Mer, montagne, campagne : où habiter pour être en bonne santé

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 22/04/2016 Mis à jour le 25/05/2018
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Faites vos cartons : de plus en plus d’études montrent qu'un environnement naturel est bon pour la santé.

Moins de pollution, moins de stress, des facilités pour faire du sport, du soleil, des effets positifs sur la santé mentale ou immunitaire… Les avantages de la vie loin des centres villes bétonnés sont de plus en plus avérés. Voici quelques arguments avant de préparer vos valises.

Mortalité plus faible quand on vit près de la nature

Des chercheurs de la Harvard University’s Public Graduate School et du Brigham and Women’s Hospital ont voulu examiner l’association entre la présence de végétation et la mortalité. Pour cela, ils ont utilisé les informations médicales portant sur 108.630 femmes de la Nurses’Health Study (Etats-Unis) entre 2000 et 2008. Le risque de mortalité a été comparé avec le niveau de végétation présent autour des habitations, mesuré par imagerie satellite. Il y a eu 8.604 décès sur la période étudiée.

Les 20 % de femmes qui avaient le plus de végétation dans leur environnement (à 250 m alentour) avaient 12 % de mortalité en moins que celles qui en avaient le moins. Cette association était particulièrement forte pour la mortalité respiratoire et par cancer : les femmes vivant dans des zones avec le plus de végétation avaient 34 % de risque en moins de décès par maladies respiratoires par rapport à celles qui en avaient le moins. Ces associations s'expliquent par des facteurs comme : l’activité physique, la présence de particules de moins de 2,5 µm, la vie sociale, la santé mentale, l'exposition à la pollution de l’air, le bruit, ou le stress.

Ces résultats devraient encourager les urbanistes à incorporer plus de végétation dans les zones urbaines.

Vivre à la montagne pour garder la ligne

D’après une étude sur des soldats américains, les personnes en surpoids vivant à haute altitude auraient moins de risque de basculer dans l’obésité que celles vivant à basse altitude. Lorsque l’altitude augmente, la pression de l’air diminue et l’organisme a plus de difficultés à s’approvisionner en oxygène : il est en situation d’hypoxie. Des études ont montré une réduction de l’appétit et des graisses corporelles dans des conditions d’hypoxie.

Les chercheurs se sont donc demandé si l’hypoxie pouvait limiter le risque d’obésité. Ils ont étudié près de 100.000 soldats en surpoids stationnés à différentes altitudes aux Etats-Unis, entre 2006 et 2012. Certains étaient affectés à haute altitude, soit plus de 1 960 m, et d'autres à basse altitude, c’est-à-dire moins de 980 m.

Résultats : Les soldats affectés à haute altitude avaient un taux d’obésité réduit de 41 % par rapport à ceux affectés à basse altitude. Ces résultats semblent confirmés par des observations faites sur les populations civiles : en effet, la ville américaine où l’on est le plus mince est Boulder, au Colorado, à 1.650 m d’altitude ; la ville américaine où l’on est le plus gros serait Huntington, en Virginie Occidentale, située à 171 m d'altitude seulement.

Cet effet bénéfique de l'altitude sur le poids pourrait s'expliquer pour des raisons hormonales car l’hypoxie est associée à une augmentation de la leptine, une hormone qui supprime l’appétit. La cholécystokinine, qui stimule la digestion des graisses et des protéines, et la noradrénaline, qui influence l’appétit en réduisant le flux sanguin vers l’intestin, augmentent toutes deux à haute altitude.

A la campagne pour une bonne immunité

L’idée selon laquelle l’augmentation des troubles immunitaires (asthme, allergies…) dans les pays occidentaux est liée à un excès d’hygiène n’est pas nouvelle : selon l’hypothèse hygiéniste, notre système immunitaire serait moins en contact avec des micro-organismes de l’environnement, ce qui causerait des problèmes d’inflammation chronique.

Lire : Pour éviter à bébé des allergies essayez ceci

Certaines infections importantes pour le développement immunitaire ont été éliminées des pays développés. Avec l’urbanisation, les contacts avec les animaux, les espaces verts, et donc les micro-organismes de l'environnement ont diminué. La diversité microbienne présente sur la peau, dans l’intestin, les poumons ou l’appareil génito-urinaire s'est réduite ; en même temps, les micro-organismes de l’environnement sont devenus moins nombreux du fait d'une meilleure hygiène.

