12 guides pour maigrir au banc d'essai

Par Lanutrition.fr Publié le 13/02/2008 Mis à jour le 10/03/2017
Il n’y a qu’à parcourir le rayon santé de votre librairie pour voir fleurir les guides minceur dès la fin de l’hiver. "Dites adieu aux kilos superflus ! 10 kilos de moins en 1 mois ! Retrouvez la ligne pour toujours"… Cette surenchère de promesses est-elle seulement destinée à vous aguicher ou ces livres de régime peuvent-ils vraiment vous aider à perdre du poids ? Pour le savoir, ConsoSanté a mis 12 livres minceur au banc d’essai. Ils sont déjà chez votre libraire, méritent-ils leur place chez vous ?

 

Ca y’est, l’hiver touche à sa fin. Dans quelques jours c’est déjà le retour du printemps, les petites robes et les maillots de bain sont déjà dans les vitrines. Et vous commencez à songer aux quelques kilos que vous avez pris pendant l’hiver et que vous trouvez résolument superflus pour ce ravissant petit bikini. Alors vous décidez de passer chez votre libraire en quête du guide minceur qui vous aidera à retrouver la ligne avant l’été. Mais comment faire votre choix parmi les dizaines de titres qui s’offrent à vous. Comment choisir LE livre qui vous proposera une méthode efficace et scientifiquement prouvée pour perdre du poids ? Pas de panique ! Pour vous aider à vous y retrouver, nous avons passé au crible 12 livres du rayon minceur. Que propose l’auteur ? Quel est son objectif ? Quel régime vous prescrit-il ? Mais surtout, est-ce que ce régime a fait ses preuves scientifiquement ? Choisir le meilleur livre minceur, c’est facile avec ConsoSanté.

 

 

Les livres au banc d’essai

Nous avons sélectionné 12 livres minceur parmi les ouvrages les plus récents. Nous y avons inclus les rééditions de guides minceur plus anciens mais que vous trouvez toujours dans vos rayons comme La méthode Montignac ou Le régime Miami.

Du régime basé sur la chrononutrition au régime selon l’index glycémique en passant par le jeûne et le régime sans régime, nous avons tenté de faire une sélection qui fasse un tour d’horizon de tout ce que votre librairie peut vous proposer en matière de méthode minceur.

Chaque fiche vous détaille l’objectif de l’auteur avec son régime, la méthode qu’il propose pour atteindre cet objectif et l’avis de ConsoSanté sur l’ouvrage. Pour pouvoir juger de la façon la plus objective possible, nous avons retenus deux critères principaux : est-ce que le régime proposé par l’auteur est scientifiquement crédible et est-ce qu’il existe des études cliniques attestant son efficacité.

Nous avons créé 3 catégories :

  • Les guides minceur « sérieux » et argumentés ;
  • Les guides minceur « douteux » ;
  • Les guides minceur qui nous sont apparus « pas sérieux » du tout

 

 

 

Sérieux

 

 

Douteux

 

 

Pas sérieux

  • L’index glycémique, un allié pour mieux manger

  • Maigrir sans régime avec la méthode M.B.O.

  • La méthode Montignac illustrée 

  • Indice glycémique, votre dernier régime

  • Le régime IG

  • Le régime Miami

  • La faim des régimes

  • Mincir sur mesure grâce à la chrononutrition

  • Les 4 secrets pour maigrir

  • Le code minceur

  • La méthode simple pour perdre du poids

  • Mars et Vénus au régime

 

 

 

And the winner is…

Le podium des livres minceur les plus efficaces, sûrs et scientifiquement prouvés

1.L’index glycémique, un allié pour mieux manger

 

 

2. La méthode Montignac illustrée

 

 

3. Maigrir sans régime avec la méthode M.B.O.

 

 

 

Pour des raisons éthiques évidentes, nous n’avons pas inclus dans notre test le livre Le régime IG minceur sur l'index glycémique, écrit par LaNutrition.fr sous la direction d'Elvire Nérin. Pour en savoir plus sur ce livre, consultez l’article sur LaNutrition.fr ou lisez l’interview d’Elvire Nérin.

 

 

Ceux qui marchent

Dans la catégorie des guides « sérieux », on retrouve sans surprise les livres minceur qui se basent sur le régime IG. L’index glycémique dont LaNutrition.fr vous parle depuis le début est en passe de devenir populaire dans les rayons minceur de vos librairies. En l’espace de quelques mois sont apparus plusieurs livres minceur qui vous proposent de perdre du poids en surveillant l’index glycémique de vos aliments. Et pour cause : ce régime est un des rares dont la méthode a fait ses preuves. Privilégier les aliments à index glycémique bas, qui limitent l’augmentation du taux de glucose dans votre sang, peut vous aider à perdre du poids et à rester en bonne santé. Tous les livres sur le régime IG se valent-ils tous pour autant ? Non.

Des trois ouvrages sélectionnés, lequel tire son épingle du jeu ? Du point de vue strictement scientifique, le livre de Jennie Brand-Miller L’index glycémique, un allié pour mieux manger tient incontestablement le haut du panier. Et pour cause : la chercheuse est considérée comme LA spécialiste mondiale de l’index glycémique. Mais son ouvrage a le défaut de ses qualités : il s’adresse à un public plutôt averti. Qui plus est, il n’est pas spécialement axé sur la minceur. Les deux autres ouvrages sur l’index glycémique écrits respectivement par le Dr Claude Allard et par Anne Dufour sont plus « grand public » mais malheureusement beaucoup moins rigoureux. Avec Indice glycémique, votre dernier régime, le Dr Allard semble ne pas maîtriser totalement cet outil nutritionnel ce qui se traduit par une impression générale de « brouillon ». Pour ce qui est du livre d’Anne Dufour Le régime IG, le problème se situerait plutôt au niveau du travail fourni par l'auteur pour écrire le livre en question. En effet, cet ouvrage nous apparaît davantage comme une compilation de  données glanées ici et là que comme un vrai livre d’auteur. Rien de faux dans ce qu’elle dit, mais peu de valeur ajoutée.

L’index glycémique sur le devant de la scène

Cette notion d’index glycémique a déjà été abordée par Michel Montignac à la fin des années 1980 dans son best-seller « Je mange donc je maigris ». Avec La méthode Montignac illustrée, l’auteur modernise son livre et son propos. Son premier opus avait été vendu à plus d’un million d’exemplaires et ce succès n’est probablement pas volé. De nombreuses études scientifiques soutiennent en effet les recommandations actuelles de Michel Montignac. Deux études américaines parues en 1997 et 1999 dans le Journal of the American Medical Association confirment que l’index glycémique des aliments joue un rôle non négligeable dans le développement des diabètes non insulinodépendants et qu’une forte consommation de fibres permet de perdre du poids en diminuant les taux sanguins d’insuline.

Enfin dans la catégorie des livres que nous jugeons efficaces on retrouve celui du Dr Martine Balandreaux-Olivet, Maigrir sans régime avec la méthode M.B.O. Pas à proprement parler un régime minceur mais bel et bien un programme complet pour revoir son alimentation en privilégiant fruits, légumes et aliments à IG bas tout en surveillant son équilibre acide-base et son apport en oméga-3. Un bon point pour ce livre : un accompagnement pour reprendre ou renforcer son activité physique, ce que de nombreux auteurs ne prennent pas la peine d’aborder alors que les nombreux bénéfices de l’exercice, tant sur le poids que sur la santé, ne sont plus à démontrer.

