Le manque d’activité physique tuerait plus que l’obésité

Par Juliette Pouyat Publié le 16/01/2015 Mis à jour le 10/03/2017
Une grande étude conclut que l’inactivité est responsable de deux fois plus de décès que l’obésité. 20 minutes d'activité physique par jour auraient de réels bénéfices sur la santé

Est-il préférable d’être mince et inactif ou en surpoids et sportif ? Une nouvelle étude parue dans The American Journal of Clinical Nutrition a tenté de répondre à cette question et rapporte que le manque d’activité physique pourrait tuer deux fois plus de personnes que l’obésité en Europe.

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« Dans les études scientifiques, le manque d’activité physique est associé à une augmentation du risque de mortalité toutes causes confondues, indépendamment de l’adiposité définie par l’indice de masse corporelle. Les études qui ont étudié les associations combinées entre l’activité physique, l’indice de masse corporelle (IMC) et la mortalité suggèrent que l’activité physique protège d’une mort prématurée mais n’élimine pas l’augmentation du risque associée à un IMC élevé » expliquent les auteurs qui pointent cependant certaines limites dans ces études : des données anthropométriques auto-déclarées, des études menées sur des cohortes de même sexe, un nombre de décès peu élevé.

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Alors que l’on pourrait émettre l’hypothèse que l’activité physique exerce son influence sur la mortalité en diminuant l’adiposité, des données récentes obtenues à partir de l’étude EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) suggèrent que l’activité physique n'a pas d'influence sur le poids et qu'elle réduit un peu le tour de taille. Donc l’activité physique pourrait interagir différemment avec l’IMC et le tour de taille par rapport à la mortalité toutes causes confondues.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont examiné l’association entre l’activité physique et la mortalité et ils ont regardé si l’indice de masse corporelle et le tour de taille modifiaient cette association. Ils ont mené leur étude pendant plus de 12 ans sur une large population de 334 161 hommes et femmes, appartenant à l’étude EPIC. L’IMC et le tour de taille ont été mesurés lors d’un examen clinique au début de l’étude. L’activité physique a été évaluée par un questionnaire et classée en 4 groupes : actif, modérément actif, modérément inactif, inactif.

Les chercheurs ont estimé combien de décès pourraient théoriquement être évités si les personnes inactives ou obèses devenaient plus actives ou n’étaient plus obèses et quel serait le gain dans l’espérance de vie si l’on évitait l’inactivité physique, un IMC élevé et un tour de taille élevé.

Pendant le suivi, 11 086 décès chez les hommes et 10 352 chez les femmes ont été enregistrés. L’activité physique est inversement associée avec la mortalité pour toutes les catégories d’IMC et de tour de taille. « Les personnes inactives ont un plus grand risque de mort précoce qu’elles aient un poids normal ou qu’elles soient en surpoids ou obèses » explique le Pr Ekelund, un des auteurs de l’étude.

Les résultats montrent que l’inactivité serait responsable de deux fois plus de décès qu’un IMC élevé (supérieur à 30) : supprimer l’inactivité diminuerait la mortalité toutes causes de 7,35% -similaire à la diminution obtenue en « supprimant » un tour de taille élevé- alors que supprimer l’obésité diminuerait la mortalité de 3,66%. « Evidemment, l’un n’empêche pas l’autre » dit le Pr Ekelund. « Nous devons aussi nous efforcer de réduire l’obésité mais je pense que l’activité physique doit être reconnue comme une stratégie de santé publique très importante ».

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« Les résultats obtenus suggèrent que même une faible augmentation de l’activité physique aurait des bénéfices importants en terme de santé publique ». Selon les auteurs, pratiquer 20 minutes de marche rapide par jour aurait des avantages indéniables. L’activité physique est bénéfique et ce quel que soit le poids.

Conclusion : les personnes minces ont un risque accru d’avoir des problèmes de santé si elles sont inactives et les personnes obèses qui pratiquent une activité physique sont en meilleure santé que celles qui ne pratiquent aucune activité physique.

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Source

Ulf Ekelund et al. Physical activity and all-cause mortality across levels of overall and abdominal adiposity in European men and women: the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition Study (EPIC). Am J Clin Nutr March 2015 ajcn.100065; First published online January 14, 2015. doi:10.3945/ajcn.114.100065

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