Cette vitamine vous fait vivre plus longtemps

Par Lanutrition.fr Publié le 29/09/2016 Mis à jour le 10/03/2017
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Des niveaux bas en vitamine D dans le sang sont associés à la mortalité toutes causes confondues. Retour sur trois études d'envergure qui le montrent.

Différentes études d’observation ont montré que des niveaux bas de vitamine D sont associés avec une augmentation de la mortalité. Produite par la peau lorsqu’elle est exposée au soleil, cette vitamine peut aussi être trouvée dans certains aliments : poisson, œufs, aliments enrichis, champignons. Le manque d’exposition au soleil est responsable du déficit en vitamine D d’une large frange de la population mondiale. Or, la vitamine D joue un rôle dans la santé osseuse, immunitaire et des dizaines de processus physiologiques importants.

Consulter notre dossier sur la vitamine D 

Deux fois plus de risque de décès avec un déficit en vitamine D

Dans une communication de la Mayo Clinic au congrès annuel de l’American Society for Bone and Mineral Research (1), Daniel Dudenkov a présenté des travaux réalisés sur plus de 11 000 personnes, qui participaient au Rochester Epidemiology Project, entre 2005 et 2011. La concentration moyenne en vitamine D chez ces personnes était de 30 ng/mL. 643 personnes avaient des niveaux de vitamine D inférieurs à 12 ng/mL, 1605 entre 12 et 19, 8210 entre 20 et 50 et 564 plus de 50. L’âge moyen des participants était de 54 ans et plus des trois quarts étaient des femmes. Au cours du suivi qui a duré 4,8 ans, 723 personnes sont décédées.

Par rapport à la référence, les personnes qui avaient moins de 12 ng/mL de vitamine avaient deux fois plus de risque de décéder ; pour celles dont le taux se situait entre 12 et 20 ng/mL le risque augmentait de 28 %. Mais des taux trop élevés n’étaient pas associés avec une augmentation de la mortalité, contrairement à ce qu’ont montré d’autres études. En effet, dans une étude danoise de 2012 portant sur 247 000 personnes pendant trois ans (2), l’association entre vitamine D et mortalité décrivait une courbe en forme de J inversée. Le risque de mortalité était le plus bas entre 50 et 60 nmol/L. Les personnes qui avaient moins de 10 nmol/L de vitamine D multipliaient par 2,13 leur risque de décès et ceux qui avaient des taux particulièrement élevés (supérieurs à 140 nmol/L) par 1,42.

L’augmentation de la mortalité chez les personnes en déficit de vitamine D pourrait être due aux effets de la vitamine D sur les os car le déficit en vitamine D peut accroître le risque de fractures (or la survie après une facture passé un certain âge est considérablement réduite). La vitamine D permet aussi de maintenir le système cardiovasculaire en bonne santé.

Lire : Le déficit en vitamine D associé au rétrécissement des artères

 

Une vaste étude montre une association entre mortalité et déficit en vitamine D

Des chercheurs de Copenhague (Danemark) ont voulu savoir si le déficit en vitamine D était une cause de mauvaise santé et donc de mortalité (3). Ils ont analysé les données de 95 766 danois qui provenaient de 3 cohortes : Copenhagen City Heart Study, Copenhagen General Population Study et Copenhagen Ischemic Heart Disease Study. Les participants de ces cohortes ont été suivis respectivement 19,1 ans, 5,8 ans et 7,9 ans. Des variants des gènes DHCR7 et CYP2R1 ont été recherchés chez les participants, car ces allèles sont connus pour réduire les taux de vitamine D dans l’organisme. Les niveaux de vitamine D ont été évalués en mesurant la  concentration de 25-hydroxyvitamine D chez 35 334 participants.

Résultats : les participants avec des niveaux de vitamine D génétiquement bas avaient un risque plus élevé de mortalité toutes causes, et de mortalité par cancer, par rapport à ceux qui n’avaient pas de taux de vitamine D génétiquement bas. Mais il n’y avait pas d’association entre des taux de vitamine D génétiquement bas et une augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire.

En revanche, cette étude suggère un rapport de cause à effet entre de basses concentrations en vitamine D et la mortalité toutes causes et celle due au cancer. Ceci semble confirmé par des études chez l’animal qui ont montré que si le récepteur de la vitamine D est inactivé le vieillissement est accéléré et l’espérance de vie réduite.

Une méta-analyse confirme le tout

Alors que les essais cliniques sur la vitamine D donnent parfois des résultats mitigés, et que l'intérêt de la vitamine D est contesté par certains chercheurs, une méta-analyse parue dans BMJ apporte des informations sur de vastes échantillons de population (4). Des chercheurs de différentes universités ont évalué le lien entre la concentration de vitamine D dans le sang et la mortalité. Ils ont sélectionné des études de cohortes (observation) et des essais contrôlés randomisés (intervention) sur ce sujet pour réaliser une méta-analyse comprenant : 73 études de cohorte (849 412 participants) et 22 essais contrôlés randomisés (vitamine D contre placebo ou témoins sans traitement, pour 30 716 participants).

Dans les études d’observation, en comparant le tiers inférieur et le tiers supérieur pour la concentration sanguine en vitamine D, il y avait un risque augmenté de décès chez les personnes avec les taux les plus bas : +35 % par maladie cardiovasculaire, +14 % par cancer, +30 % pour des causes non vasculaires et non cancéreuses et +35 % toutes causes confondues. Dans les essais cliniques randomisés contrôlés (sur des personnes d'âge moyen 56 à 85 ans), la complémentation en vitamine D prise globalement n'a pas entraîné de diminution de la mortalité.

Lire : Combien de vitamine D : controverse sur le niveau optimal

Cependant lorsqu'on fait la distinction entre vitamine D3 et vitamine D2, alors les risques relatifs de mortalité toutes causes étaient diminués de 11 % avec une complémentation en vitamine D3 (10 à 6000 UI/j), soit 14 études retenues et 13637 participants, essentiellement des personnes âgées. Les chercheurs n’ont pas trouvé de bénéfice avec les suppléments de vitamine D2 (208 à 4500 UI/j), et même un risque plus élevé de mortalité avec cette forme de vitamine lorsque les doses sont comprises entre 600 et 2000 UI et la durée de l'intervention est inférieure à un an et demi.

Pour aller plus loin, lire un extrait de Vitamine D, mode d'emploi

Sources

(1) Low Vitamin D Linked with All-Cause Death. American Society for Bone and Mineral Research. Octobre 2016.

(2) Durup D, Jørgensen HL, Christensen J, Schwarz P, Heegaard AM, Lind B. A reverse J-shaped association of all-cause mortality with serum 25-hydroxyvitamin D in general practice: the CopD study . J Clin Endocrinol Metab. 2012 Aug;97(8):2644-52. doi: 10.1210/jc.2012-1176. Epub 2012 May 9.

(3) Chowdhury R ,Kunutsor S ,Vitezova A ,Oliver-Williams C ,Chowdhury S ,Kiefte-de-Jong JC ,et al. Vitamin D and risk of cause specific death: systematic review and meta-analysis of observational cohort and randomised intervention studies. BMJ 2014;348:g1903

(4) Afzal Shoaib, Brøndum-Jacobsen Peter, Bojesen Stig E, Nordestgaard Børge G. Genetically low vitamin D concentrations and increased mortality: mendelian randomisation analysis in three large cohorts BMJ 2014; 349:g6330

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