Une salade sur cinq contient des pesticides

Par Lanutrition.fr Publié le 11/09/2008 Mis à jour le 10/03/2017
Entretien avec Gérard Péruilhé, porte-parole de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes.

Pourquoi les salades d'hiver contiennent-elles plus souvent que d'autres légumes des excès de résidus de pesticide ou de brome ?

Parce qu’elles sont produites dans un milieu fermé (serre) ou se mêlent chaleur et humidité. Il se crée ainsi une atmosphère propice au développement de maladies causées par des champignons. Certaines salades d’hiver, comme les laitues, y sont plus sensibles que d’autres variétés lorsque les températures sont anormalement élevées. Elles sont donc plus traitées.

Pourquoi, malgré des cahiers des charges relativement contraignants pour les agriculteurs, une salade sur cinq est "non conforme" ?

Les producteurs qui réalisent ce type de culture sont sensibilisés aux exigences de qualité, notamment en matière de traçabilité des produits et les appliquent scrupuleusement. Il peut arriver cependant que cette culture soit le fait de producteurs occasionnels qui ne maitrisent pas toujours bien leur culture, notamment en ce qui concerne les conditions d’homologation des produits phytosanitaires (doses, délais de rémanence…)

En 2004, 23,9% des salades étaient non conformes contre seulement 19,82% en 2007. Comment expliquer cette évolution positive ?

Attention, les données ne sont pas entièrement comparables ! Les produits et les pesticides évalués varient d’une année à l’autre. Les aléas climatiques doivent également être pris en compte car ils influent sur les modes de production. Enfin, la comparaison est difficile au regard des modifications de LMR intervenues entre 1999 et 2008 et de l’évolution des techniques utilisées par les laboratoires. Cependant, l’amélioration observée entre 2004 et 2007 est certainement liée à une plus grande implication des professionnels quant à la qualité des produits mais également aux démarches entreprises par l’interprofession, notamment en ce qui concerne les conseils aux producteurs et l’accroissement du nombre d’analyses.

Que risquent les producteurs de salade "non conformes" ?

En cas de non-conformités, une enquête est réalisée afin d’identifier tous les intervenants successifs de la filière. Lorsque l’analyse met en évidence la présence d’un produit non homologué pour le produit traité, il est alors possible de poursuivre l’opérateur concerné sur la base du délit de falsification.

Propos recueillis par Véronique Molénat

LMR:
Les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides correspondent aux quantités maximales attendues, établies à partir des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l’autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire. Il y a une LMR pour chaque fruit, légume ou céréale et chaque pesticide.

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