 

 

Ceux qui nous sont apparus « douteux »

Nous n’avons pas testé par le menu tous les régimes préconisés par les auteurs pour perdre du poids. Il nous est donc difficile d’affirmer catégoriquement « avec ce livre là vous ne perdrez pas un gramme ». Néanmoins certains d’entre eux nous semblent scientifiquement douteux. Sans décréter qu’ils sont purement inefficaces pour perdre vos kilos superflus, nous vous mettons en garde contre certains conseils distillés par les auteurs. Car un bon régime c’est aussi avant tout un régime qui vous permet de perdre vos kilos superflus tout en restant en bonne santé. Et lorsque le Dr Delabos dans son ouvrage sur la chrononutrition Mincir sur mesure recommande de « ne jamais augmenter la part de végétal dans les plats », nous ne pouvons pas en toute bonne conscience vous recommander de l’acheter. Idem pour l’ouvrage de Gilles Demarque La faim des régimes qui vous apprend la différence entre les graisses dont certaines sont « légères » et d’autres sont « lourdes » et qui vous conseille de privilégier les aliments grillés ou rôtis. Ce dernier n’a probablement pas entendu parler des AGE…  Le Dr Agatston n’a d’ailleurs pas dû en entendre beaucoup parler non plus : son Régime Miami préconise de manger des frites ou des chips de préférence à des pommes de terre bouillies. Motif : la teneur en graisse abaisse l’index glycémique. Certes, l’IG des pommes de terres bouillies est élevé. Mais quid des fameux produits de glycation avancés qui accélèrent le vieillissement ? Quant au Dr Fridman avec ses 4 secrets pour maigrir, il exclut de son régime les poissons gras et les légumineuses. Au détriment des bienfaits des oméga-3 et des protéines végétales qui ne sont plus à prouver...

Des conseils pas toujours judicieux

La plupart des ouvrages de cette catégorie ne sont pas des tissus d’aberrations nutritionnelles, loin de là. Cependant tous recèlent soit des approximations, soit des affirmations fausses d’un point de vue scientifique, ou encore des conseils que nous vous recommanderions de ne pas suivre. Pour toutes ces raisons, ils font partie des livres minceur que nous vous conseillons de laisser de coté. D’autant plus qu’il existe à des prix similaires des guides minceur efficaces qui vous aideront vraiment à perdre du poids sans prendre de risque pour votre santé.

 

 

Ceux que l’on juge « pas sérieux »

Avouons-le : certains des opus de cette catégorie nous on fait sourire. Non pas à la pensée de se délester de nos kilos en trop, mais plutôt à l’idée de perdre du poids grâce au nombre d’or comme dans Le code minceur ou encore d’arriver à atteindre la silhouette de vos rêves grâce à Allen Carr « en mangeant autant de vos aliments favoris que vous voulez, aussi souvent que vous voulez, sans faire de régime ou d’exercice particulier » dans La méthode simple pour perdre du poids ou enfin de perdre du poids en ingurgitant chaque matin votre « breuvage Mars et Vénus » sur les conseils de John Gray avec l’ouvrage Mars et Vénus au régime. Ces livres n’ont bien sûr pas que des défauts et l’on peut tout de même reconnaître le travail de leurs auteurs.

Certes, Stephen Lanzalotta nous donne le goût de la bonne cuisine italienne. Mais sa théorie de maigrir en mangeant selon les préceptes du nombre d’or nous paraît plus que loufoque. Il fallait oser surfer sur la vague du succès du Da Vinci Code avec un livre minceur…

Certes, John Gray a dû potasser pas mal d’ouvrages scientifiques pour délivrer les conseils de Mars et Vénus au régime. Mais l’ensemble reste très superficiel ce qu donne l’impression que l’auteur exploite le filon « Mars et Vénus »…

Certes, le livre d’Allen Carr peut vous servir si vous êtes dans l’esprit « coaching » et que vous avez besoin d’un coup de pouce de ce côté-là pour mener à bien votre régime. Mais le niveau scientifique de l’ouvrage est déplorable ce qui nous donne encore une fois une vague impression d’avoir fait pondre un nouvel opus à la poule aux œufs d’or.

Si vous décidiez malgré tout d’acheter ces livres, ConsoSanté vous conseille clairement de ne rien en attendre coté efficacité…

La jungle des livres minceur

Verdict de ce banc d’essai : le monde merveilleux des livres minceur est peuplé aussi bien de très bons ouvrages que de livres loufoques, douteux, voire même potentiellement dangereux… Ne faites pas votre choix à la légère car même si perdre votre poids est votre priorité, il en va aussi de votre santé.

 

Le livre

L’index glycémique, un allié pour mieux manger !

Pr Jennie Brand-Miller, Kaye Foster-Powell, Pr Stephen Colagiuri, Pr Gérard Slama, Marabout, 354 pages, 15 €

L’auteur

Jennie Brand-Miller est professeur de nutrition humaine à l’université de Sydney (Australie). C’est l’une des spécialistes, pour ne pas dire la spécialiste mondiale de l’index glycémique. Stephen Colagiuri est directeur du Diabetes Center de l’hôpital Prince of Wales (Pays de Galle du Sud). Ils sont les auteurs de The Glucose Revolution, un best-seller mondial sur l’index glycémique.

Gérard Slama est professeur d’endocrinologie, diabète et maladies métaboliques à l’université René Descartes (Paris V). Il s’est chargé de l’adaptation française du livre de Jennie Brand-Miller.

Kaye Foster-Powell est une diététicienne de renom spécialisée dans le diabète. Elle signe, entre autres, les recettes de cuisine du livre.

Objectif

Perdre du poids sans se restreindre, sans être obsédé par le nombre de calories consommées au quotidien, sans être constamment tenaillé par la faim. Notez cependant que le livre n’est pas en lui-même tourné vers l’amincissement, mais présente l’index glycémique et comment l’utiliser pour rester en bonne santé en général. La partie minceur n’en est qu’une parmi d’autres.

Méthode proposée

Le régime IG est, comme son nom l’indique, basé sur l’indice glycémique des aliments. Il s’agit de choisir parmi les aliments riches en glucides, ceux qui font le moins monter le taux de sucre sanguin (glycémie).

L’avis de ConsoSanté

 

Contenu scientifique

Ecrit par la spécialiste mondiale de l’IG et des spécialistes du domaine, le livre ne peut qu’avoir un contenu scientifique irréprochable.

Etudes cliniques

Comme vous pouvez le constater dans le dossier consacré à l’IG sur LaNutrition, l’index glycémique a fait la preuve scientifique de son efficacité dans les régimes amincissants grâce à un certain nombre d’études cliniques de bonne qualité.

En conclusion

Travail rigoureux, peut-être un poil aride pour un lecteur non averti (surtout du fait de la taille du livre).

Un bon livre sur l’IG… mais pas vraiment orienté minceur.

 

Le livre

La méthode Montignac illustrée

Flammarion, 2006, 256 p., 20 euros.

L’auteur

Michel Montignac est encore cadre supérieur dans l’industrie pharmaceutique quand il met au point sa propre méthode pour maigrir, qui réussit au-delà de ses espérances. Il devient alors chercheur et nutritionniste. Il est le premier à avoir popularisé le concept des index glycémiques, dans son best-seller Je mange donc je maigris en 1987.

Objectif

Maigrir par une méthode non-restrictive et équilibrée. La méthode Montignac n’est pas un régime au sens strict du terme mais un mode alimentaire, qui tend vers un équilibre à 30% de protéines, 30% de lipides et 40% de glucides.

Méthode proposée

Montignac part du principe que les méthodes restrictives (diminution des apports énergétiques) ou déséquilibrées (sans glucide ou sans graisse) ne fonctionnent pas : « On ne grossit pas parce qu’on mange trop mais parce qu’on mange mal ».

Selon l’auteur, sa méthode serait le seul régime à la fois non restrictif et équilibré. Il consiste à choisir les bons glucides, les bonnes graisses et les bonnes protéines.

L’index glycémique (IG) des aliments est au cœur de la méthode. Les glucides à IG élevé provoquent un « hyperinsulinisme, une sécrétion excessive d’insuline, l’une des hormones clés du métabolisme ». Un glucide à IG élevé entraîne une forte élévation de la glycémie. Cette hyperglycémie stimule le pancréas, qui sécrète une quantité importante d’insuline et fait ainsi baisser la glycémie de manière excessive. La diminution brutale de glucose dans le sang provoque les symptômes de l’hypoglycémie : fatigue, mauvaise humeur et faim. On a alors tendance à manger de nouveau : la boucle est bouclée !

Il faut donc favoriser les glucides à IG bas et très bas, en privilégiant les fibres : « plus un glucide contient de fibres, et notamment de fibres solubles, plus son index glycémique est bas ».

2 principes de base :

- se déconditionner des messages nutritionnels erronés, abusivement centrés sur l’aspect calorique des aliments ;

- choisir des aliments en fonction de leur IG et de leur potentialité métabolique, c’est-à-dire de leur capacité à augmenter la dépense énergétique de l’organisme au repos.

