Vitamine D : 15 chercheurs et LaNutrition dénoncent des apports conseillés insuffisants

Par Lanutrition.fr Publié le 02/05/2007 Mis à jour le 10/03/2017
15 chercheurs auxquels s’associe LaNutrition dénoncent les carences en vitamine D qui touchent la France et les pays développés, et qui sont responsables de fractures, de cancers (en particulier côlon) de maladies auto-immunes, et probablement aussi de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Lire aussi l'article que nous consacrons au scandale de la vitamine D .

Quinze chercheurs, biochimistes, médecins, épidémiologistes, spécialistes de santé publique dénoncent dans un éditorial publié dans l’American Journal of Clinical Nutrition de mars 2007 (le journal scientifique de référence de ce domaine) une situation « frustrante et regrettable » : les carences marquées en vitamine D chez les populations de l’hémisphère Nord. Parmi les signataires figure le Pr Walter Willett, membre du Conseil scientifique de LaNutrition. Ces quinze chercheurs, auxquels s’associe LaNutrition, estiment que le temps est venu que médecins et patients fassent pression sur les agences sanitaires, les ministères et les décideurs politiques, afin que les personnes vivant au-dessus du 42ème parallèle (latitude des Pyrénées) profitent des bienfaits de la vitamine D sur la santé.

L’éditorial s’inspire d’une étude parue dans le même journal dont les résultats montrent que les Britanniques souffrent « d’une carence alarmante » en vitamine D. Selon l’étude, 60 % des 7 400 personnes suivies présentaient en moyenne annuelle une concentration sanguine en vitamine D inférieure à 75 nmol/l, qui est le seuil en-deçà duquel on peut parler de déficit. En automne et en hiver, neuf Britanniques sur dix auraient moins de 75 nmol/L.

A ce niveau de concentration, on voit augmenter les risques de fractures, de cancers (en particulier côlon) de maladies auto-immunes comme le diabète de type 1, et probablement aussi de diabète de type 2.

Les signataires accusent les autorités sanitaires et les pouvoirs publics de négliger cette situation, alors que les études concluant à l’insuffisance d’apports s’accumulent depuis des années.  

En France, les déficits en vitamine D concerneraient en hiver 75 % des citadins. Une étude conduite par des chercheurs de l’université de Liège a conclu que 80% des femmes européennes ménopausées n’ont pas assez de vitamine D.

« En tant que scientifiques, écrivent les 15 chercheurs, le but de notre travail est d’améliorer la santé du public. Nous savons ce que sont les concentrations de vitamine D active dans le sérum des populations du globe, et nous sommes parvenus à la conclusion que la santé publique bénéficiera d’un meilleur statut en vitamine D. Nous savons combien de vitamine D il faut consommer pour porter les concentrations de vitamine active au niveau désiré. Alors pourquoi la science n’a-t-elle aucun impact sur la santé publique ? L’une des raisons est qu’il y n’y a pas assez de pression du public sur les responsables de la santé pour les obliger à mettre à jour les recommandations nutritionnelles. »

Les chercheurs estiment que les besoins en vitamine D sont proches de 1000 UI par jour. Or en France, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) estime en dépit du bon sens qu’il suffit à un adulte de 200 UI pour rester en bonne santé (400 à 600 UI/j pour les personnes âgées). Les autorités sanitaires ont d’ailleurs fixé la dose de sécurité pour la vitamine D à 1 000 UI/j. Un niveau dénoncé par les signataires qui soulignent que l’on peut tolérer sans risque, jusqu’à 10 000 UI par jour.

LaNutrition consacre un grand dossier à la vitamine D et vous encourage dès à présent à écrire au directeur général de la santé Mr Didier Houssin (didier.houssin@sante.gouv.fr) et à la directrice de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, Mme Pascale Briand (p.briand@afssa.fr) pour demander de toute urgence une révision des apports conseillés. N'hésitez pas à nous faire parvenir vos mails à l'adresse contact@lanutrition.fr

Vieth R. The urgent need to recommend an intake of vitamin D that is effective. American Journal of Clinical Nutrition 2007, 85(3) : 649-50.

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