Le sommeil, comment ça marche ?

Par Lanutrition.fr Publié le 28/03/2012 Mis à jour le 14/04/2017
L'essentiel
Avant de savoir pourquoi vous ne dormez plus ou mal il faut comprendre pourquoi on dort. Le sommeil, comment ça marche ?

Vous avez tout essayé. Les moutons ? Vous avez dépassé votre capacité de comptage. La camomille ? Vous vous êtes levé toute la nuit pour éliminer. Les somnifères ? Vous avez peur de ne plus pouvoir vous en passer. Vous êtes à court d’idées pour retrouver le sommeil ? Et si vous mettiez des chaussettes. Oui, vous avez bien lu. Une équipe de chercheurs de l’université de New York a montré que le fait de garder les pieds et les mains au chaud pouvait faciliter l’endormissement. (1) Peut-être le grand retour de la bouillotte ?

En tout cas cette nouvelle ne devrait pas laisser indifférents les millions de dormeurs qui souffrent de troubles du sommeil. Un Français sur trois est victime d’insomnie. Un sur dix souffre même d’insomnie sévère. (2) Les conséquences sur la santé de ces troubles du sommeils sont loin d’être négligeables et les répercussions sur la santé publique sont importantes : problèmes au travail, difficultés d’apprentissage pour les enfants, accidents de la route… Comment faire pour retrouver un sommeil de bébé ? 

Le sommeil, qu’est-ce que c’est ?

Nos fonctions biologiques suivent un rythme d’environ 24 heures. C’est le cycle jour nuit, ou cycle circadien pour les intimes. L’alternance d’états de veille et de sommeil est un des rythmes circadiens. Une nuit normale est ensuite elle-même divisée en cycles de sommeil successifs, 3 à 5 en général.

Chacun des cycles dure environ 1h30 et passe par deux phases de sommeil : lent et paradoxal. Quand vous vous endormez vous plongez dans la phase de sommeil lent. Durant cette période de 60 à 75 minutes, le corps récupère. De nombreuses molécules comme les facteurs de croissance et de défense de l’organisme sont synthétisées. C’est la phase qui permet de récupérer de la fatigue physique. Le cerveau est calme. Puis survient la phase de sommeil paradoxal : le cerveau se met à fonctionner comme en plein éveil tandis que le corps a un tonus musculaire quasi nul. Cette phase qui va durer une quinzaine de minutes est celle pendant laquelle vous rêvez. C’est aussi le sommeil qui vous permet de mémoriser, apprendre et récupérer psychiquement. Avant d’entamer un nouveau cycle de sommeil, on passe par une phase de court éveil qui reste souvent inconsciente.

Le sommeil, comment ça marche ?

Lorsque notre cerveau est éveillé, le cortex cérébral est stimulé par des neurotransmetteurs (lire l’article Les 6 super neurotransmetteurs de votre cerveau). Sérotonine, acétylcholine, noradrénaline, glutamate et histamine sont émis par des réseaux de neurones.

Ces réseaux sont eux-mêmes excités par des stimulations externes : sport, bruit, café... ou internes : stress, réflexion…

Pour que le cerveau s’endorme, il faut d’une part que ces stimulations cessent et d’autre part que ce fameux réseau de neurones émetteurs des neurotransmetteurs se mette en veille. C’est là qu’entrent en jeu des neurones particuliers qualifiés de « pacemakers » qui imposent un rythme plus lent à leurs congénères : ces derniers se désactivent progressivement et cessent d’émettre les neurotransmetteurs excitateurs. Parallèlement, l’hypothalamus postérieure inonde le cerveau de GABA (acide gamma-aminobutyrique), un neurotransmetteur qui inhibe les neurones. Résultat : en l’absence de stimulations internes ou externes, le cerveau s’endort.

Les neurotransmetteurs et le sommeil
  • La sérotonine
    L’accumulation de la sérotonine dans certaines régions du cerveau lorsque vous êtes éveillé contribue à l’arrivée du sommeil mais influence également l’humeur. La dépression ou l’anxiété peuvent ainsi provoquer des troubles du sommeil. Les individus avec des niveaux de sérotonine bas ont aussi tendance à passer moins de temps en sommeil lent durant la nuit. La sérotonine joue aussi un rôle important dans le sommeil parce qu’elle sert à fabriquer la mélatonine. (lire paragraphe mélatonine)
  • La noradrénaline
    Ce neurotransmetteur contribue à maintenir l’éveil. Les neurones à noradrénaline favorisent la vigilance et jouent un rôle important dans les réactions au stress
  • Le glutamate
    Les neurones qui utilisent le glutamate comme neurotransmetteur sont très actifs durant l’éveil et silencieux pendant le sommeil lent. Certains se réveillent cependant de nouveau durant le sommeil paradoxal pour activer les neurones qui contrôlent nos mouvements, nous empêchant ainsi de bouger en dormant.
  • L’histamine
    Certains neurones à histamine sont actifs dès le réveil, mais sont complètement silencieux durant le sommeil paradoxal. Ces neurones envoient leurs projections sur l'ensemble du cerveau et notamment sur les autres neurones de l'éveil qu’ils contribuent à activer. Les antihistaminiques que l’on prend contre les manifestations allergiques provoquent d’ailleurs une certaine somnolence en diminuant l’activité de l’histamine.
  • Le GABA
    C’est un neurotransmetteur inhibiteur : il freine la transmission des influx nerveux. Il contribue à l’apparition du sommeil en diminuant l’action des neurones excitateurs. Les somnifères comme les benzodiazépines ou les nouveaux hypnotiques agissent en potentialisant l’action du GABA.


A lire : "Insomnies : 10 astuces naturelles".

(1) Ebben MR, Spielman AJ. The effects of distal limb warming on sleep latency. Int J Behav Med. 2006;13(3):221-8.

(2) D’après le rapport remis jeudi 14 décembre 2006 au ministre de la santé.

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