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Des composants extraits du gingembre améliorent les symptômes de l’asthme s’ils sont utilisés en combinaison avec des bronchodilatateurs. C’est le principal résultat d’expériences in vitro présentées lors du congrès international de l’American Thoracic Society en mai 2013.
En France, environ 5 % des adultes et 10 à 18 % des adolescents souffrent d’asthme. La prévalence de cette maladie a augmenté au cours des dernières décennies, et peu de nouveaux traitements ont vu le jour. En plus de la pollution, une alimentation déséquilibrée pourrait favoriser l’asthme.
L’asthme se caractérise par une bronchoconstriction, c’est-à-dire un rétrécissement du diamètre des bronches qui gêne la respiration. Pour atténuer ces symptômes, des bêta-agonistes sont couramment prescrits pour leur effet bronchodilatateur ; ils permettent de relâcher les muscles lisses des voies aériennes et favorisent le passage de l’air. En phytothérapie, le gingembre est réputé pour son effet bénéfique sur les voies respiratoires. Des chercheurs de l’université de Columbia ont voulu savoir si des composants du gingembre pouvaient améliorer l’action des bêta-agonistes in vitro.
Pour cela, les auteurs ont cultivé des cellules du muscle lisse des voies respiratoires. Ils ont simulé la bronchoconstriction grâce à de l’acétylcholine, un neurotransmetteur qui provoque la contraction des cellules musculaires. L’effet du bêta-agoniste isoprotérénol a ensuite été évalué, seul ou associé à un des trois composants purifiés du gingembre : le 6-gingérol, le 8-gingérol ou le 6-shogaol.
Résultats : les tissus traités avec un composant du gingembre en plus de l’isoprotérénol montraient un relâchement plus important que ceux qui n’avaient eu que de l’isoprotérénol. Parmi les trois composants du gingembre, le 6-shogaol était le plus efficace.
Au niveau moléculaire, les bêta-agonistes activent une enzyme, l’adényl-cyclase, qui augmente la quantité d’AMPc (AMP cyclique) dans la cellule. L’AMPc est un messager intracellulaire qui induit le relâchement des muscles lisses. Or, dans les poumons, une enzyme appelée PDE4D (phosphodiestérase4D) dégrade l’AMPc. Les chercheurs de l’université de Columbia ont réussi à montrer que les trois composants du gingembre inhibaient la PDE4D. En augmentant la quantité d’AMPc, ils pourraient donc favoriser le relâchement des muscles lisses. Enfin, en étudiant l’actine F, une molécule impliquée dans la contraction des cellules musculaires, les chercheurs ont prouvé que le 6-shogaol pouvait dissoudre rapidement ses filaments.
Par conséquent, les composants du gingembre permettraient le relâchement du muscle lisse des voies respiratoires en agissant au niveau moléculaire dans la cellule. Précédemment, il a été montré que le gingembre avait aussi un effet anti-inflammatoire sur l’intestin.
Source
E.A. Townsend, Y. Zhang, C. Xu, R. Wakita, C. Emala. Active Constituents Of Ginger Potentiate β-Agonist-Induced Relaxation Of Airway Smooth Muscle. American Thoracic Society International Conference. Mai 2013.
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