Une méthode en 2 phases : amaigrissement, puis stabilisation-prévention.

D’abord, la phase de perte de poids intervient grâce à une suppression du sucre, une limitation des graisses saturées, de la caféine et de l’alcool. Les mélanges glucides - lipides au cours d’un même repas sont à éviter : il faut choisir entre des repas glucido-protéiques ou protido-lipidique. La durée de cette première phase varie en fonction du poids que la personne veut perdre. Selon Montignac, « il faut deux mois minimum au pancréas pour remonter son seuil de tolérance au glucose », le but étant que le pancréas sécrète moins d’insuline pour que la glycémie se maintienne au lieu de chuter. La sensation de faim est ainsi réduite.

Puis vient la phase de « maintien de l’équilibre pondéral » qui consiste à gérer les écarts en surveillant la résultante glycémique du repas (RG) : associer des glucides à IG très bas pour compenser les glucides à IG élevé au cours du même repas. Cette phase dure toute la vie puisque son but est d’adopter définitivement les bonnes pratiques alimentaires.

L’avis de ConsoSanté

 

Contenu scientifique

Pour Michel Montignac, la distinction entre « sucres lents » et « sucres rapides » ne correspond à aucune réalité physiologique. L’index glycémique est le seul critère fiable pour classer les aliments sur le plan métabolique. « L’index glycémique indique la capacité d’un glucide à élever la glycémie du sang par rapport à un standard qui est celui du glucose. », et non pas la vitesse d’absorption d’un glucide, comme on le croit souvent.

Le classement des IG se fait en 4 groupes : très bas, bas, élevé et très élevé.

Les « bons » glucides sont donc ceux qui présentent un index glycémique bas : ils ne font pas grimper exagérément la glycémie et le taux d’insuline sanguin après leur ingestion.

Les « bons » lipides sont ceux qui sont favorables au cœur et aux cellules : les huiles végétales (olive, colza en particulier) et les huiles de poisson (riches en oméga-3). Bizarrement, Montignac préconise aussi l’huile de tournesol parce qu’elle fait baisser le mauvais cholestérol. Rappelons que l’huile de tournesol a un très mauvais ratio oméga-6 et oméga-3 (120/1) et qu’elle creuse le fossé entre oméga-6 et oméga-3 qui est déjà assez grand dans notre alimentation.

A l'origine la méthode Montignac reposait sur un autre principe de base : pour maigrir, il fallait éviter de mélanger certains aliments entre eux car ils sont incompatibles. C’est le cas du duo glucides – lipides. Le régime Montignac était donc aussi un régime dissocié. Cet aspect du régime est très atténué dans cette dernière parution.

Etudes cliniques

Selon Montignac, « les fondements [de la méthode] ont été scientifiquement validés et (…) tous les travaux publiés ces dernières années n’ont fait que confirmer les hypothèses de départ. » Il ajoute : « L’étude canadienne du Pr Dumesnil publiée dans le British Journal of Nutrition (en novembre 2001) montre que les triglycérides diminuent de 35% après six jours de pratique de la méthode Montignac. »

Cependant, à l’exception de cette étude, il n’existe aucune recherche expérimentale référencée dans la littérature scientifique sur la méthode Montignac à proprement parler. On a remarqué aussi que les personnes suivant le régime Montignac réduisent leur apport calorique quotidien. L’amaigrissement pourrait donc tout aussi bien résulter de cette diminution calorique.

Malgré tout, de nombreuses études scientifiques soutiennent les recommandations actuelles de Michel Montignac qui portent sur l'index glycémique : plusieurs études américaines confirment qu'un régime à IG bas ou modéré peut aider à perdre du poids, et que ce type de régime est plus efficace à long terme qu'un régime pauvre en graisses. (1) Quant à la dissociation des aliments glucidiques et lipidiques, qui colorait la méthode Montignac originale, elle reste une curiosité que la science n'a toujours pas validée.

La recherche sur l’index glycémique (IG) a beaucoup évolué depuis la création du régime Montignac. Les chercheurs dans ce domaine estiment aujourd’hui que le choix de glucides à index glycémique bas est un déterminant important de la perte de poids. De ce point de vue, le régime Montignac moderne est en phase avec les connaissances récentes.

En conclusion

Le livre est clair et agréable à manier, avec de belles illustrations et un côté très pratique : table des index glycémiques, recettes... A la fin de chaque chapitre, une double-page résume les points importants à retenir.

Montignac redresse les idées reçues et explique les malentendus des régimes minceur pour mettre en place une méthode équilibrée, et relativement simple à suivre. Il prévient aussi les raisonnements erronés : « certains aliments apparemment sains peuvent avoir un redoutable index glycémique », comme par exemple, les biscuits de régime, les céréales industrielles et autres « gadgets » alimentaires.

Par contre, la dissociation glucides – lipides ne semble pas justifiée sur le plan scientifique : elle repose sur le fait que l’organisme met quelques heures à digérer les aliments ingérés. Or, selon les experts, les aliments restent entre une demi-heure et 3 heures dans l’estomac, puis environ 4 heures dans la circulation sanguine. Il n’y a donc aucun fondement biologique derrière ce principe de dissociation. D'ailleurs, Montignac n'y fait plus vraiment référence aujourd'hui.

(1) McMillan-Price J, Brand-Miller J. Low-glycaemic index diets and body weight regulation. Int J Obes (Lond). 2006 Dec;30 Suppl 3:S40-6.

 

Le livre

Maigrir sans régime avec la méthode M.B.O. Manger Bouger Oublier les régimes

Flammarion, février 2006, 238 pages, 16 euros

L’auteur

Martine Balandraux-Olivet est nutritionniste et épidémiologiste. Elle est responsable d’un service de traitement de l’obésité à l’hôpital de Lausanne.

Objectif

Mangez, bougez et oubliez les régimes ! En changeant vos habitudes alimentaires et votre activité physique, le Dr Balandraux-Olivet vous propose de modifier votre silhouette et de vous sentir mieux dans votre peau tout en améliorant votre santé définitivement et ce, sans régime ni médicament. Qui plus est dès huit semaines de programme. Ambitieux.

Dans un premier temps, l’auteur vous propose d'évaluer votre alimentation, grâce à un semainier afin d’« identifiez vos erreurs et de les corriger ». Dans un second temps, vous commencez à modifier votre alimentation et vous augmentez peu à peu votre activité physique en l'adaptant à votre vie quotidienne.

Méthode proposée

Le programme du Dr Balandraux-Olivet se déroule sur 8 semaines. Deux mois pour revoir votre alimentation progressivement et augmenter de même votre activité physique. Première semaine : définissez vos objectifs et faites le bilan de votre alimentation. Deuxième semaine : commencez à corriger votre alimentation. Troisième semaine : penchez-vous sur votre activité physique. Quatrième semaine : évaluation diagnostic de votre activité physique. Cinquième semaine : apprenez à composer votre assiette idéale. Sixième semaine : l’heure du premier bilan. Septième semaine : intéressez-vous aux acides gras. Huitième semaine : les derniers conseils pour conserver une alimentation équilibrée.

L’avis de ConsoSanté

 

Contenu scientifique

Dès le début du programme l’accent est mis sur l’importance des fruits et légumes dans l’alimentation. Point fort : la pyramide alimentaire proposée par le Dr Balandraux-Olivet – comme celle de LaNutrition.fr – met à sa base les fruits et légumes et non pas les céréales comme le propose le PNNS. Elle met en valeur leur contenu en vitamine C, phénols, polyphénols, caroténoïdes. Et le rôle prépondérant des fruits et légumes dans l’équilibre acide-base et dans la prévention de l’ostéoporose. Un plus : le tableau des aliments acidifiants et basifiants.

Autre point fort : le choix des glucides en fonction de leur index glycémique et un tableau qui vous permet de choisir des glucides à IG bas.

De nombreux composés comme les polyphénols du chocolat ou le resvératrol sont également présentés à la lumière des dernières études scientifiques.

