Que faut-il manger quand on a un cancer de la prostate ?

Par Lanutrition.fr Publié le 26/01/2015 Mis à jour le 10/03/2017
Régime de type méditerranéen, cétogène, frugal, sans produits laitiers : les pistes diététiques quand on a eu un cancer de la prostate.

Noix, huile d’olive, poissons gras, mais peu de viandes rouges, charcuteries ou de produits laitiers : voilà un régime qui limite les dommages à l’ADN chez des hommes ayant un cancer de la prostate. C’est ce que montrent des chercheurs de l’université d’Auckland (Nouvelle-Zélande) dans la revue Nutrients.

L’âge, les antécédents familiaux, sont des facteurs de risque du cancer de la prostate, mais, comme le montrent les données provenant de populations migrantes, le style de vie occidental semble aussi jouer un rôle. En particulier, certaines graisses alimentaires sont associées avec le stress oxydatif, qui génère des dommages à l’ADN et donc des mutations potentiellement cancérogènes.

Dans cette étude, les chercheurs ont étudié l’influence des graisses alimentaires sur la santé de 20 hommes avec un cancer de la prostate. Ceux-ci ont suivi une alimentation de type méditerranéenne pendant 3 mois, avec les recommandations suivantes : 30 à 50 g de noix par jour, 15 mL d’huile d’olive par jour, moins de 400 g de viande rouge par semaine, pas de cuisson à haute température, pas de charcuteries, et du poisson gras au moins une fois par semaine.

Lire : Contre le cancer de la prostate, des noix chaque jour

Le régime méditerranéen pourrait limiter le risque de cancer de la prostate en raison de l’effet bénéfique de différents composants de ce régime sur l’inflammation et le stress oxydatif. Le régime méditerranéen est plus riche en acides gras monoinsaturés, en produits végétaux, en huile d’olive, en acides gras polyinsaturés oméga-3 provenant des noix, des légumes verts à feuilles (acide alpha-linolénique), des poissons gras, (EPA et DHA notamment).

Lire : le guide de LaNutrition.fr pour mettre en pratique le régime méditerranéen

A l’inverse, un régime de type occidental est plus riche en acides gras oméga-6, provenant de graisses d'animaux nourris aux céréales, ou d’huiles de type soja, tournesol, maïs. Des études montrent qu'un excès d'oméga-6 par rapport aux oméga-3 attise les phénomènes inflammatoires. De plus, la cuisson de la viande à haute température produit des molécules qui induisent une instabilité de l’ADN, et la consommation de charcuteries peut conduire à des composés cancérogènes appelées nitrosamines, qui sont issues de la transformation des nitrites (conservateurs) dans le tube digestif.

Résultats : Plus les participants adhéraient au régime méditerranéen et plus leurs apports en acides gras mono-insaturés et acide oléique étaient élevés, moins ils avaient de dommages à leur ADN. En revanche, les dommages à l’ADN augmentaient avec une consommation élevée de produits laitiers, viande rouge et acides gras polyinsaturés oméga-6.

Lire : Comment le lait pourrait augmenter le risque de cancer de la prostate

Les apports totaux en graisses n’ont pas changé car les graisses des viandes et des produits laitiers ont été remplacées par d'autres graisses, provenant du poisson gras, de l’huile d’olive et des noix. Avec le régime méditerranéen, les apports en acides gras mono- et polyinsaturés ont augmenté. Les concentrations sanguibes en acides gras oméga-3 à longues chaînes EPA + DHA ont augmenté quand la consommation de produits laitiers baissait.

Dans l’ensemble, les indicateurs de santé générale étaient améliorés. De nombreux participants en surpoids ont perdu du poids, le profil des acides gras sanguins s’est amélioré, les dommages à l’ADN ont diminué. Un des participants dormait mieux, un homme avait moins de douleurs arthritiques, un autre avait moins besoin d’anti-inflammatoires et plusieurs ont ressenti plus de bien-être.

Lire : Le régime méditerranéen préserverait l'ADN et la longévité

L'avis de LaNutrition.fr En plus du régime méditerranéen, quelles pistes peut-on suivre quand on a eu un diagnostic de cancer ? Plusieurs études ont déjà mis en cause le lait et les produits laitiers dans le risque de cancer de la prostate. Il peut donc être judicieux de les limiter, ce qui est déjà le cas dans l'étude présentée ici. De plus, le phosphore et les phosphates alimentaires joueraient un rôle néfaste dans ce type de cancer. On les trouve surtout dans les produits animaux (viande, laitages), les aliments transformés (additifs à base de phosphates), certains compléments alimentaires (inositol). Par ailleurs, des études expérimentales suggèrent qu'une diminution des calories, en particulier celles des glucides (féculents) pourrait améliorer la survie chez les patients. Une étude contrôlée est en cours aux Etats-Unis, à l'université Duke, pour le vérifier. Enfin, plusieurs études sont en cours pour évaluer les bénéfices du régime cétogène, pauvre en glucides et riche en graisses, sans restriction de calories, qui est décrit dans le livre du Dr Ulrike Klämmerer "Le régime cétogène contre le cancer".

Lire l'interview d'Ulrike Klämmerer : Le régime cétogène, encore trop peu connu des patients

Bishop KS, Erdrich S, Karunasinghe N, Han DY, Zhu S, Jesuthasan A, Ferguson LR. An Investigation into the Association between DNA Damage and Dietary Fatty Acid in Men with Prostate Cancer. Nutrients. 2015 Jan 8;7(1):405-22. doi: 10.3390/nu7010405.

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