A cause de la perte des infections anciennes, le système immunitaire serait devenu plus dépendant des microbiotes, comme la flore intestinale, et de l’environnement. C’est pourquoi l’exposition à des micro-organismes de l’environnement comme ceux que l’on peut trouver à la campagne jouerait un rôle important. Cela expliquerait que les personnes vivant dans les centres urbains et qui ont peu d’accès aux espaces verts souffriraient plus d’inflammation chronique, comme l’explique Christopher Lowry : « L’inflammation chronique peut conduire à toutes sortes de problèmes, allant du syndrome du côlon irritable à l’asthme, aux allergies et même à la dépression. »

A la mer aussi la santé est meilleure

Passer du temps près de la mer a un effet bénéfique sur la santé. Voici ce qu’affirment des chercheurs de l’université d’Exeter (Angleterre) à une conférence de l’American Geophysical Union. Un séjour à la plage permet de s’exposer au soleil et donc de faire le plein de vitamine D. Mais ce n’est pas le seul bienfait pour la santé.

Lire : Le manque de soleil est la cause majeure du déficit en vitamine D

Les chercheurs ont étudié la santé des populations anglaises en différents points du territoire. Ils ont ainsi montré que ceux qui vivaient près des côtes avaient un meilleur état de santé. Les raisons à cela sont diverses : vivre près des côtes réduit le stress mais encourage aussi à pratiquer une activité physique. Deux effets positifs sur la santé !

Autre indication de l'effet bénéfique de la mer sur le bien-être : une expérience réalisée par les chercheurs. Ils ont proposé à différentes personnes des images correspondant à des vues de chambres d’hôtel ; ils leur ont demandé combien ils étaient prêts à payer pour la chambre. Entre une vue sur la mer, la campagne verdoyante ou la ville, la plupart auraient payé le plus cher pour avoir une vue sur la mer.

Le bonheur loin des centres urbains

Une étude de l’université Mc Gill (Canada) parue en mai 2018 confirme que les personnes les plus heureuses vivent dans de petites villes ou à la campagne. Les chercheurs ont compilé 400 000 réponses à des enquêtes. Par exemple, les participants devaient noter de 1 à 10 leur niveau de satisfaction dans leur vie. Les participants ont été répartis dans 1200 secteurs géographiques représentant l’ensemble du territoire.

Les chercheurs ont comparé les secteurs les plus heureux aux plus malheureux et se sont aperçus qu’il y avait un lien entre le bonheur et la concentration de la population. Les 20 % de zones géographiques où les habitants sont les plus malheureux étaient huit fois plus denses en population que les 20 % de secteurs les plus heureux. D’après le Washington Post, les personnes des secteurs heureux passent moins de temps dans des déplacements, payent moins cher leur logement et ressentent plus souvent un sentiment d’appartenance à une communauté. Les petites villes et les villages seraient des lieux plus propices pour créer des liens sociaux forts. Curieusement, les facteurs économiques comme le revenu, ou le chômage, ne semblaient pas intervenir : on peut déménager dans une grande ville pour avoir un meilleur emploi, sans pour autant être plus heureux…

Les auteurs en concluent sans surprise que « La vie est nettement moins heureuse dans les zones urbaines ».

Sources

James P, Hart JE, Banay RF, Laden F. Exposure to Greenness and Mortality in a Nationwide Prospective Cohort Study of Women. Environ Health Perspect. 2016 Apr 14.
Voss JD, Allison DB, Webber BJ, Otto JL, Clark LL.. Lower Obesity Rate during Residence at High Altitude among a Military Population with Frequent Migration: A Quasi Experimental

Model for Investigating Spatial Causation. PLoS One. 2014 Apr 16;9(4):e93493. doi: 10.1371/journal.pone.0093493. eCollection 2014.

Rook Graham A.W., Raison Charles L, Lowry Christopher. Microbial “Old Friends”, immunoregulation and socio-economic status. Clin Exp Immunol. 2014 Jan 9. doi: 10.1111/cei.12269.

Jeff Watters, Fred Tyson, Paul Sandifer, Margaret Leinen (modératrice) et Lora Fleming.The Changing Ocean and Impacts on Human Health. AGU science policy conference. 26 juin 2013.

John F. Helliwell, Hugh Shiplett, Christopher P. Barrington-Leigh. How Happy are Your Neighbours? Variation in Life Satisfaction among 1200 Canadian Neighbourhoods and Communities. NBER Working Paper No. 24592. Mai 2018.

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