Le manque de vitamine D réduirait l'espérance de vie

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 25/11/2014 Mis à jour le 10/03/2017
Les personnes souffrant d'un déficit génétique en vitamine D ont un risque plus élevé de mortalité toutes causes et par cancer.

De nouveaux résultats parus dans le BMJ suggèrent qu’un déficit en vitamine D pourrait bien être la cause d’une mortalité plus élevée.

Le sujet est aujourd'hui l'objet d'un vif débat, plusieurs chercheurs défendant l'idée que le manque de vitamine D a des conséquences sérieuses sur l'état de santé, alors que d'autres chercheurs minimisent son importance.

Lire : Vitamine D : des bénéfices exagérés ? 

La vitamine D est produite par la peau lorsqu’elle est exposée au soleil. Or, le manque d’exposition au soleil est responsable du déficit en vitamine D d’une large frange de la population mondiale. Et en hiver, en France, il n'est plus possible de synthétiser suffisamment de vitamine D même si on s'expose au soleil. C’est pourquoi de nombreuses personnes ont recours à une complémentation en espérant ainsi prévenir des maladies.

Lire : Les suppléments de vitamine D préviennent le cancer

Dans cet article, des chercheurs de Copenhague (Danemark) ont voulu savoir si le déficit en vitamine D était une cause de mauvaise santé et donc de mortalité. En effet, des études d’observation ont montré que des niveaux bas de vitamine D sont associés avec une augmentation de la mortalité toutes causes, par cancer et par maladie cardiovasculaire, sans que le lien de cause à effet n’ait été prouvé.

Lire l'interview de Brigitte Houssin : "Plus le taux de vitamine D est bas et plus le risque de cancer est élevé"

Les scientifiques ont analysé les données de 95.766 danois qui provenaient de 3 cohortes : Copenhagen City Heart Study, Copenhagen General Population Study et Copenhagen Ischemic Heart Disease Study. Les participants de ces cohortes ont été suivis respectivement 19,1 ans, 5,8 ans et 7,9 ans. Des variants des gènes DHCR7 et CYP2R1 ont été recherchés chez les participants, car ces allèles sont connus pour réduire les taux de vitamine D dans l’organisme. Les niveaux de vitamine D ont été évalués en mesurant la  concentration de 25-hydroxyvitamine D chez 35.334 participants.

Résultats : les participants avec des niveaux de vitamine D génétiquement bas avaient un risque plus élevé de mortalité toutes causes, et de mortalité par cancer, par rapport à ceux qui n’avaient pas de taux de vitamine D génétiquement bas. Mais il n’y avait pas d’association entre des taux de vitamine D génétiquement bas et une augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire. L’association entre la mortalité cardiovasculaire et le faible taux de vitamine D pourrait donc être due à d’autres facteurs "confondants".

Lire : Le déficit en vitamine D associé au rétrécissement des artères

En revanche, cette étude suggère un rapport de cause à effet entre de basses concentrations en vitamine D et la mortalité toutes causes et celle due au cancer. Ceci semble confirmé par des études chez l’animal qui ont montré que si le récepteur de la vitamine D est inactivé le vieillissement est accéléré et l’espérance de vie réduite.

Lire : Risque de décès augmenté lorsqu'on manque de vitamine D

Afzal Shoaib, Brøndum-Jacobsen Peter, Bojesen Stig E, Nordestgaard Børge G. Genetically low vitamin D concentrations and increased mortality: mendelian randomisation analysis in three large cohorts BMJ 2014; 349:g6330

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