Le livre met également en avant certains produits trop souvent boudés par les méthodes de régime draconien comme les légumineuses et les poissons gras qui sont l’occasion pour l’auteur d’insister sur l’intérêt des oméga-3. A l’heure du premier bilan au terme de 6 semaines de rééquilibrage alimentaire le Dr Balandraux Olivet ne vous promet pas monts et merveilles en terme de silhouette mais bel et bien un meilleur bien-être, pour peu que vous ayez respecté les modifications nécessaires à apporter à votre alimentation et que vous ayiez une activité physique minimum.

En résumé, le Dr Balandraux-Olivet rappelle les bonnes résolutions alimentaires à prendre :

- Des fruits et légumes en abondance je mangerai

- Dès le matin je me nourrirai

- Les bonnes graisses je choisirai

- Ma glycémie je stabiliserai

- Mon équilibre acido-basique je chouchouterai

Pour la plupart, des recommandations que nous mettons régulièrement en avant à LaNutrition.fr.

En conclusion

Le maître mot de ce programme : bon sens. Pas de folle promesse de passer d’un IMC de 30 à la silhouette d’un top-modèle en quelques semaines. Pas de restriction drastique. Pas d’aberrations nutritionnelles.

Plus qu’un régime minceur ce programme est un guide vers une alimentation saine pour être en bonne santé et – accessoirement – perdre vos kilos en trop.

Certes, le bilan de votre alimentation au cours de la première semaine est plutôt contraignant. Vous aurez à noter tout ce que vous mangez et buvez au cours de chaque jour de la semaine. Mais ceci vous permettra ensuite de comparer vos menus à la pyramide alimentaire et de mieux vous rendre compte des modifications à apporter à votre alimentation.

Les conseils du Dr Balandraux-Olivet rejoignent souvent les préconisations que nous faisons à LaNutrition.fr. Ce livre nous semble donc de bon conseil pour retrouver une alimentation saine et arriver – petit à petit – au poids de forme qui va avec.

 

Le livre

Indice glycémique, votre dernier régime !

Dr Claude Allard, Hachette pratique, 336 pages, 14,90 €

L’auteur

Le Dr Claude Allard est médecin consultant en nutrition. Issu d’une famille avec tendance à l’embonpoint, il décide de mettre au point, pour ses proches et lui-même, un régime suffisamment intelligent pour maigrir sans trop de contraintes mais surtout stabiliser son poids.

Objectif

« Mangez mieux, soyez mince » voilà comment on peut résumer le régime IG tel qu’il est présenté par le Dr Allard.

Méthode proposée

Le régime IG est, comme son nom l’indique, basé sur l’indice glycémique des aliments. Il s’agit de choisir parmi les aliments riches en glucides, ceux qui font le moins monter le taux de sucre sanguin (glycémie). Sur ce principe, le Dr Allard a conçu un régime comprenant une phase restrictive (interdiction de manger certains aliments pendant le régime proprement dit), une phase de stabilisation et des phases de réintroduction de ces aliments. Comme Michel Montignac, le Dr Allard propose également  de dissocier les graisses et les sucres : c’est-à-dire de ne pas manger ensemble des féculents et certaines viandes (agneau, bœuf, cheval, abats) ou du fromage ou de la charcuterie.

L’avis de ConsoSanté

 

Contenu scientifique

Le Dr Allard a manifestement consulté de bonnes sources scientifiques. Ce qui fait que nombre de ses conseils sont bons à suivre et que ConsoSanté ne renierait pas certaines de ses critiques, notamment sur les limites que rencontre le Programme national de nutrition santé dans la lutte contre l’obésité… Malheureusement, il ne semble pas maîtriser encore suffisamment les nouveaux outils nutritionnels pour en restituer la teneur de la manière la plus adéquate. Ainsi, avant d’expliquer la notion d’indice glycémique (IG), le Dr Allard aborde allègrement les glucides par leur nature « simple » ou « complexe », une classification remise en cause par l’indice glycémique lui-même ! Et il n’invalide pas pour autant cette classification lorsqu’il parle de l’IG. Par ailleurs, il déconseille certains fruits et légumes dont l’IG est élevé, ne tenant absolument pas compte de leur charge glycémique… notion qu’il aborde néanmoins en fin d’ouvrage mais sans préciser comment on peut l’utiliser.

Le principe (et le calcul) de l’IG est exposé de façon minimale : aucun élément expliquant comment cet outil était né, comment il est obtenu. Pas de références aux chercheurs qui l’ont découvert.

Les autres recommandations nutritionnelles du Dr Allard manquent encore plus cruellement de substance scientifique : il conseille les huiles de colza, de pépins de raisin, de noix, d’olive et de tournesol sans introduire de distinction entre ces huiles. Et si sa préférence va aux huiles de colza et d’olive, il n’indique pas que c’est en raison de leur teneur en oméga-3 (pour la première) et en acide oléique (pour la seconde). Il explique évidemment encore moins en quoi les oméga-3 et l’acide oléique sont intéressants pour la santé, notamment cardio-vasculaire.

De même, il n’expose pas pourquoi il préconise de ne pas associer certains aliments entre eux (remarquez qu’il serait bien en peine de le faire…). Bref, c’est « faites ceci et cela » mais pas « pourquoi vous faites bien de faire ceci ou cela ».

Plus inquiétant : le Dr Allard, sans se prononcer clairement en faveur des laitages, est loin d’en restreindre la consommation puisqu’il affirme sans sourciller que « les laitages sont limités à 4 par jour au maximum » (lorsque le Programme national de nutrition santé n’en conseille que trois, un chiffre déjà élevé), à condition d’être pauvres en matières grasses. Or la plupart des laitages, s'ils ont un index glycémique bas ou modéré, ont un index insulinémique élevé, c'est-à-dire qu'ils sollicitent l'insuline à l'excès - précisément ce contre quoi on se protège en suivant un régime à IG bas ou modéré.

Finalement, le Dr Allard n’hésite pas à donner la parole à d’éminents spécialistes du régime. Ainsi cette citation de Karl Lagerfeld (!) : « un régime est le seul jeu où l’on gagne tout en perdant ».

Etudes cliniques

Comme vous pouvez le constater dans le dossier consacré à l’index glycémique sur LaNutrition, ce concept a fait la preuve scientifique de son efficacité dans les régimes amincissants grâce à un certain nombre d’études cliniques de bonne qualité. En revanche, le principe de dissociation des aliments en lui-même n’a pas pu démontrer son efficacité dans la perte de poids. Les études sur ce sujet concluent au fait que les régimes dissociés font maigrir parce qu’ils font moins manger, pas parce que certaines associations alimentaires sont interdites.

En conclusion

 

Le Dr Allard est manifestement animé de bonnes intentions. Son livre obéit à un plan que l’on sent réfléchi. Cependant, sur le fond, l’ensemble reste superficiel et un peu brouillon du fait qu’il ne maîtrise pas vraiment son sujet.

Le Dr Allard semble avoir été fortement influencé par le régime Montignac qu’il a adapté à sa sauce. Cependant, si son éditeur le présente comme le spécialiste français du régime IG, il semble loin de maîtriser suffisamment cet outil nutritionnel pour pouvoir prétendre à ce titre… A choisir un livre sur le régime IG, ConsoSanté ne vous conseillerait donc pas celui-ci.

 

Le livre

Le régime IG

Anne Dufour, Carole Garnier, Leduc.s editions, 2006, 242 pages, 14,90 €

L’auteur

Anne Dufour et Carole Garnier sont journalistes et auteurs de nombreux livres sur la santé et la forme.

Objectif

Garder la ligne ou perdre quelques kilos grâce à une alimentation à index glycémique (IG) bas ou accélérer l’amincissement en perdant au minimum deux kilos par mois avec un programme à IG bas en deux phases.

Méthode proposée

Le régime IG est, comme son nom l’indique, basé sur l’indice glycémique des aliments. Il s’agit de choisir parmi les aliments riches en glucides, ceux qui font le moins monter le taux de sucre sanguin (glycémie).

Sur ce principe, Anne Dufour et Carole Garnier ont conçu un régime en deux étapes : une phase « starter » qui dure de 15 jours à 1 mois et destinée à amorcer une perte de poids rapide et une phase illimitée en durée, moins restrictive sur le plan alimentaire.

