Mélanome : risque plus élevé quand on manque de vitamine D

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 07/01/2015 Mis à jour le 10/03/2017
Les personnes dont le taux de vitamine D est bas ont un risque de mélanome accru, et moins de chances de guérison.

D’après des chercheurs allemands qui publient leurs résultats dans PLOS One, les patients souffrant de mélanome, la forme la plus agressive de cancer de la peau, ont moins de vitamine D dans le sang, et leur pronostic est meilleur si leur taux de vitamine D est élevé.

Lire : Le manque de vitamine D réduirait l'espérance de vie

Les chercheurs ont analysé les concentrations sanguines en vitamine D de 324 patients souffrant de mélanome et de 141 témoins en bonne santé. L’objectif était de savoir si les concentrations de vitamine D dans le sang pouvaient prédire le risque de mélanome, l’épaisseur des tumeurs primaires et la survie.

Résultats : Les concentrations en vitamine D étaient légèrement, mais significativement, plus basses chez les patients (13,6 ng/mL) que chez les témoins (15,6 ng/mL). Dans cette étude, le seuil du déficit en vitamine D a été fixé à 20 ng/mL (50 nmol/L). En utilisant cette définition, il y avait une forte prévalence du déficit en vitamine D à la fois chez les patients souffrant de mélanome (63 %) et chez les témoins en bonne santé (63 %). Ceci est en accord avec d’autres études montrant un déficit en vitamine D dans la population générale européenne.

Lire : Les européens manquent de vitamine D et de magnésium

Les patients qui souffraient d’un déficit en vitamine D avaient des tumeurs primaires significativement plus épaisses que ceux qui n'en manquaient pas : ces tumeurs chez les patients qui avaient moins de 10 ng/mL de vitamine D étaient plus épaisses (valeur médiane : 1,9 mm) que celles des patients qui avaient plus de 20 ng/mL de vitamine D (épaisseur médiane de 1 mm).

Les 25 % de patients ayant le plus faible taux de vitamine D avaient une survie inférieure (80 mois) par rapport aux 25 % de patients qui avaient le plus de vitamine D (195 mois). Une exposition modérée au soleil semble donc exercer un effet protecteur et permettre un pronostic plus favorable, avec une augmentation de la survie.

Lire : Risque de décès augmenté lorsque l'on manque de vitamine D

Les concentrations en vitamine D des patients qui avaient un mélanome différaient en fonction de l’âge : les jeunes patients avaient des concentrations significativement plus élevées. En effet, la capacité de la peau à produire de la vitamine D diminue avec l’âge. De plus, les patients jeunes avaient des tumeurs primaires plus fines que les patients âgés, ce qui suggère là aussi une association entre le niveau de vitamine D et l’épaisseur de la tumeur.

Il s'agit d'une étude d'observation, qui ne permet pas d'établir un lien de cause à effet.

De manière générale, de faibles niveaux de vitamine D sont associés avec de nombreuses pathologies, dont le cancer colorectal et d’autres cancers.

L'analyse de LaNutrition.fr : Les relations entre soleil et mélanome sont complexes. D'un côté, il y a plus de risque de mélanome chez des personnes qui se sont exposées de façon brève et intense aux UV, et notamment en cas de coups de soleil à répétition dans l’enfance. Mais d'un autre côté, le manque d’exposition au soleil conduit à un déficit en vitamine D puisque la plus grande partie de la vitamine D se forme dans la peau par exposition aux UVB. Or la vitamine D possède des propriétés anticancer, y compris contre le cancer de la peau, comme l'ont montré les premiers les deux chercheurs américains, les frères Frank et Cedric Garland. Dans l'étude d'intervention WHI, la prise de suppléments de vitamine D à des doses modestes (400 UI/j) n'a pas permis de réduire le risque de cancer de la peau (tous types de cancer y compris mélanome) chez les personnes en bonne santé au début de l'étude. En revanche, parmi les personnes ayant eu un cancer de la peau (hors mélanome), celles qui ont pris de la vitamine D ont vu leur risque de mélanome diminuer. La vitamine D a aussi été testée chez des patients ayant eu un mélanome pour diminuer les récidives, mais elle n'a eu que des effets très modestes. LaNutrition.fr conseille de ne manquer de vitamine D, ni en été ni en hiver : supplémentation éventuelle en hiver, exposition brève et régulière aux beaux jours, pour atteindre le seuil de 30 ng/mL (75 nmol/L).

Pour en savoir plus : Vitamine D mode d'emploi, le guide du Dr Brigitte Houssin (lire un extrait ICI  >>)

 

Bade B, Zdebik A, Wagenpfeil S, Gräber S, Geisel J, Vogt T, Reichrath J. Low serum 25-hydroxyvitamin d concentrations are associated with increased risk for melanoma and unfavourable prognosis. PLoS One. 2014 Dec 1;9(12):e112863. doi: 10.1371/journal.pone.0112863.

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