Marathon, triathlon, courses d'endurance : bon ou dangereux pour le coeur ?

Par Lanutrition.fr Publié le 21/03/2014 Mis à jour le 11/05/2017
Actualité
L’entraînement d’endurance pourrait améliorer le profil cardiovasculaire sans réduire l'athérosclérose. Mais les avis divergent.

Se préparer à un marathon n’endommagerait pas le cœur, contrairement à ce qui a été suggéré lors de certaines études. En revanche, les courses longues peuvent entraîner des risques cardiovasculaires, surtout après 40 ans.

Pratiquer une activité physique régulière apporte de nombreux bénéfices : cela favorise la ligne, la longévité, la santé physique et mentale. Cependant, des travaux récents font une distinction entre la santé de ceux qui pratiquent une activité d'intensité modérée et ceux qui s'entraînent vigoureusement pour participer aux marathons, triathlons, trails et autres. Les premiers y gagneraient, alors que les seconds n'en tireraient pas d'avantage et pourraient même y trouver des risques supplémentaires.

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Des chercheurs de l’hôpital de Hartford (Connecticut) ont comparé des coureurs de marathon avec leurs conjoints sédentaires ; ces derniers étaient censés partager leur mode de vie, mais non leurs pratiques sportives. 42 coureurs qualifiés au marathon de Boston de 2012 dont 50 % de femmes et leurs conjoints ont participé. Les coureurs étaient âgés de 33 à 59 ans (âge moyen : 46 ans) ; leurs partenaires avaient des âges similaires mais étaient bien moins actifs, avec en moyenne moins de deux sessions d’exercice modéré par semaine. Beaucoup ne s’exerçaient pas du tout, la plupart disaient marcher souvent, jardiner ou faire d’autres activités d’intensité modérée. Le jour précédent la course, les scientifiques ont récolté des échantillons sanguins et mesuré différents paramètres physiques (poids, taille, pression artérielle…) des participants et chacun a subi un scanner cardiaque. Ceci a permis d’évaluer l’épaisseur intima-média de la carotide, une mesure de l’athérosclérose qui prédit des événements vasculaires futurs comme l’AVC ou la crise cardiaque.

Résultats : Les coureurs avaient de nombreux facteurs de risque cardiovasculaires réduits, comme moins de triglycérides sanguins (-26%), un rythme cardiaque plus lent, un IMC (indice de masse corporelle) plus bas (-11%) ou une meilleure pression sanguine. Cependant certains coureurs, notamment les plus âgés, avaient des dépôts de plaques dans leurs artères. Par conséquent, l’entraînement n’annulerait pas les mauvaises habitudes de santé (tabagisme, alimentation déséquilibrée) et ne retarderait pas la progression de l’athérosclérose, sans non plus forcément l'aggraver : l’exercice réduirait les événements cardiovasculaires par des mécanismes indépendants de l’athérosclérose. Pour Beth Taylor, auteur de ces travaux, l’étude suggère que l’entraînement pour un marathon ne fait pas de mal au cœur, voire le renforce probablement un peu. 

Cependant, après un marathon, les niveaux des marqueurs de l'inflammation ont tendance à augmenter très fortement. En réaction, le sang devient plus épais, ce qui peut favoriser les caillots. Selon le Dr Arthur J Siegel, (Harvard Medical School), dans de rares cas, ce mécanisme peut précipiter la survenue d'un infarctus. La plupart des vitimes d'infarctus lors de courses de longue distance ont plus de 40 ans. En prévention, le Dr Siegel préconise la prise d'une dose modérée d'aspirine pour fluidifier le sang dans les jours précédant une épreuve.

Lire : Le sport, un médicament miracle ?

L'analyse de LaNutrition.fr. Les études publiées à ce jour, comme souvent, sont contrastées. Une étude d'observation de 2012 qui a duré 15 ans et suivi 52000 adultes, a trouvé que les joggers réguliers avaient une mortalité totale réduite de 19% par rapport aux sédentaires, avec une courbe en U pour ce qui est de la distance parcourue, la vitesse et la fréquence. Cela suggère qu'il y aurait un niveau optimal d'intensité de l'exercice et qu'en-deçà (sédentaires) et au-delà (triathlètes ou marathoniens) les bénéfices seraient perdus. Dans cette étude, le niveau optimal consisterait à courir 1,5 à 30 km par semaine, à la vitesse de 9,5 à 11,5 km/h, en courant deux à cinq fois par semaine. Par ailleurs, dans une étude  de 2011 sur 60 hommes ayant des antécédents cardiovasculaires, on a demandé aux participants de s'astreindre à des sessions de jogging de 30 ou 60 minutes. Les séances de 30 mn ont conduit à moins de stress oxydant et une amélioration de l'élasticité artérielle, alors que les séances de 60 minutes ont aggravé le stress oxydant et augmenté la rigidité des artères, surtout chez les patients plus âgés. Il est possible que l'entraînement intense soit relativement anodin chez les personnes jeunes mais à pratiquer avec prudence quand on s'avance en âge. Après 40 ans, il est conseillé de faire un bilan cardiovasculaire régulier, et consulter son médecin pour une prescription d'aspirine à dose faible à modérée avant une course de longue distance.

Lire aussi : Nutrition de l'endurance, des Dr Kuhn et Daniel, La meilleure façon de courir, de Christophe Carrio, Reprendre le sport, de Patrick Seners.

Source

Beth A Taylor, Amanda L Zaleski, Jeffrey A Capizzi, Kevin D Ballard, Christopher Troyanos, Aaron L Baggish, Pierre A D'Hemecourt, Marcin R Dada, Paul D Thompson. Influence of chronic exercise on carotid atherosclerosis in marathon runners. BMJ Open 2014;4:2 e004498 doi:10.1136/bmjopen-2013-004498

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