de la qualité nutritionnelle de « wheatflakes », des pétales de blé pour le petit déjeuner. On sait aujourd’hui que les aliments à index glycémique (IG) élevé diminuent le sentiment de satiété et augmentent le grignotage et les risques d’obésité. Nous cherchons donc à mettre au point des céréales à faible IG.
Principalement à cause des procédés de fabrication trop drastiques. Les hautes températures et les pressions élevées détruisent la texture de la farine de blé. En effet, plus on chauffe, plus on gélatinise l’amidon. L’IG augmente et l’effet satiétant diminue. On va donc privilégier les modes de transformation moins agressifs. La difficulté c’est de parvenir à mettre au point un produit lent à digérer mais qui ne soit pas trop dur. La texture doit plaire au consommateur !
On peut modifier les matières premières en jouant sur les proportions d’amylose et d’amylopectine, les deux molécules constituant l’amidon des céréales. L’amylose met plus de temps que l’amylopectine à être dégradée en glucose par les enzymes de digestion. Comme l’amidon de blé contient seulement 30% d’amylose, on introduit d’autres céréales comme le maïs ou le riz qui en contiennent 70% pour augmenter le taux. On peut aussi introduire des morceaux de grains de blé concassés, riches en réseaux fibreux capables de faire barrière aux enzymes. Il semblerait que ces morceaux aient aussi pour effet de ralentir la vidange gastrique et donc la réponse glycémique.
Le blé dur utilisé pour fabriquer les pâtes alimentaires présente un réseau protéique qui « encapsule » les grains d’amidon et les rend moins accessibles aux alpha-amylases. Son introduction dans les céréales du petit déjeuner donne un produit à IG plus faible. En revanche, la croustillance est médiocre.
Certes elles sont riches en fibres mais la plupart des spécialités sont trop sucrées. Concernant les fibres, il faudrait disposer de céréales riches en fibres solubles qui ont un effet de ralentissement de la vitesse de digestion de l’amidon. Le blé est pauvre en fibres solubles à la différence de l’orge, l’avoine ou du seigle.
Dans le Guide du chasseur-cueilleur égaré au 21ème siècle, Heather Heying et Bret Weinstein examinent notre vie moderne avec leur regard de biologistes de l’évolution. Une lecture stimulante et provocante. Entretien avec les auteurs.
Pascal Picq est maître de conférences au Laboratoire de paléoanthropologie et préhistoire du Collège de France (Paris). Il raconte comment, dès l’origine, l’alimentation a façonné l’évolution de l’homme.
Dans un nouveau livre, Christian Rémésy propose de redonner au pain la place qu'il n'aurait jamais dû perdre. Mais un vrai pain, bien différent de la baguette. Un pain proche de celui consommé par nos ancêtres.