Les effets du sport sur l'organisme ne seraient pas les mêmes en fonction de l'heure à laquelle on le pratique. S'entraîner en accord avec son horloge biologique personnelle amplifierait les bénéfices de l'exercice.
Tenir plus longtemps, se sentir plus fort... Et si la solution était aussi simple que de lâcher quelques jurons ?
L’idée peut sembler farfelue, pourtant une étude britannique démontre que jurer améliore réellement la performance physique. Lors d’une expérience sur 192 participants, des volontaires devaient répéter soit un juron, soit un mot neutre toutes les deux secondes, pendant qu’ils faisaient des pompes sur une chaise (1). Ceux qui ont juré ont tenu plus longtemps et déclaré ressentir une meilleure concentration, plus de confiance et un état de flow accru – un état psychologique qui aide à dépasser ses limites.
« Dans de nombreuses situations, les gens s'empêchent, consciemment ou inconsciemment, d’utiliser toute leur force », explique dans un communiqué (2) Richard Stephens, auteur de l'étude et docteur à l’université de Keele au Royaume-Uni. « Jurer est un moyen facile de se sentir concentré, confiant et moins distrait, et de « se lancer » un peu plus. »
Ce n’est pas la première fois que la science s’intéresse aux vertus des jurons. Des recherches précédentes ont montré que lorsque les gens jurent, ils obtiennent de meilleurs résultats dans des défis physiques, par exemple ils peuvent garder plus longtemps leur main dans de l’eau glacée. Selon les chercheurs, ces bénéfices proviennent d’une désinhibition qui aide à se libérer d’une forme d’auto-censure.
« En jurant, nous nous libérons des contraintes sociales et nous nous permettons de nous dépasser dans différentes situations, explique Richard Stephens. Jurer est littéralement un outil neutre en calories, sans drogue, peu coûteux et facilement accessible dont nous disposons lorsque nous avons besoin d’un coup de pouce pour améliorer nos performances. »
Au-delà des jurons, c'est tout notre dialogue intérieur qui influence nos performances. Les mots que nous nous adressons pendant l'effort ne sont pas anodins et peuvent nous aider à résister. Dans son livre La science de l’endurance (tome 2 - spécial compétition), le Dr Fabrice Kuhn décrit les atouts de cet auto-dialogue pour maintenir sa motivation tout au long d’une course. « Durant un effort, des flots de pensées vous viennent naturellement à l’esprit, explique Fabrice Kuhn. Elles varient en fonction de votre état physique et mental. L’auto-dialogue consiste à orienter consciemment ces pensées pour se motiver et pour faciliter l’effort. »
Ainsi, une méta-analyse de 32 études montre qu’orienter stratégiquement ses pensées améliore les performances (3). Une étude au marathon de Cologne a identifié une "crise psychologique" (pulsion d'abandon) culminant au 30e km, influençant négativement les performances (4). L’auto-dialogue, avec des phrases pour se motiver, comme"Vas-y", "N'abandonne pas", focalisées sur la récompense comme "Je serai fier", ou encore relaxantes comme "Reste calme", permet de limiter cet effet négatif.
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