L’avis de ConsoSanté

Contenu scientifique

Les auteurs ont manifestement puisé dans de bonnes sources scientifiques. Elles présentent l’IG de manière simple et claire mais leurs propos ne sont malheureusement pas étayés ou référencés. Et le seul schéma explicatif proposé vient directement du site… LaNutrition ! Sans autorisation de reproduction d’ailleurs…

A gauche le schéma de LaNutrition.fr, à droite celui qu'on retrouve dans l'ouvrage d'anne Dufour. Une ressemblance troublante...

Côté conseils nutritionnels, Anne Dufour et Carole Garnier ont semble-t-il puisé à de nombreuses et - il est vrai - bonnes sources…

Etudes cliniques

Comme vous pouvez le constater dans le dossier consacré à l’IG sur LaNutrition, l’index glycémique a fait la preuve scientifique de son efficacité dans les régimes amincissants grâce à un certain nombre d’études cliniques de bonne qualité.

En conclusion

 

Les auteurs ont très bien (trop bien ?) compilé des données fiables. La compilation est d’ailleurs le fort d’Anne Dufour qui a écrit ou co-écrit une vingtaine d’ouvrages en environ deux ans (soit près d’un par mois) sur des sujets santé très différents.

On ne peut pas vous déconseiller ce livre… mais on ne peut pas vous le conseiller non plus !

 

Le livre

Régime Miami

Éditions Solar. Mars 2004. 274 pages. 19,50 euros

L’auteur

Le Dr Arthur Agatston est cardiologue et professeur de médecine à l’université de Miami.

Objectif

Le Dr Agatston a mis au point son propre programme minceur en réponse au régime préconisé par l’association américaine de cardiologie. Ce dernier, trop riche en glucides et trop pauvre en graisses selon lui, ne serait pas tenable sur le long terme. Le but du Dr Agatston avec le régime Miami : aider ses patients en surpoids à adopter définitivement un régime qui leur permette de garder le contrôle de leur poids tout en prévenant ou soignant leurs affections cardiovasculaires.

Méthode proposée

Le Dr Agatston propose un régime en trois phases qui ne fait compter ni les calories ni les portions d’aliments.

La première étape supprime presque totalement les glucides et est destinée à amorcer rapidement la perte de poids en 15 jours. Au cours de la deuxième, dont la durée est laissée à l’appréciation de chacun, les glucides sont réintroduits progressivement et de manière contrôlée. La troisième phase consiste à adopter définitivement les conseils diététiques pour maintenir pendant toute sa vie un poids et un profil lipidique idéaux.

Selon le Dr Agatston, éliminer les mauvais glucides (sucres raffinés entre autres) permet à l’organisme de mieux métaboliser ce qu’il ingère tout en améliorant la résistance à l’insuline, le tout conduisant à une perte de poids.

Son régime fait la distinction entre « bons » et « mauvais » glucides et entre « bonnes » et « mauvaises » graisses.

Le régime Miami fait la promotion des céréales complètes et conseille de manger de grandes quantités de légumes accompagnés de quantités raisonnables d’huiles végétales riches en acides gras insaturés. Par opposition les graisses animales, les aliments raffinés (sucre et farine en particulier) et les viandes riches en graisses sont à consommer avec une grande modération et seulement à partir de la phase 2.

En bonus convaincant, le livre du Dr Agatston est parsemé de témoignages d’adeptes de sa méthode qui ont tous perdu du poids grâce au régime Miami.

 

L’avis de ConsoSanté

 

Etudes scientifiques

N’en déplaise au docteur Agatston le régime Miami est un régime pauvre en glucides. Et comme tout régime de ce type, il est considéré comme efficace à court terme. Cependant, comme le souligne une revue systématique de toutes les études conduites sur les régimes pauvres en glucides entre 1966 et 2003, cette perte de poids est due à un apport calorique plus faible et à une plus grande adhésion des personnes au régime mais pas à la réduction des apports glucidiques. Pour les auteurs de cette étude, « il n’existe pas de preuves suffisantes pour pouvoir émettre des recommandations en faveur ou en défaveur des régimes pauvres en glucides, en particulier pour les personnes de plus de 50 ans, pour une utilisation supérieure à 90 jours et pour des régimes prônant des apports inférieurs ou égaux à 20 g de glucides par jour ».

Deux bons points cependant dans le régime Miami : la distinction entre bonnes graisses et mauvaises graisses et bons sucres et mauvais sucres. Les aliments à IG bas sont effectivement assimilés plus lentement par l’organisme et induisent une sensation de satiété plus longue. Les graisses insaturées sont effectivement les meilleures pour le cœur tandis que les acides gras saturés et trans sont à bannir.

Certains médecins ont cependant relevé des paradoxes dans les préceptes du Dr Agatston, erreurs probablement liées au fait que – de son propre aveu – le Dr Agatston n’est pas nutritionniste.

Exemple des acides gras insaturés : le régime Miami n’insiste pas sur une donnée importante, le rapport oméga-6 / oméga-3. Il ne suffit pas en effet de consommer des huiles végétales riches en acides gras insaturés il faut aussi veiller à les consommer dans les bonnes proportions. Ainsi le rapport oméga-6/oméga-3 doit être inférieur à 4 / 1 et devrait se rapprocher de 2 / 1. D’où la nécessité d’augmenter ses apports en oméga-3 (en mangeant des noix, des poissons gras et en privilégiant un assaisonnement à l’huile de colza) comme le recommande Agatston mais aussi de réduire ses apports en oméga-6 (remplacer l’huile de tournesol par de l’huile d’olive par exemple), ce qu’il omet de signaler.

D’autre part, il propose de manger des frites ou des chips de préférence à des pommes de terre bouillies (à cause de la teneur en graisse qui ralentit l’assimilation des glucides), alors que la friture des aliments conduit à la formation de composés cancérigènes et de produits de glycation avancés.

En conclusion

En résumé, si les conseils concernant l’IG et les oméga-3 proviennent d’études scientifiques fiables, certaines recommandations diététiques ne reposent sur aucune base nutritionnelle solide.

 

Livre

La faim des régimes ou l’alimentation circadienne

Editions Jouvence, collection Trois Fontaine, 2004.160 pages. 14,50 euros.

L’auteur

Gilles Demarque est nutritionniste depuis 15 ans, « médecin conseil pour un laboratoire pharmaceutique, médecin conseil auprès de Tupperware et conférencier dans les salons internationaux ».

Objectif

Perdre jusqu’à 8 kilos par mois, régulièrement et de façon équilibrée.

Méthode proposée

Pour le Dr Demarque, le stockage des graisses n’est pas une simple question d’arithmétique. Contrairement à ce que pouviez croire jusqu’à présent l’équation « plus je mange, plus je grossis, moins je mange plus je maigris » est absolument fausse ! L’auteur de « La faim des régimes » considère d’ailleurs qu’elle est responsable de l’échec des régimes tortionnaires qui étaient proposés jusqu’à présent aux candidats à la perte de poids. Car le tissu adipeux est sous l’influence de multiples facteurs physiologiques, hormonaux, environnementaux, sociaux, psychologiques… dont il faut tenir compte si l’on veut se débarrasser définitivement de ses kilos superflus.

Pour démarrer sur de bonnes bases, le Dr Demarque vous conseille la régularité. Ne sautez jamais un repas surtout celui de midi, mangez du sucre à tous les repas mais jamais entre les repas. N’oubliez pas non plus que si vous mangez moins que vous vous dépensez un jour, le lendemain, en réaction, vous stockerez des graisses. De la même façon, si vous mangez maigre à midi, il vous faudra manger gras le soir. Et puis, laissez la culpabilité et l’anxiété au vestiaire. En cas d’excès, pas de panique ! Il sera toujours possible de rétablir l’équilibre le lendemain.

 

L'avis de ConsoSanté

Contenu scientifique

La première partie du livre de Gilles Demarque explique longuement la physiologie du tissu adipeux, sa modulation par les multiples hormones, l’influence des rythmes alimentaires, la notion de calorie, de bilan, de réserves, de besoins énergétiques, de lipides, etc. On comprend effectivement que le stockage des graisses est loin d’être une simple question d’arithmétique. Malheureusement, l’absence de schémas de synthèse et de repères visuels n’aide pas à saisir quelles applications concrètes on peut tirer de ces explications.

