Plus on a eu de femmes, moins on a de risque de cancer de la prostate

Par Juliette Pouyat Publié le 05/11/2014 Mis à jour le 10/03/2017
Une étude canadienne montre que les hommes qui ont connu plus de 20 femmes dans leur vie ont un risque de cancer de la prostate diminué de 28% par rapport à ceux qui n’ont connu qu’une seule partenaire

Le cancer de la prostate est un cancer fréquent qui touche la prostate, une glande de l'appareil reproducteur de l'homme. L’alimentation joue un rôle dans la prévention ou la progression du cancer de la prostate et il semblerait que la sexualité aussi. Une nouvelle étude parue dans la revue Cancer Epidemiology rapporte qu’un homme qui a eu des relations sexuelles avec plus de 20 femmes dans sa vie a un risque d’avoir un cancer de la prostate diminué de 28% par rapport à ceux qui n’ont eu qu’une seule partenaire. A contrario, avoir plusieurs partenaires masculins dans sa vie augmente le risque de cancer de la prostate.

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La prostate est située sous la vessie et entoure l’urètre, le canal par lequel l’urine et le sperme sont évacués. La prostate a pour rôle de produire le liquide prostatique, un des constituants du sperme avec le liquide séminal et les spermatozoïdes.

L’âge et les antécédents familiaux sont des facteurs de risque établis du cancer de la prostate. Parmi les autres facteurs de risque, les chercheurs s’intéressent à la sexualité et aux infections sexuellement transmissibles. Par exemple, la fréquence d’éjaculation a été associée à une réduction du risque de cancer de la prostate dans des études antérieures.

Les données sont issues de l’étude montréalaise PROtEuS (Prostate Cancer & Environment Study) concernant 3208 hommes qui ont répondu à un questionnaire, notamment sur leur vie sexuelle. Parmi eux, 1590 ont eu un cancer de la prostate diagnostiqué entre 2005 et 2009 et 1618 formaient le groupe témoin.

Globalement, les hommes qui n’avaient jamais eu de relation sexuelle avaient 2 fois plus de risque d’avoir un cancer de la prostate que ceux qui avaient eu des relations sexuelles. Ceci est particulièrement vrai pour les cancers les moins agressifs. Un homme qui a eu plus de 20 partenaires sexuels dans sa vie (hommes et femmes) a un risque diminué de 22% d’avoir un cancer de la prostate. Le fait d’avoir eu plus de 20 partenaires féminines diminue le risque de cancer de 28% par rapport à ceux qui n’ont eu qu’une seule partenaire sexuelle.

« Il se pourrait que le fait d’avoir eu plusieurs partenaires se traduise par une fréquence d’éjaculations plus élevée, ce qui –selon des études de cohorte- aurait un effet protecteur vis-à-vis du cancer de la prostate » explique Marie-Elise Parent, auteure de l’étude. Les études précédentes montrent que cet effet protecteur pourrait provenir de la diminution de la concentration de substances cancérigènes présentes dans le liquide prostatique ou de la réduction de la production de cristalloïdes intraluminaux.

Les résultats ne vont pas dans le même sens pour les hommes qui ont eu plusieurs partenaires masculins. En effet, le fait d’avoir eu plusieurs relations homosexuelles semblent augmenter le risque de cancer de la prostate.

Il n’est pas aisé d’expliquer cette association. Marie-Elise Laurent ne peut qu’émettre des hypothèses avec beaucoup de prudence : « cette association pourrait provenir d’une plus grande exposition à des infections sexuellement transmissibles ou à une atteinte physique de la prostate lors de la pénétration anale ».

A noter que dans cette étude, les scientifiques n’ont pas trouvé d’association entre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le risque de cancer de la prostate. Cela peut s’expliquer par la faible prévalence d’IST dans la population étudiée.

Selon les auteures, les études à venir devraient prendre en compte l’orientation sexuelle dans l’évaluation du risque du cancer de la prostate.

Lire : un lien entre sexualité et opinions politiques?

Source

Spence AR, et al. Sexual partners, sexually transmitted infections, and prostate cancer risk. Cancer Epidemiology (2014), http://dx.doi.org/10.1016/j.canep.2014.09.005

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