Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) vient de changer de nom et s’appelle désormais SMOP pour « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ». Car cette maladie n’est pas un problème de kystes mais bien un dérèglement hormonal et métabolique.
Un nom plus juste que "syndrome des ovaires polykystiques"
Un consensus mondial
En mai 2026, une équipe internationale de chercheurs a publié dans The Lancet les résultats d’un travail collaboratif qui a duré 14 ans. 56 organisations médicales et de patients, dont l’Endocrine Society, y ont participé. Plus de 14 000 réponses à des enquêtes mondiales ont été analysées.
Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) change officiellement de nom et devient le SMOP, pour « Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien » (en anglais : Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome, PMOS). C’est une reconnaissance scientifique de la réalité de ce syndrome, mal baptisé dès le départ. L’ancien nom était « inexact, car il suggérait des kystes ovariens pathologiques, masquait les caractéristiques endocriniennes et métaboliques diverses, et contribuait à des diagnostics tardifs, des soins fragmentés et une stigmatisation », écrivent les auteurs dans The Lancet.
Une période de transition de trois ans
La professeure Helena Teede, endocrinologue à l’Université Monash (Australie) et cheffe de file de ce processus, a confié dans un communiqué de l’Endocrine Society : « C’était déchirant de constater les retards de diagnostic, la méconnaissance de cette maladie négligée et l'insuffisance des soins prodigués aux personnes qui en souffrent. » La période de transition vers le nouveau nom devrait durer trois ans. Les recommandations internationales de 2028 devraient intégrer le nouveau nom du syndrome.
Des « kystes » qui n’en sont pas
Le malentendu est né dans les années 1930, quand les médecins Irving Stein et Michael Leventhal ont observé des ovaires plus volumineux que la moyenne chez des patientes. Ils ont alors pensé à des kystes. En réalité, comme l’explique la diététicienne-nutritionniste Angélique Houlbert dans son ouvrage Le régime SOPK, « il s’agit en réalité de follicules accumulés, dont la croissance s’est arrêtée et qui ne sont donc pas arrivés à maturité ».
Des follicules accumulés, dont la croissance s’est arrêtée
L’arrêt de la maturation de ces follicules est dû à un problème de signal hormonal. Normalement, l’hypophyse libère de façon coordonnée deux hormones, la FSH et la LH, qui gouvernent le cycle ovarien. Dans le SMOP, cet équilibre est rompu : le taux de LH est anormalement élevé par rapport à celui de la FSH, ce qui empêche la maturation des follicules et stimule en excès la production d’androgènes (hormones masculines) par les ovaires.
Un syndrome aux multiples visages
Ce dérèglement hormonal a des conséquences bien au-delà des ovaires, d’où le nouveau nom de SMOP qui intègre la dimension métabolique et hormonale de la maladie. Car le SMOP se manifeste par un ensemble de symptômes qui touchent tout le corps.
Les symptômes
Cycles irréguliers, conséquence directe des troubles de l’ovulation. Le SMOP est la première cause d'infertilité féminine d'après l'Inserm.
Hyperandrogénie : acné, pilosité excessive (hirsutisme), chute de cheveux.
Résistance à l’insuline : présente chez la majorité des femmes atteintes, elle favorise la prise de poids, notamment abdominale.
Impact sur la santé mentale : anxiété, dépression, sont fréquemment associés au syndrome.
Risques métaboliques à long terme : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, syndrome métabolique.
L’insuline au cœur du problème
Si le SMOP est un trouble hormonal complexe, la résistance à l’insuline y joue un rôle central. Quand les cellules répondent mal à l’insuline, le pancréas en produit davantage pour compenser. Cet excès d’insuline stimule la production des androgènes, comme la testostérone, qui perturbent la maturation des follicules.
Pour cette raison, l’alimentation et le mode de vie sont à prendre en compte dans la prise en charge du SMOP. Réduire les pics glycémiques, limiter les aliments ultra-transformés et privilégier les protéines, les graisses de qualité et les fibres permet d’améliorer la sensibilité à l’insuline, et donc de réduire l’hyperandrogénie et ses symptômes associés.
Toutefois, les causes du SMOP ne sont pas clairement identifiées. Des facteurs d’ordre génétique et environnementaux interviennent probablement. Des gènes de prédisposition au syndrome ont été identifiés. Des perturbateurs endocriniens pourraient aussi jouer un rôle dans l’apparition de la maladie, bien qu’aucune preuve n’ait été établie à ce jour.
Un diagnostic encore trop souvent retardé
Malgré sa prévalence — 1 femme sur 8 touchée dans le monde —, le SMOP est encore mal diagnostiqué. Le délai moyen entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic est souvent de plusieurs années. L’ancien nom a pu y contribuer : en concentrant l’attention sur les ovaires et les « kystes », il a orienté les diagnostics vers la gynécologie seule, oubliant les dimensions endocrinienne, métabolique et psychiatrique.
Ce que change le nouveau nom
Le choix du terme « polyendocrinien » dans le nouveau nom signale que plusieurs axes endocriniens sont simultanément impliqués : l’axe hypophyso-gonadique (FSH, LH), le pancréas et l’insuline, les glandes surrénales (qui produisent aussi des androgènes), voire la thyroïde, parfois aussi touchée.
Pour les femmes concernées, ce changement de nom pourrait avoir des conséquences concrètes : une prise en charge plus globale, un accès plus rapide aux spécialistes adéquats (endocrinologue, nutritionniste, psychiatre), et une meilleure reconnaissance institutionnelle et médiatique de leur maladie.
Quel traitement ?
Il n'existe pas de traitement curatif du SMOP. La prise en charge est symptomatique et pluridisciplinaire. Sur le plan médical, les contraceptifs oraux sont souvent prescrits pour réguler les cycles, et la metformine pour améliorer la sensibilité à l'insuline. Sur le plan nutritionnel, une alimentation à index glycémique bas, riche en fibres et en protéines, peut être recommandée. L'activité physique régulière, en particulier la musculation, améliore elle aussi la sensibilité à l'insuline.
Le SOPK, ou syndrome des ovaires polykystiques, est un trouble endocrinien et métabolique qui affecte environ 10 % des femmes en âge de procréer. Quel régime adopter pour en réduire ses effets ? Les conseils d'Angélique Houlbert, diététicienne-nutritionniste, et auteure du livre Le régime SOPK.
Seules 5 substances semblent avoir un effet sur la sexualité féminine.La plupart des études portent sur l’amélioration de la libido.Par ailleurs, les études sur la sexualité des femmes restent nettement moins nombreuses que pour leurs homologues masculins. Probablement parce que s’il est aisé de mesurer l’excitation d’un homme à la qualité de son érection il est moins évident d’objectiver des paramètres pour mesure l’excitation féminine.