Par la suite, l’auteur, après avoir énuméré tous les facteurs personnels et environnementaux qui mènent au surpoids, donne ses conseils diététiques. Et c’est là que ça se gâte.

Le Dr Demarque a d’abord une vision très confuse des glucides. Parfois appelés « sucres », parfois « amidon », il parle de « sucre à index glycémique bas » pour les légumes peu sucrés et les laitages alors que la notion d’IG -que l’auteur évite d’ailleurs soigneusement d’expliquer !- est surtout utile pour qualifier les aliments riches en glucides (pain, pâtes, légumineuses…).

Ensuite, l’auteur ne distingue pas les céréales, comme le blé et le riz, des légumineuses dont il dit qu’elles « ralentissent la perte de poids lors du régime » et qu’elles « dérèglent l’horloge biologique si leur consommation n’est pas suivie d’un accroissement de l’activité physique ou intellectuelle ».

Même type de confusion concernant les lipides que l’auteur appelle « graisses légères » (sans guillemets !) quand elles sont mono et poly-insaturées et « graisses lourdes » quand elles sont saturées.

Enfin, concernant les modes de cuisson, Gilles Demarque conseille de cuisiner « maigre » et donc de « griller, rôtir, cuire à l’eau, au micro-onde et à la vapeur » plutôt que de frire. Le problème c’est que l’auteur ne fait aucune distinction concernant les bénéfices de chacun de ces modes de cuisson. On sait pourtant aujourd’hui que les grillades génèrent des composés qui favorisent le cancer et le vieillissement, qu’au dessus de 100°C les vitamines se détériorent, que la cuisson à l’eau augmente les pertes en vitamines et en minéraux…

Etudes cliniques

Aucune étude n’est citée par l’auteur dans cet ouvrage. A priori, la méthode du Dr Demarque est basée uniquement sur ses connaissances et son expérience professionnelle.

En conclusion

« La faim des régimes » apporte des informations intéressantes, bien que complexes, concernant la physiologie et le métabolisme des graisses. En revanche, question nutrition, le niveau est faible et les informations confuses. Dommage car ce livre est censé avoir été écrit par un nutritionniste ! Ce n’est donc pas le premier livre que LaNutrition vous conseillera si vous voulez perdre du poids.

 

Le livre

Mincir sur mesure grâce à la chrono-nutrition

Albin Michel, 2005. 378 pages, 17,50 euros.

L’auteur

Le Dr Alain Delabos est médecin de formation. En 1986, il met au point sa méthode de morpho-nutrition et chrono-nutrition. Dix ans plus tard, il crée l’Institut de recherche européen sur la nutrition.

Objectif

« Retrouvez une silhouette harmonieuse, réintégrez dans votre quotidien fromage, pain, steack-frites, chocolat, amandes, noisettes…, recevez vos amis sans les mettre au régime, privilégiez les goûters sucrés, maîtrisez l’hypercholestérolémie et les diabètes de surcharge. » Et avec ça, ce sera tout ? Non, en bonus découvrez aussi les chrono-recettes pour vous aider à suivre votre chrono-régime.

Méthode proposée

Le principe de la chrono-nutrition ? Tout aliment est bénéfique s’il est consommé en fonction de l’horloge biologique du corps. Ses actifs essentiels peuvent alors parvenir jusqu’à leur site d’action cellulaire, alors que le même aliment, pris à un autre moment, s’oriente vers une voie de stockage.

Le Dr Delabos combine cette méthode à la morpho-nutrition pour « visualiser par une figure très simple l’état initial de la silhouette, puis d’apprécier de façon très précise la bonne démarche de chaque sujet dans son suivi ». En d’autres termes vous déterminez votre morphotype : êtes-vous plutôt sablier, Chéops, monastique, Schwarzy ou tronc d’arbre ? Et le Dr Delabos vous dit quoi manger à quel moment pour atteindre la silhouette de vos rêves…

L’avis de ConsoSanté

 

Contenu scientifique

Certes, le Dr Alain Delabos se prévaut de la collaboration d’éminents chercheurs comme le Pr Jean-Robert Rapin. Mais rappelons que le Pr Rapin est un éminent… pharmacologue. Il est d’ailleurs spécialisé dans l’étude de la physiopathologie et des traitements des maladies dégénératives. Cette caution scientifique – fut-elle de qualité – suffit-elle à valider une méthode minceur qui regorge d’inepties ? Exemple. Le rapport entre l’alimentation et la silhouette selon le Dr Delabos : « Trop de légumes donnent trop de hanches et de cuisses, trop de sucre donne trop de seins et de fesses, trop de féculents donnent trop de ventre, beaucoup de viande donne beaucoup de poitrine (point de trop ?), trop de gâteaux donnent du ventre et de la poitrine ». Ouf, des gâteaux à volonté ne vous donneront pas de fesses. Et la viande risque fort de signer la fin des prothèses mammaires ! Plus sérieusement : s'il est vrai que la résistance à l'insuline favorise l'obésité abdominale, quel lien entre légumes et hanches ? Entre viande et poitrine ? Dès lors comment trouver crédible une méthode qui se base sur de tels principes ?

Il y a certainement des éléments intéressants à prendre en compte dans la chrono-nutrition. C’est vrai que de nombreuses sécrétions de notre organisme, notamment les hormones, sont liées à notre rythme biologique. Et pourquoi ne pas imaginer que cela puisse avoir un effet sur le métabolisme des aliments ? Ce ne sont pas ces bases que nous remettons en questions. Le problème c’est que le livre du Dr Delabos est truffé de conseils déconcertants. Comment recommander une méthode qui prône de « ne jamais augmenter la part de végétal dans les plats » alors que les fruits et légumes, déjà souvent consommés en quantité insuffisante, devraient être le pilier de notre alimentation ? Comment recommander une méthode qui vous conseille dans une « journée type » de la viande à chaque déjeuner – jusqu’à 290 grammes de viande rouge – alors que l’on sait désormais qu’une consommation excessive de produits carnés est intimement liée au risque de cancer ? Comment imaginer que l’on puisse perdre du poids et faire baisser le cholestérol avec des consignes comme « charcuterie à volonté le matin » ? Cela nous semble difficile…

Etudes cliniques

Une étude portant sur les effets de la chrono-nutrition a été publiée en 2003 dans la revue Nutrition, Aliment fonctionnels, Aliments Santé (NAFAS). 176 patients désirant perdre du poids se sont adonnés aux principes de la chrono-nutrition pendant 3 mois avec bilan lipidique avant et après. Au menu : petit déjeuner copieux à base de pain, beurre et différents types de fromages, déjeuner avec plat unique riche en viande accompagné de féculents en petite quantité, goûter riche en glucides et en vitamines, un souper léger à base de poisson de mer froide et de fibres. Résultat : une perte moyenne de 2 points d’IMC et une amélioration du profil lipidique. Précisons cependant que l’apport calorique total lors de ce régime était de 1600 calories par jour, ce qui est de l’ordre de la restriction calorique !

En conclusion

Il y a peut-être des pistes intéressantes à creuser dans l’idée de tenir compte de notre rythme biologique pour se nourrir, mais en l’état nous ne vous conseillerions pas de suivre la méthode du Dr Alain Delabos pour perdre du poids. Surtout si vous voulez garder la santé…

 

Livre

Les 4 secrets pour maigrir

Editions Télémaque, édition revue et augmentée. Janvier 2007. 160 pages, 15,50 euros.

L’auteur

Le Dr Jacques Fridman est médecin généraliste. Il enseigne à la faculté de médecine de l’université Paris XII mais nous ne sommes pas parvenus à savoir quelle discipline. Il est spécialisé dans le domaine du surpoids et de l’obésité des enfants aux adultes. Il a écrit « Vaincre l’obésité : enfants, ados » publié chez J.-M. Laffont en 2005 et « Ma méthode pour maigrir sans régime » chez J.-C. Lattès en 2003.

Objectif

Perdre 3 à 4 kg dès le premier mois sans jamais les reprendre.

