Le stress peut favoriser les maladies cardiovasculaires et même les démences. Mais on peut agir à tout instant.
Gestion du stress, perte de vitalité, relations difficiles... De nombreuses situations de la vie de tous les jours pourraient être apaisées grâce à de simples exercices de respiration. Les conseils du Dr David O'Hare, médecin et auteur du Grand livre des souffles.
Quand notre quotidien se vit à un rythme effréné, avec des sollicitations constantes, notre système nerveux est soumis à rude épreuve. Le souffle est un outil précieux pour améliorer son bien-être. Respirer est un acte naturel qui détient aussi un pouvoir de transformation et de libération, à condition de connaître quelques techniques de respiration, pour apaiser nos tensions, nos émotions et restaurer notre équilibre intérieur.
Que ce soit pour faire face au stress quotidien, surmonter le trac avant une présentation importante, retrouver de l'énergie quand la fatigue nous gagne, ou encore améliorer nos relations avec autrui, des exercices de respiration simples offrent des solutions concrètes et immédiatement applicables.
Les exercices de respiration présentés dans cet article sont tous issus du nouveau livre du Dr David O'Hare, Le grand livre des souffles.
"Le stress, qu’il soit diffus ou soudain, imprègne votre corps, colore vos pensées et influence vos gestes. Il épuise vos réserves, trouble votre souffle, ou pire, déforme votre façon de respirer", explique David O'Hare. En effet, le souffle agit directement sur le système nerveux autonome – ce pilote automatique qui accélère le cœur, tend les muscles et embrouille l’esprit dès que le niveau de stress augmente. Le principe des techniques de respiration anti-stress sera donc :
Prendre la parole en public, c'est toujours une source de stress, même les grands acteurs connaissent le trac !
"Le trac noue le souffle avant le premier mot, dit David O'Hare. L’enjeu : trouver un appui intérieur, transformer la peur en élan, et laisser la voix naître d’une base stable." Lorsque vous avez le trac, par exemple avant une prise de parole en public, vous activez de manière anticipée le système de stress. Le trac mobilise le système nerveux orthosympathique, entraînant respiration rapide et haute, bouche sèche, tension musculaire et accélération cardiaque. "Bien que cette réaction soit utile en situation de danger, elle devient un frein lorsqu’elle bloque la voix et le souffle, explique David O'Hare. L’hypervigilance qui en découle empêche le retour au calme nécessaire pour parler avec aisance, notamment par le blocage du diaphragme et la restriction respiratoire."
Pour lutter contre ce stress, les techniques de respiration doivent donc rétablir un équilibre entre orthosympathique et parasympathique. "Il ne s’agit pas de forcer la parole ni de chasser la peur, mais d’utiliser l’élan du trac comme point d’appui. Le souffle vient du bas, le murmure apaise, la posture soutient : la voix peut jaillir sans lutte, enracinée et présente."
Voici une méthode pour vous aider à lutter contre ce stress et retrouver la bonne respiration.

"L’ancrage du souffle dans le bas-ventre stabilise le corps et libère le diaphragme, facilitant l’émission de la voix", explique David O'Hare.
"L’énergie est une rivière intérieure. Parfois elle coule tranquille, parfois elle s’assèche, parfois encore elle déborde sans que l’on sache pourquoi. Notre souffle est l’un des moyens les plus simples et les plus directs pour rétablir ce courant, dit David O'Hare. Respirer, ce n’est pas seulement apporter de l’oxygène aux cellules : c’est aussi inviter le corps à se relâcher ou à se mobiliser selon ses besoins."
Pour retrouver de l’énergie grâce à une méthode de respiration, il est nécessaire :
"La fatigue est une diminution temporaire ou durable des ressources physiques, mentales ou émotionnelles, dit David O'Hare. Elle peut survenir après un effort prolongé, un manque de sommeil, du stress ou un déséquilibre du système nerveux autonome. Lorsqu’elle s’installe, elle épuise l’élan vital même en l’absence de maladie et interfère avec la capacité naturelle du corps à récupérer, affectant l’humeur, la concentration et le tonus général."
La fatigue chronique s’accompagne souvent d’une activation légère du système nerveux orthosympathique : le corps reste dans un état de vigilance qui empêche le relâchement et nuit au bien-être. "Cette suractivation perturbe le système parasympathique, régulateur du repos et de la récupération, ce qui limite la capacité du corps à se régénérer. Une respiration lente et régulière aide à stimuler le nerf vague, favorisant le passage vers le parasympathique et permettant au corps de se relâcher en profondeur."
Voici une méthode pour lutter contre un coup de fatigue et retrouver un élan d'énergie.
Cet exercice ralentit le souffle à 6 cycles par minute, ce qui stimule le système parasympathique et envoie au corps un signal de récupération. "L’inspiration abdominale active le nerf vague et favorise le relâchement profond. L’image du bercement, enfin, soutient l’apaisement en réactivant un sentiment de sécurité primitive."
Les relations avec notre entourage sont un élément essentiel à notre bien-être. Mais parfois des conflits s'installent. Là aussi, des techniques de respiration peuvent nous aider à retrouver le calme et avoir un effet apaisant. "Il est parfois plus difficile de respirer face aux autres que seul dans le silence. Les mots que l’on n’ose pas dire, les limites que l’on ne sait pas poser, le besoin de plaire, les conflits qui nous agitent, ou la solitude qui serre le cœur sont autant de situations qui coupent le souffle, au sens propre comme au figuré, explique David O'Hare. Respirer consciemment avant de répondre, avant de dire non, avant de dire oui, avant de pleurer ou de sourire, c’est déjà reprendre une part de sa liberté relationnelle."

Les méthodes pour améliorer nos relations aux autres visent donc à :
"Les conflits activent les mêmes circuits que la menace physique, déclenchant le système de stress, les tensions musculaires, l’accélération du cœur et les pensées en boucle", dit David O'Hare. En effet, des relations tendues activent le système nerveux sympathique, préparant le corps à l’attaque ou à la fuite, ce qui entraîne une respiration rapide et haute, et une accélération du rythme cardiaque. "Cette activation chronique empêche le système parasympathique de restaurer le calme intérieur, laissant le corps en vigilance constante." Il faut donc retrouver une respiration lente et régulière pour stimuler le nerf vague. En même temps, l’attention posée sur le souffle crée un espace intérieur où la perception de la menace diminue progressivement.
Voici une dernière application du souffle thérapeutique : comment retrouver le calme face à une situation conflictuelle.
"La respiration douce et régulière stimule le nerf vague ventral, diminue l’hypervigilance et relance l’autorégulation émotionnelle. La visualisation d’un tissu qui se lisse agit sur le système limbique, atténuant la charge émotionnelle et favorisant un retour au calme intérieur, explique David O'Hare. Cette pratique ne résout pas le conflit, mais elle restaure un espace de sécurité intérieure, nécessaire pour accueillir la suite avec discernement."
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