Dépression : et si c'était un problème de vitamine D ?

Par Juliette Pouyat Publié le 24/03/2015 Mis à jour le 10/03/2017
La manque de vitamine D est associé à des symptômes dépressifs chez les jeunes femmes

Une petite étude menée par des chercheurs de l'Oregon State University et parue dans le journal Psychiatry Research montre qu’il existe une relation entre de faibles niveaux de vitamine D et la dépression, chez des jeunes femmes en bonne santé par ailleurs.

Les chercheurs rapportent en effet au terme d’une étude qui a duré 4 semaines, que les jeunes femmes qui ont de faibles niveaux de vitamine D sont plus susceptibles d’avoir des symptômes dépressifs cliniquement significatifs, même en tenant compte d’autres explications possibles comme la période de l’année, le temps passé dehors et l’exercice.

Lire : dépression : le rôle de la vitamine D

La vitamine D est un nutriment essentiel pour la santé des os et la fonction musculaire. Un déficit en vitamine D a été associé à une fonction immunitaire altérée, certaines formes de cancers et les maladies cardiovasculaires.

Lire : le manque de vitamine D réduirait l'espérance de vie et la vitamine D stimule l'immunité contre les cellules cancéreuses

La vitamine D est produite par la peau lors de l’exposition au soleil. Mais les réserves constituées l'été (pour peu qu'on se soit exposé au soleil) s’épuisent vite et à l'approche de l'hiver, le déficit en vitamine D est généralisé dans la population. Prendre des suppléments de vitamine D peut s’avérer indispensable en hiver lorsque l’ensoleillement est plus rare. Actuellement, les apports recommandés en vitamine D sont de 200 UI par jour et il n’existe pas de niveau établi suffisant en ce qui concerne la santé mentale. Cependant, les chercheurs considèrent qu'il faut prendre en hiver entre 1500 et 5000 UI en plus de l'alimentation, pour maintenir des taux adéquats.

Lire : combien de vitamine D? Controverse sur le niveau optimal

Certaines études n’ont pas trouvé d’association entre vitamine D et dépression – mais selon les auteurs beaucoup d’entre elles portaient sur des populations âgées ou avec une spécificité médicale.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont choisi d’étudier une population de 185 jeunes étudiantes âgées de 18 à 25 ans du Pacifique Nord-Ouest, car elles représentent une population à risque de dépression et de déficit en vitamine D. Elles ont participé à l’étude à différentes périodes de l’année scolaire (automne, hiver, printemps), sur une durée de 4 semaines. Des études antérieures ont montré que 25% des femmes américaines souffrent de dépression à un moment de leur vie, contre 16% d’hommes.

Les chercheurs ont mesuré les niveaux de vitamine D à partir d’échantillons de sang au début de l’étude puis à la fin de la 4ème semaine. Ils ont évalué les symptômes dépressifs chaque semaine de l’étude.

Les résultats montrent que près d’une femme sur 2 présente des niveaux de vitamine D trop bas. 34 à 42% des participantes ont déclaré des symptômes dépressifs cliniquement significatifs chaque semaine ou cours de l’étude. Les chercheurs ont constaté que les participantes dont les taux de vitamine D sont les plus élevés ont moins de symptômes dépressifs. Les femmes qui avaient des niveaux suffisants en vitamine D au début de l’étude déclaraient moins souvent des symptômes dépressifs au cours des 4 semaines de suivi.

De façon peu surprenante, les niveaux de vitamine D chez les participantes dépendaient de la période de l’année et étaient à leur plus bas niveau en hiver et remontaient au printemps. En automne, les niveaux de vitamine D étant plus élevés, les symptômes dépressifs étaient en moyenne plus faibles.

Lire : cette vitamine pourrait combattre la dépression saisonnière

Les résultats de cette étude montrent une association, pas une relation de cause à effet. Des essais cliniques devront être menés dans le futur pour étudier l’effet d’une supplémentation en vitamine D sur la dépression.

« La dépression a de multiples causes et si la vitamine D en fait partie, elle représente juste une petite part » dit David Kerr, auteur de l’étude. « Mais étant donné le nombre de personnes touchées par la dépression, tout facteur que nous pouvons trouver pourrait avoir un impact important sur la santé publique ».

Lire : vitamine D et oméga-3 indispensables à la régulation de la sérotonine, hormone de l'humeur

Source

David C.R. Kerr, David T. Zava, Walter T. Piper, Sarina R. Saturn, Balz Frei, Adrian F. Gombart. Associations between vitamin D levels and depressive Symptoms in healthy young adult women. Psychiatry Research, 2015; DOI: 10.1016/j.psychres.2015.02.016

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