Méthode proposée

« Pour maigrir… il faut manger ! » Comment ? En respectant les 4 secrets « très faciles à suivre » et « très efficaces » grâce à une « approche physiologique et à l’absence de contraintes » :

- 4 repas par jour espacés de trois heures minimum

- manger à volonté… en gardant un soupçon de faim

- des aliments de bonne qualité

- une bonne organisation

Le principe de ce régime ? « Rétablissez le fonctionnement optimal des glandes digestives pour lutter de l’intérieur contre le fatal stockage des graisses », « remettez vos glandes digestives au travail », « mangez avec vos glandes, ne mangez plus avec vos yeux ». Car pour le Dr Fridman, « si vous êtes trop gros c’est que vos glandes ne travaillent pas de façon optimale, ou très mal, ou pas du tout… ». Les régimes trop restrictifs ne sont pas une solution  car ils « anesthésient » et « anéantissent » les glandes digestives.

L'avis de ConsoSanté

Contenu scientifique

Le Dr Jacques Fridman, c’est un peu le bon sens près de chez vous. Dès l’avant propos, le ton est donné : « La recherche fondamentale dans le domaine du surpoids et de l’obésité est en quelque sorte devenue un champ de bataille réservé aux grands spécialistes ou chercheurs.[…] J’ai donc cherché à raisonner autrement et plus simplement, car en médecine comme dans la nature, les choses simples sont souvent les plus probantes ». Grâce à cette simplicité, l’auteur nous apprend ainsi qu’« un enfant qui naît dans un pays occidental et qui bénéficiera d’une alimentation variée mais riche aura une plus grande propension à devenir obèse qu’un enfant né dans un pays en voie de développement et qui souffrira de carences alimentaires. » Etonnant, non ?

La suite du livre confirme les doutes qui nous assaillent au premier chapitre. Le principal reproche que l’on peut faire à Jacques Fridman, c’est son manque de précision. Celui-ci évoque par exemple des notions aussi fondamentales que les acides aminés essentiels, les protéines végétales ou l’index glycémique sans y apporter une once d’explication. A propos des lipides, l’auteur déclare, « selon moi, et contrairement à une idée reçue, les lipides naturels, tels l’huile d’olive, le lait, le beurre et les fromages ne font pas grossir » s'ils sont bien utilisés c’est-à-dire consommés « à la bonne quantité ». Sauf que le Dr Fridman oublie de nous préciser quelle est cette quantité. Sauf pour le beurre dont il conseille de ne pas dépasser 125 grammes par semaine. D’où sort ce chiffre ? On ne sait pas…

L’auteur se montre parfois contradictoire, notamment concernant les sources de protéines. Il base ses recommandations sur le dicton populaire « le plus gras des poissons est encore plus maigre que la plus maigre des viandes ». Pourtant, il bannit les poissons gras (anguille, anchois, hareng, sardine, maquereau) sous prétexte qu’ils sont « trop gras » et en même temps il autorise de nombreuses viandes sauf le porc et le « mouton gras ». A son avis, les poissons gras sont « réservés aux convalescents qui doivent reprendre des forces et du poids » alors qu’on sait aujourd’hui que les poissons gras sont surtout très riches en oméga-3 dont la plupart d’entre nous manquent cruellement.

Autre aberration nutritionnelle : éviter de manger les légumineuses (petits pois, pois chiche, haricot sec, lentilles, fèves, soja, haricot vert…). Celles-ci seraient  « trop riches en amidon » et devraient être « consommées avec une très grande modération à raison de deux ou trois fois par mois, et à la juste quantité ». Les légumineuses sont pourtant connues comme étant d’excellentes sources de glucides et de protéines qu’il convient de privilégier si l’on désire perdre du poids et rester en bonne santé.

L’auteur propose enfin une hiérarchisation des fruits basée sur leur couleur. Au top, les fruits rouges et jaune. Au bas de l’échelle, les fruits blancs, transparents ou translucides. La caution scientifique de cette classification, c’est l’expérience du Dr Fridman qui explique que « Sur plus de 30 000 séances ou consultations sur la surcharge pondérale, j’ai remarqué que beaucoup de bons résultats dépendaient des pigments qui ‘‘colorent’’ la chair des fruits. » C’est peut être le moment de parler des antioxydants non ?

Etudes cliniques

Comment nous l’avons précisé au début de la fiche, cette méthode est basée sur le raisonnement, le bon sens et l’expérience du Dr Fridman et aucune étude scientifique ne vient étayer ses propos.

En conclusion

Les 4 secrets du Dr Fridman sont-ils efficaces si on veut perdre du poids ? Il faudra tester la méthode pour le savoir. Ce régime permet-il de rester en bonne santé ? A long terme, rien n’est moins sûr. Surtout lorsqu’on tient compte des conseils nutritionnels parfois aberrants que l’auteur préconise dans son ouvrage.

 

 

Le livre

Mars et Vénus au régime

Michel Lafon, 2007, 370 pages, 14,90 €

L’auteur

John Gray est l’auteur du best-seller Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus sorti en 1992. Il se présente lui-même comme un spécialiste des relations homme-femme.

Objectif

« Créer l’alchimie idéale pour rester mince, heureux et amoureux ». Le tout grâce à un programme qui fonctionne chez 90 % des personnes qui l’entreprennent. Rien que ça.

Méthode proposée

John Gray propose un programme minceur complet basé sur le lien entre la biochimie cérébrale (et nos hormones) et la nutrition. En gros, les femmes manquent de sérotonine, le messager chimique de la détente et de la bonne humeur tandis que les hommes souffrent d’une carence en dopamine, le neurotransmetteur de l’énergie et de la motivation. Mais hommes et femmes vont bénéficier d’un même régime destiné à rééquilibrer leur chimie cérébrale. Il tient en trois étapes : 1) démarrer la journée avec un verre d’eau (enrichi en jus de citron, oligo-éléments et jus d’Aloe vera), 2) un volet « exercice physique », 3) Boire un petit déjeuner liquide (dont John Gray vous livre la recette exclusive). Avec ça « vous pouvez perdre entre 1 et 1,5 kilos par semaine » vous promet John Gray. Mais il ne s’arrête pas là. Il donne aussi des conseils pour rééquilibrer votre alimentation et choisir les aliments les plus sains pour votre silhouette. Et surtout, il ne résiste pas à l'envie de s’adonner à sa spécialité : conseiller les hommes et les femmes pour leur permettre d’avoir au quotidien une vie conjugale épanouie permettant de rester mince, heureux et amoureux… comme lui !

L’avis de ConsoSanté

 

Contenu scientifique

Selon la quatrième de couverture et l’introduction du livre, John Gray « a glané pendant plus de 30 ans des informations auprès de spécialistes dans cinq domaines : la neurologie, la nutrition, le sport, les relations amoureuses et la gestion du stress ». Côté nutrition, puisque c’est cet aspect que nous pouvons le mieux juger à ConsoSanté, ses conseils sont plutôt frappés au coin du bon sens… scientifiquement démontré. Tout y est : déséquilibre des acides gras au détriment des oméga-3 et comment y remédier (en revanche ceux qui ne connaissent pas les oméga-3 ne sauront pas ce que c’est en lisant le livre) , importance de l’index glycémique (même si cet outil est à peine présenté), comment conserver un équilibre acide-base… En revanche, son programme minceur pêche à plusieurs niveaux. D’abord, à le lire, il suffirait de prendre le petit déjeuner - liquide -  qu’il faut le matin, c’est le « Breuvage Mars et Vénus », pour bien manger tout le reste de la journée. Le Breuvage garantissant l’équilibre chimique cérébral adéquat pour choisir les aliments sains. Pourquoi pas. Mais aucune étude ne l’a démontré.

De plus, ce ne serait pas ce programme qui permet de perdre du poids si on lit attentivement John Gray. Ce qui permet de mincir de 12 kilos en 37 jours, c’est un autre programme. Celui-ci dure 9 jours : 2 jours de jeûne, 5 jours de régime hypocalorique, 2 jours de jeûne. C’est sûr, lorsqu’on ne mange pas, on perd du poids. Pas besoin d’être scientifique pour le savoir. Alors oui, d’une part, les bénéfices du jeûne sur la santé sont scientifiquement démontrés et d’autre part, il est également prouvé que manger moins fait maigrir. Mais pour combien de temps ? Pour John Gray, tout repose sur les changements à long terme des mauvaises habitudes de vie. Changement facilité par son Breuvage et la prise de suppléments d’acides aminés (les doses et les produits restent secrets… à charge pour nous de les tester dans son centre Mars et Vénus en Californie).

