Le régime Paléo fait maigrir mais il y a controverse sur le cholestérol

Par Lanutrition.fr Publié le 23/04/2014 Mis à jour le 10/03/2017
En 10 semaines de régime Paléo, des adultes en bonne santé ont maigri et perdu des graisses corporelles. Mais leur taux de cholestérol a augmenté, contrairement à d'autres études.

Un régime de type préhistorique ou paléolithique, riche en viandes, œufs, noix, est-il bon pour réguler le taux de cholestérol ? Oui, d'après les études publiées à ce jour. Cependant, une petite étude américaine, non contrôlée, parue dans International Journal of Exercise Science, vient de trouver qu' un régime de type Paléo suivi pendant 10 semaines augmenterait le cholestérol sanguin. Mais en même temps, il permettrait de perdre du poids et des graisses corporelles, ce que d'autres études ont déjà établi.

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Le régime Paléo cherche à se rapprocher de l’alimentation de nos ancêtres du paléolithique ; il exclut les sucres ajoutés, le sel, les produits laitiers, les céréales et légumineuses. Il comporte des parts variables de viande, poissons, crustacés, voire insectes et une grande quantité de végétaux (légumes, fruits, noix, racines, tubercules, champignons), en général la moitié de la ration alimentaire en poids. Les bienfaits pour la santé de ce régime se fondent sur l'hypothèse selon laquelle les maladies de civilisation, comme les maladies cardiovasculaires ou le diabète, sont dues aux changements qui, à l'ère agricole, ont éloigné notre alimentation de celle de nos ancêtres.

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L’objectif de cette étude était d’examiner les effets d’un régime Paléo sur les lipides sanguins (cholestérol, triglycérides) chez des personnes en bonne santé. Ces marqueurs restent considérés par la médecine traditionnelle comme des éléments prédictifs du risque cardiovasculaire. Cependant, cette vision est de plus en plus contestée, à la suite des travaux du Dr Michel de Lorgeril, prolongés par ceux du Pr Philippe Even. 

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Dans cette étude, 24 hommes et 20 femmes, âgés de 21 à 48 ans, ont suivi un régime Paléo sans restriction pendant 10 semaines. En même temps, les participants suivaient un programme d’entraînement. Les chercheurs n’ont pas voulu limiter les apports des participants afin de se rapprocher au mieux de l’alimentation des adeptes de ce régime. Ils supposaient qu’un régime Paléo sans restriction risquait d’augmenter les apports en graisses, graisses saturées et cholestérol.

Résultats : Il y avait une augmentation du cholestérol non-HDL (de 107,1 à 120,2 mg/dL), des LDL (de 93,1 à 105,6 mg/dL), du rapport cholestérol total/HDL (de 3,0 à 3,3) et du cholestérol total (168,8 à 178,9 mg/dL) après avoir suivi le régime Paléo. Le cholestérol HDL n'a pas été modifié par le régime. Le cholestérol-HDL correspond selon la vision classique au « bon cholestérol » et le cholestérol-LDL au « mauvais cholestérol». 

En parallèle, les participants ont aussi perdu du poids, passant de 80,7 kg à 77,5 kg, et leur pourcentage de graisses corporelles a diminué, passant de 24,3 % à 20,7 %. Leurs performances cardiorespiratoires, mesurées par la consommation d’oxygène maximale, se sont améliorées.

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Pour les chercheurs, un régime Paléo aurait des impacts « délétères » sur les lipides sanguins malgré une amélioration de la composition de l’organisme et du fitness cardiorespiratoire. Cependant, ce régime favorise aussi la consommation de d’aliments qui permettent d’arriver plus vite à satiété. 

Les résultats de cette étude ne sont pas conformes aux études déjà conduites, pour ce qui est des lipides sanguins. Pour expliquer ces différences, les auteurs font remarquer que leur étude n'imposait aucune contrainte de quantité ou de calories. Quoi qu'il en soit, il sera intéressant de voir ce que d'autres études trouveront sur des périodes plus longues. A noter que le suivi nutritionnel et biologique des participants était minimal, et, surtout, qu'il n'y avait pas de groupe de contrôle.

Source

Michael Smith, Eric Trexler, Allan Sommer, Brooke Starkoff, Steven Devor. Unrestricted Paleolithic Diet is Associated with Unfavorable Changes to Blood Lipids in Healthy Subjects. International Journal of Exercise Science. 2014. Vol 7 (2): 128-139.

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