Les idées reçues sur la tomate

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 26/06/2006 Mis à jour le 14/06/2017
Article

Consommée en France depuis moins de 200 ans, la tomate est le premier légume mondial. Chaque Français en mange près de 20 kg par an.La production nationale (855 milles tonnes) n’y suffit pas : en été les tomates viennent de Belgique et de Hollande en hiver du Maroc et d'Espagne. Mais mieux vaut les consommer en saison.

Il ne sert à rien de manger plus de tomates l’été

Faux.

Un équipe allemande conduite par le Dr Wilhelm Stahl a montré que l’on peut réduire de 40 % l’intensité du coup de soleil en avalant chaque jour l’équivalent de 40 g de sauce tomate (soit 16 mg de lycopène) avec de l’huile d’olive pendant 10 semaines. Cependant, une telle protection reste modeste et insuffisante : elle correspond au mieux à un indice de protection de 3. Mais elle a l’avantage de concerner le corps dans sa totalité, alors qu’une crème solaire n’est jamais appliquée sur toute la surface de la peau. « Cette protection est là en permanence, précise Wilhelm Stahl, et nous pensons qu’elle s’additionne aux autres facteurs, qu’il s’agisse des vêtements ou des crèmes. »

Stahl W : Dietary tomato paste protects against ultraviolet light-induced erythema in humans. J Nutr. 2001; 131(5):1449-1451.

La tomate protège du cancer de la prostate

VRAI.

Mais modestement. En 1995, Edward Giovannucci, un épidémiologiste de l’Ecole de médecine de Harvard (Boston), a publié les résultats d’une étude portant sur 48 000 hommes : les plus gros consommateurs de tomate avaient un risque de cancer de la prostate réduit de 20 à 35%. Tendance confirmée depuis. Après avoir analysé 21 de ces études, le Canadien Mahyar Etminan (université McGill, Montréal) a conclu l’an dernier que pour prévenir le cancer de la prostate, mieux vaut cuire ses tomates : 20% de risque en moins avec les tomates cuites, 10% avec les crues. « Le nutriment de la tomate qui semble avoir des vertus préventives sur ce cancer est le lycopène », précise Ed Giovannucci. Ce pigment est mieux absorbé après cuisson de la tomate, ce qui explique que les bénéfices de ce fruit s’étendent même aux amateurs de pizza et de ketchup ! Selon Ed Giovannucci, les grands mangeurs de tomate ont aussi 40% de risque de cancers du poumon et de l’estomac en moins.

Etminan M : The role of tomato products and lycopene in the prevention of prostate cancer: a meta-analysis of observational studies. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2004 ; 13(3):340-345.

 

Ce n’est pas en mangeant des pizzas qu’on prévient l’infarctus

VRAI ET FAUX.

Parce qu’elle apporte fromage et céréales raffinées, la pizza peut difficilement revendiquer le statut d’aliment-santé. Pourtant, quelques études ont trouvé que les amateurs de pizzas ont un risque cardiovasculaire réduit. La dernière en date, conduite sur près de 40 000 femmes, fait apparaître un risque modestement diminué d’environ 30% lorsqu’on mange au moins deux pizzas par semaine. Explication probable : la sauce tomate riche en lycopène et l’huile d’olive qui aide à retenir ce caroténoïde. Expérimentalement, le lycopène protège le cholestérol de l’oxydation ; il garde aussi le sang plus fluide. La présence de tomate dans la pizza contrarierait ainsi les effets négatifs des graisses saturées et de la farine blanche. Mais selon le Pr Carlo La Vecchia (université de Milan), la pizza pourrait n’être dans ces études qu’un témoin du fameux régime méditerranéen.

Sesso H : Dietary Lycopene, Tomato-Based Food Products and Cardiovascular Disease in Women. J Nutr 2003; 133(7):2336-2341.

 

La tomate renferme des composés toxiques

VRAI.

Mais pas d’affolement ! « En Europe, on a longtemps cru que la tomate était toxique, comme d’autres espèces de la famille des Solanacées à la quelle elle appartient : belladone, morelle, mandragore… » rappelle Henri Laterrot (INRA Montfavet). « Les tomates renferment des alcaloïdes toxiques et des saponines », précise Serge Aubert (INRA Montfavet). « Ces substances sont souvent considérées comme vénéneuses (les venins animaux sont classés dans les saponines) mais en réalité à doses faibles elles ont des effets bénéfiques. Alcaloïdes et saponines seraient bactéricides, elles aideraient à combattre le cholestérol élevé. » Les tomates vertes renferment plus de ces substances car jusqu’à maturation elles défendent la plante contre bactéries, virus, champignons, insectes. « Les Méridionaux, qui aiment les tomates « tournantes » se sont peut être adaptés à la consommation de petites doses d’alcaloïdes et de saponines », dit Serge Aubert.

 

 

Que contiennent les tomates ?

 

Tomate fraîche

Tomate en conserves

Tomate cuite, conserves

Jus de tomates

Eau (g)

94

94

91

94

Energie (Kcal)

21

19

28

17

Lipides (g)

0,33

0,13

0,13

0,06

Proteines (g)

0,85

0,92

0,95

0,76

Glucides (g)

4,6

4,3

6,8

4,2

Fibres (g)

1,1

1

1

0,4

Potassium (mg)

223

221

238

220

Phosphore (mg)

24

18

20

19

Magnésium mg)

11

12

12

11

Calcium (mg)

5

30

33

9

Vitamine C (mg)

19

14, 2

11,4

18,3

Vitamine A (UI)

623

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