D’autre part, le programme de John Gray n’est pas à la portée de toutes les bourses. En effet, dans le verre d’eau matinal (amélioré) et le Breuvage - petit déjeuner, vous trouverez nombre d’ingrédients à acheter en magasin diététique en faisant attention à leur qualité… et donc pas à votre porte-monnaie. Si vous voulez bénéficier des suppléments d’acides aminés, il faut vous rendre également dans son centre (ce qui pour un Américain vivant en Californie ne doit déjà pas être donné… alors imaginez pour nous pauvres Français). En résumé : rester mince, heureux et amoureux… c’est plus simple lorsqu’on est riche !

Etudes cliniques

Le programme de John Gray associe des concepts qui ont été testés scientifiquement avec plus ou moins de succès. En revanche, sa méthode est trop originale et trop récente pour avoir fait l’objet d’une quelconque étude scientifique.

En conclusion

Il semblerait que John Gray décline à l’envie la recette du succès de son best-seller : des conseils, des avis, des belles maximes. En revanche, peu de d’éléments concrets (notamment au niveau des produits à utiliser), peu de rigueur et de précision dans son travail. Un survol général d’un peu tout en somme.

Le livre de John Gray fourmille de conseils et d’informations intéressants et pour la plupart scientifiquement fondés (même s'ils ne sont absolument pas étayés dans l’ouvrage). En revanche, il reste superficiel et son programme est encore loin d’avoir fait la preuve de son efficacité (ce qui ne l’empêche pas de marcher de manière empirique). Si vous voulez néanmoins tenter l’expérience, un conseil : parlez-en d’abord avec votre médecin et faites-vous suivre régulièrement pendant votre régime Mars et Vénus.

 

 

Le livre

Le code minceur

Editions Solar. 2006. 330 pages. 18,90 euros.

L’auteur

Stephen Lanzalotta est un passionné de la Renaissance et de Léonard De Vinci. D’origine italienne, il est restaurateur.

Ojectif

Le code minceur applique le Nombre d’Or, « principe antique de beauté et d’harmonie », au domaine de l’alimentation, « pour garantir un amincissement durable. » Et ce n’est pas tout : « la valeur universelle du Nombre d’Or préside au décompte des calories nécessaires à l’organisme pour atteindre le poids idéal ».

Méthode proposée

Mangez selon le nombre d’or et devenez d’abord un apprenti puis un compagnon et enfin vous atteignez le titre suprême de Maître. L’apprenti mange 5 fois par jour et évalue scrupuleusement les portions consommées par rapport au nombre d’or. Comme il n’est qu’apprenti le 7e jour il peut manger ce qu’il veut… Le compagnon, lui, fait 6 repas par jour (mais il ne mange pas plus pour autant). Il calcule les calories consommées et mesure les aliments pour obtenir le nombre d’or. Comme il n’est pas encore grand Maître, il a aussi droit à un jour de repos par semaine. Enfin au stade suprême du code minceur on trouve le maître : « Parvenu au terme de son voyage, le héros est en parfaite harmonie avec lui-même ». Mais a-t-il perdu du poids ?

L’avis de ConsoSanté

Contenu scientifique

Avouons-le : on ne voit pas bien ce que le nombre d’or vient faire dans la minceur. Mais si l’on regarde de plus près les conseils alimentaires de Stephen Lanzalotta on se rend compte que son régime peut effectivement être bénéfique. Et pour cause : il ressemble comme un frère au régime méditerranéen. Place importante accordée aux fruits et légumes, au poisson, aux céréales complètes, aux bonnes graisses (encore que le rapport oméga-6/oméga-3 de 5 proposé dans Le code minceur nous semble un peu élevé). Les vertus de ce régime ont été maintes fois démontrées, nul besoin de faire appel à Léonard de Vinci et au Nombre d’or pour créer de la pseudo-nouveauté. Surtout si c’est pour y introduire des erreurs comme en témoigne cette phrase : « les graisses saturées sont les seules à protéger le cœur » !

En conclusion

S’il nous fallait deux mots pour qualifier ce programme minceur cela pourrait être « laborieux et loufoque ». Certes, nous ne renions pas l’ensemble des conseils alimentaires de Stephen Lanzalotta, certains sont même de bon sens. Mais question rigueur scientifique, on est loin du compte. Exemple ? Pour choisir vos aliments, posez-vous la question suivante : « que mangerait Léonard de Vinci à ma place ? ». Encore mieux : pour connaître vos apports recommandés en protéines, lipides et glucides, faites appel au fameux nombre d’or : lipides x Phi = protéines ; protéines x Phi au carré = glucides ; lipides x Phi au cube = glucides. Tous a vos calculatrices ! Autre argument de choc dans le plaidoyer pour les pâtes : « on ne peut donner tort à 30 millions d’Italiens ». Vu comme ça… Un petit dernier pour la route : « De même que le fait de donner au pain un compagnon (lipides ou protéines) accroît son métabolisme, le fait de partager son repas avec autrui augmente celui de l’organisme ». Vous l’ignoriez ?

Ce livre est manifestement celui d’un homme qui aime la bonne cuisine et qui veut faire partager son goût de la tradition culinaire italienne. Mais il n’est sûrement pas celui d’un spécialiste de la nutrition qui pourrait vous aider dans votre quête de la minceur…

 

Le livre

La méthode simple pour perdre du poids

Edition Pocket Evolution. 2006. 250 pages. 6,60 euros.

L’auteur

Allen Carr est l’auteur du best-seller mondial « La méthode simple pour en finir avec la cigarette ». Depuis, il a décliné sa méthode pour contrôler sa consommation d’alcool ou pour prendre l’avion sans peur jusqu’à son dernier opus « La méthode simple pour perdre du poids ». Et il est certain de vous faire maigrir.

Méthode proposée

Elle se résume en une belle phrase : « Vous pouvez manger autant de vos aliments favoris que vous voulez, aussi souvent que vous voulez, et peser exactement le poids que vous voulez, sans faire de régime ou d’exercice particulier, sans aucun gadget particulier, et sans vous sentir privé ou brimé ». Et Allen Carr de rajouter « Vous vous dites probablement que c’est trop beau pour être vrai. » Euh, franchement : oui.

L’avis de ConsoSanté

Contenu scientifique

Hum. Dure mission que de juger le contenu scientifique de ce livre. Si l’on nous tendait un verre vide en nous disant « goûtez et dites-moi si c’est bon », nous ne serions pas moins en peine de répondre. A vrai dire, cette méthode n’a pas grand-chose de scientifique. Une des affirmations les plus rigoureuses du livre est probablement celle qui dit que « nous mangeons pour ne pas mourir de faim ». Pour le reste Mr Carr semble n’avoir jamais entendu parler de protéines, de lipides et de glucides. Alors pour ce qui est de l’IG, des acides gras poly-insaturés et autres « détails », on repassera…

Une chose intéressante tout de même : les considérations de l’auteur sur l’activité physique. « Plus vous vous dépensez, plus vous brûlez d’énergie, ce qui accroît le taux de vos « dépenses », mais l’exercice vous donne aussi faim et soif, ce qui entraîne des « apports » supplémentaires ». La preuve ? « On ne peut pas dire que le paresseux, l’escargot et la tortue se dépensent frénétiquement, et pourtant ces animaux ne pèsent pas un gramme de trop ». Irréfutable…

En conclusion

D’un point de vue strictement nutritionnel, il n’y a qu’un mot pour qualifier la méthode simple pour perdre du poids : bidon. En revanche ceux qui cherchent davantage un accompagnement psychologique y trouveront peut-être leur compte. En effet, ce livre relève plus du « coaching » que de la méthode minceur… En d’autres termes si vos problèmes de poids sont liés à vos difficultés à mettre en œuvre la « pensée positive », pourquoi pas investir dans l’ouvrage d’Allen Carr. Mais si vous cherchez des vrais conseils nutritionnels pour perdre du poids et rester en bonne santé, oubliez. Ce livre ne nous semble définitivement pas celui d’un scientifique, mais bel et bien l’œuvre d’un redoutable businessman.

 

Mars 2007

La sélection

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