Fer : attention aux excès

Par Lanutrition.fr Publié le 13/12/2016 Mis à jour le 10/03/2017
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Le fer en excès accroît le risque d’infarctus et de diabète de type 2 chez les hommes.

Le fer est un micronutriment nécessaire à la formation de certaines protéines ou enzymes, comme l’hémoglobine, les cytochromes et péroxydases. Dans l’alimentation, le fer provient de différentes sources : le fer héminique se trouve dans les viandes, charcuteries, abats, coquillages, et le fer non héminique est apporté par les végétaux, certains fruits, les aliments céréaliers ou les œufs. Mais le fer est nocif s’il est en excès dans l’organisme. Illutration.

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L’excès de fer augmente le risque de diabète de type 2 chez les hommes

Une recherche de l’université de Finlande de l’Est s’est intéressée aux associations entre le fer, l’homéostasie du glucose et le diabète de type 2. Les analyses portaient sur différentes études incluant plus de 3000 personnes vivant en Finlande, hommes et femmes âgés de 53 à 73 ans, entre 1998 et 2001.

D’après les résultats, les hommes accumulent plus de fer que les femmes et sont plus à risque : ils ont 61 % de prévalence et 46 % de risque en plus de développer un diabète de type 2 que les femmes. Le fer expliquerait respectivement les deux tiers et le tiers des différences entre les sexes pour la prévalence et l’incidence du diabète de type 2.

Pour Alex Aregbesola, auteur de cette recherche, la fourchette dans laquelle devrait se trouver la concentration de ferritine dans le sang pour limiter le risque de diabète de type 2 chez les hommes se situerait entre 30 et 200 µg/L. L’association entre le fer présent dans l’organisme et les problèmes de métabolisme du glucose était par ailleurs plus forte chez les personnes prédiabétiques.

« Cette étude fournit un nouvel ensemble de preuves montrant qu'un taux de fer légèrement élevé dans l’organisme représente un facteur de risque important de trouble du métabolisme du glucose, ce qui contribue à l'augmentation du risque de diabète de type 2. »

Le fer favorise la libération de radicaux libres qui endommagent la capacité des cellules bêta du pancréas à produire de l’insuline. Il diminue aussi la sensibilité à l’insuline dans les tissus périphériques et les organes impliqués dans le métabolisme du glucose.

Le fer de la viande accroît le risque d’infarctus

Les apports en fer n’ont pas le même effet sur l’organisme selon qu’ils proviennent d’aliments végétaux ou animaux : la consommation de fer héminique, trouvé dans la viande rouge, est liée à une augmentation du risque de maladie coronarienne de 57 %. La maladie coronarienne correspond à l'infarctus du myocarde et à l'angine de poitrine.

Des chercheurs de l’Indiana University School of Public Health-Bloomington ont voulu résumer les données existantes sur l’association entre le fer et le risque de maladie coronarienne. Dans les bases de données internationales, ils ont sélectionné 21 études comprenant 292 454 participants suivis en moyenne pendant 10,2 ans.

Résultats : le fer héminique était associé de manière positive à l’incidence de la maladie coronarienne (+ 57 %). Ni le fer héminique ni le fer total n’étaient significativement associés à la mortalité par maladie coronarienne. D’après les auteurs, l’association entre le fer héminique et le risque de de maladie coronarienne pourrait s'expliquer par sa meilleure biodisponibilité : le fer héminique est absorbé à un taux bien plus élevé que le fer non héminique (37 % contre 5 % en moyenne).

Lire : Le fer végétal serait préférable au fer animal

 

Evitez les compléments de fer quotidiens

L’anémie, qui touche souvent des femmes, est due à un déficit en fer. Sur les 5 à 7 g de fer présents dans notre organisme, plus de la moitié sert au pigment du sang : l’hémoglobine. Contre l’anémie, une complémentation en fer est généralement recommandée. Mais l’organisme a des difficultés à absorber le fer si les doses sont prises quotidiennement.

Dans cette étude, les scientifiques ont étudié 54 femmes qui n’étaient pas anémiées mais dont les réserves en fer étaient faibles. Elles ont pris une dose quotidienne de 40 mg de fer, correspondant à une prescription normale en cas de déficit en fer. Les chercheurs ont suivi la concentration d’une molécule particulière, l’hepcidine, une petite protéine produite par le foie dès que le fer entre dans l’organisme. Libérée dans le sang, elle rejoint l’intestin et contrôle la quantité de fer absorbée par l’organisme.

Les scientifiques ont trouvé que l’hepcidine atteignait son pic de concentration 6 à 8 h après la prise du complément ; même 24 h après la première dose de fer, elle était toujours présente en quantités suffisantes pour réduire l’absorption d’une nouvelle dose. Diego Moretti, principal auteur de cette recherche, donne donc le conseil suivant : « Pour améliorer le pourcentage de fer absorbé, il serait probablement plus efficace d'attendre plus longtemps entre les doses ».

La complémentation en fer est souvent associée à des effets indésirables comme des troubles gastro-intestinaux : nausée, constipation... C’est pourquoi de nombreux patients abandonnent leur traitement.

Voir le Guide des compléments alimentaires (lire un extrait ICI >>)

Sources

Aregbesola, Voutilainen, Virtanen, Mursu, Tuomainen. Gender difference in type 2 diabetes and the role of body iron stores. Annals of Clinical Biochemistry: An international journal of biochemistry and laboratory medicine, 2016; DOI: 10.1177/0004563216646397

Jacob Hunnicutt, Ka He, and Pengcheng Xun. Dietary Iron Intake and Body Iron Stores Are Associated with Risk of Coronary Heart Disease in a Meta-Analysis of Prospective Cohort Studies J. Nutr. 2014 144: 3 359-366; first published online January 8, 2014. doi:10.3945/jn.113.185124

Moretti D, Goede JS, Zeder C, Jiskra M, Chatzinakou V, Tjalsma H, Melse-Boonstra A, Brittenham G, Swinkels DW, Zimmermann MB. Oral iron supplements increase hepcidin and decrease iron absorption from daily or twice-daily doses in iron-depleted young women. Blood. 2015 Oct 22;126(17):1981-9. doi: 10.1182/blood-2015-05-642223.

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