Freiner le vieillissement avec le nouveau livre de Pierre Boutron

Par Lanutrition.fr Publié le 26/02/2007 Mis à jour le 21/11/2017
Arrêtons de vieillir, le premier ouvrage de ThierrySouccar Editions, est une "somme"."Mais une somme pas assommante du tout qui fourmille d'informations inédites, indispensables pour celles et ceux qui veulent faire reculer les effets du vieillissement" (Dr Dalle, Président de l'association française d'Anti-Aging). Pierre Boutron, chercheur au CNRS, explique à La Nutrition comment on peut dès aujourd'hui allonger la vie.

Arrêtons de vieillir… est-ce ce que vous souhaitez ?

J’ai toujours été préoccupé par l’idée de comment faire pour vieillir moins vite mais surtout pour ne pas mourir. J’ai souhaité cela depuis le moment où, enfant, j’ai appris que tout le monde mourrait. Cela m’a toujours paru évident que ce serait mieux de ne pas vieillir. C’est assez bizarre, parce que je vois qu’autour de moi, il y a pas mal de gens qui trouvent normal de vieillir et de mourir un jour parce que c’est l’ordre naturel et cela ne les préoccupe pas trop. Mais moi, je fais partie des gens que cela rebute.


Votre travail au CNRS vous prédisposait-il à écrire un ouvrage sur le vieillissement ?

Si j’ai fait de la cryobiologie, c’est toujours, entre autres, à cause de cette recherche : comment faire pour ne jamais mourir. Je savais qu’il y avait les cryonics qui congelaient des gens par des méthodes qui d’ailleurs ne marchent pas. L’idée que peut-être un jour on pourrait faire un voyage dans le temps pour attendre le jour où la science nous permettrait de ne plus vieillir et même peut-être de rajeunir et d’être potentiellement immortels, cela m’avait plu. Mais pour Arrêtons de vieillir, j’ai surtout effectué un important travail de recherche bibliographique en passant en revue sur Medline toutes les études parlant du vieillissement et des moyens de lutter contre.


Peut-on dès aujourd’hui freiner le vieillissement et allonger la vie ?

Oui. Il semble bien que l’on puisse prolonger la vie, un petit peu, grâce à des antioxydants, à des substances anti-glycation… On a observé ainsi que l’on peut prolonger la vie de souris, de rats, de vers nématodes Caenorhabditis elegans, de drosophiles. D’autre part, on a pu, dans les cas où les expériences ont été faites, augmenter le nombre de doublements de cellules humaines en culture. Ces expériences suggèrent qu’on peut déjà rallonger quelque peu notre durée de vie. On a aussi observé qu’en modifiant les gènes ou en retenant des mutants spontanés génétiques, on peut rallonger leur vie d’une façon assez considérable. On a pu ainsi tripler la durée de vie de vers Caenorhabditis elegans. Cependant, nous, humains, ne pouvons espérer des antioxydants et des produits anti-glycation que de petits allongements de vie. Mais nous pouvons espérer des progrès plus importants dans un futur que j’espère le plus proche possible car sinon, bien évidemment, nous ne pourrions pas en profiter.


L’immortalité existe-t-elle déjà aujourd’hui dans la nature ?

Les cellules cancéreuses, comme par exemple les cellules HeLA qui ont été prélevées en 1951 sur une tumeur de l’utérus, continuent de se diviser indéfiniment. Aujourd’hui, au rythme d’une division par semaine, cela fait près de 3 000 divisions. Or, on considère que des cellules humaines qui se sont divisées plus de 150 fois en culture peuvent se diviser indéfiniment. L’immortalité semble donc bien exister. Par ailleurs, il existe dans la nature des espèces dites à vieillissement imperceptible. C’est le cas, par exemple, des séquoias, ces arbres géants qui vivent plus de 4000 ans. Il semble même que, lorsqu’ils meurent, c’est plutôt parce que le sol est épuisé sous leurs racines. Ils pourraient peut-être vivre beaucoup plus longtemps.


Pour l’instant nous ne sommes pas immortels. Que faites-vous donc pour freiner le vieillissement ?

Le seul moyen de lutter contre le vieillissement aujourd’hui c’est de prendre des produits anti-âge. J’ai montré dans mon livre que l’on peut prendre des doses de produits qui sont supérieures à ce que l’on peut trouver dans l’alimentation. Par précaution, je prends des anti-âges à des doses légèrement inférieures à celles ayant montré leur efficacité contre le vieillissement. Je fais cela à mes risques et périls, sachant toutefois que, si on ne fait rien, on est sûr de vieillir et de mourir. Donc cela vaut le coup de prendre des risques et de prendre quelques anti-âges. Les risques sont toutefois assez minimes puisque d’après la littérature, les effets secondaires sont assez réduits.


Quels produits prenez-vous ?

Je prends des anti-âges tous les jours selon un programme et des doses que je détaille dans le livre. Il est possible d’espérer dépasser un peu les limites naturelles, c’est-à-dire de vivre plus longtemps que Jeanne Calment. L’expérience dira si c’est possible en optimisant des doses d’antioxydants et d’anti-glycations qui, sans être trop élevées pour autant, sont plus efficaces que tous les régimes possibles.


Une supplémentation est-elle indispensable selon vous?

Indispensable, si on n’a pas envie de dépasser ses limites naturelles, cela ne l’est pas. Mais, à mon avis, pour avoir le plus de chances possibles de vivre le plus longtemps possible et en bonne santé, bien sûr, ça l’est. Dans la mesure où ces produits font en sorte que l’on vieillisse moins vite, évidemment ils font aussi que l’on vit plus longtemps et que l’on reste plus longtemps en bonne santé. Aujourd’hui, on ne s’attaque plus seulement aux conséquences du vieillissement mais au vieillissement lui-même au niveau moléculaire. Donc, on s’attaque aux racines du mal et non pas seulement à ses conséquences. Ou du moins, je l’espère.

 

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