4 Questions sur la vaccination des enfants

Par Thierry Souccar Publié le 24/04/2017 Mis à jour le 31/10/2018
L'essentiel

Nos réponses aux questions que se posent fréquemment les parents.

Les vaccins font, avec les règles d'hygiène et de nutrition, partie de l'arsenal mis en place par les autorités sanitaires de nombreux pays pour tenter d'éradiquer des maladies potentiellement mortelles ou handicapantes. Les études montrent qu'ils ont le plus souvent accompli leur rôle, même si des incertitudes demeurent sur la durée d'immunisation (rougeole).

Quels sont les vaccins obligatoires ?

En France, les vaccins contre contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont les trois seuls obligatoires chez les nourrissons nés avant le 1er janvier 2018. Les bébés nés après cette date devront recevoir 11 vaccins : contre l'haemophilius influenzae B, la coqueluche, l'hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C et le pneumocoque. La Sécurité sociale prendra en charge le coût de ces vaccinations. Les parents qui refusent de vacciner leur enfant ne seront pas sanctionnés, mais ils ne pourront pas les inscrire dans les collectivités. Le vaccin contre la grippe n'est pas obligatoire, mais il donne des résultats plus probants chez l'enfant que chez l'adulte en bonne santé.

Les vaccins peuvent-ils conduire à la mort subite du nourrisson ?

Plusieurs études ont été conduites, mais elles n'ont pas trouvé de lien entre la vaccination des bébés et le risque de mort subite. En 2003, l'Institut de médecine des Etats-Unis a analysé l'ensemble des données scientifiques, pour conclure que les vaccins ne causent pas de mort subite du nourrisson. D'autres travaux sont arrivés à la même conclusion.

Le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) est-il lié à l'autisme ?

Cette crainte date de 1998 lorsque le Dr Andrew Wakefield a publié un article dans la revue médicale The Lancet, rapportant les cas de plusieurs enfants qui auraient développé des maladies gastro-intestinales et des troubles du développement après avoir reçu le vaccin ROR. Les chercheurs ont suggéré que le vaccin ROR pourrait avoir été à l’origine de ces problèmes. En février 2010, le journal a retiré l’article original et contesté sa validité car il apparaît que de nombreuses données ont été falsifiées. Des craintes ont également été formulées concernant la présence de thimérosal (éthylmercure) dans d'autres vaccins. Aujourd'hui, il est clair que les craintes que le vaccin ROR ou que les vaccins contenant du thimérosal favorisent l'autisme ne sont pas fondées : près de 20 unités de recherche ont examiné les données scientifiques disponibles et conclu que le vaccin ROR n’a aucun lien avec l’autisme.

Les vaccins peuvent-ils favoriser asthme et allergies ?

Cette crainte se base sur ce qu'on appelle « l'hypothèse hygiéniste », l’idée que les infections contractées tôt dans la vie préviennent les maladies allergiques plus tard. Selon cette hypothèse, si le système immunitaire n’a pas la possibilité de se prémunir contre des agents pathogènes, il répondrait à des substances inoffensives mais irritantes, en créant une réponse de type allergique. Si l'hypothèse hygiéniste repose sur des arguments convaincants, elle ne concerne pas les vaccins, car ils n'empêchent pas les enfants d'avoir un rhume, des infections virales respiratoires, des organes digestifs, etc. On ne sait pas réellement pourquoi certains enfants développent de l'asthme, des allergies mais il n'y a aucune preuve que les vaccins jouent un rôle dans ces troubles.

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