COVID-19 : les déchets plastiques s’accumulent

Par Marie-Céline Ray Publié le 18/09/2020 Mis à jour le 21/09/2020
Article

La pandémie de COVID-19 nous incite à consommer plus de plastiques à usage unique. Quelles conséquences sur l'environnement ?

Pourquoi c’est important

Depuis des années, les politiques locales et internationales cherchent à réduire la pollution par le plastique. Mais la pandémie de COVID-19 a mis à mal cette volonté : la priorité a été donnée à la santé, avec pour conséquence une explosion de l’usage des masques jetables, des gants et des gels hydroalcooliques emballés dans du plastique.

Faut-il s’en inquiéter pour la planète ?

Plus de masques, gants et emballages en plastique

Dans la revue Science parue le 11 septembre 2020, Tanveer Adyel, un scientifique de l’université Monash de Melbourne (Australie), fait le point sur l’évolution des déchets plastiques pendant la pandémie de COVID-19.

Il explique que lors du confinement, la demande en pétrole s’est effondrée, et que la baisse du prix du pétrole a encouragé la fabrication de plastiques, au détriment du recyclage.

Comme nous le voyons malheureusement tous les jours dans notre environnement, les équipements de protection personnelle ont augmenté la pollution par le plastique. D’après une étude parue en juin dernier, les besoins mensuels mondiaux pendant la pandémie s’élèvent à 129 milliards de masques jetables et 65 milliards de gants. La production chinoise de masques à usage unique a été multipliée par 12. Dans les hôpitaux, la consommation de gants, de blouses de protection, s’est accrue.

Or beaucoup de masques sont jetés dans l’environnement (environ 1 %, soit des millions !). Les masques chirurgicaux jetables contiennent des microfibres de polypropylène et ne sont pas biodégradables. De telles quantités posent la question de la gestion de ces déchets, d’autant plus qu’ils peuvent être contaminés. Certains se retrouvent dans l’eau, la mer, et vont augmenter la pollution par les microplastiques.

Lire : Des microplastiques dans l'eau potable : quel danger pour la santé ?

En parallèle, le confinement a induit des changements d’habitudes et une hausse de l’utilisation des plastiques. La livraison des courses et la consommation de plats préparés (par exemple pour pallier la fermeture des restaurants) ont augmenté la quantité d’emballages. À Singapour, les huit semaines de confinement ont produit 1 400 tonnes de déchets plastiques supplémentaires.

D’après Tanveer Adyel, le marché mondial des emballages plastiques devrait progresser en 2021 de 5,5 % sur une année, notamment en réponse à la pandémie. En période de crise sanitaire, l’emballage plastique peut rassurer, et donner une garantie de sécurité alimentaire…

Les emballages gages de sécurité alimentaire ?

En juillet dernier, deux scientifiques de l’université de Berkeley s’inquiétaient déjà sur le site The Conversation de l’accroissement des déchets plastiques aux Etats-Unis. Elles expliquaient : « Au cours des décennies précédant 2020, de nombreuses villes et États américains se sont efforcés de réduire les déchets d'objets jetables à usage unique tels que les pailles, les ustensiles, les tasses à café, les bouteilles de boissons et les sacs en plastique. »

Mais le confinement a mis un coup d’arrêt à cela. Les sacs en plastique ont fait leur retour dans les épiceries d’Etats qui les avaient pourtant interdits !

En France, une étude de l’institut Nielsen sur 4 400 consommateurs a trouvé que 40 % des foyers faisaient des achats en vrac avant le confinement. Mais pendant le confinement cette proportion est tombée à 22 %.

Il y avait des raisons logistiques (fermeture de magasins …), mais quand on interroge ceux qui ont arrêté leurs courses en vrac, 21 % expliquaient qu’ils n’avaient pas confiance à cause du contexte de la COVID-19 et 13 % considéraient que ce n’était pas hygiénique.

En pratique

Sur son site, l’Anses donne quelques recommandations pour faire vos courses en période de pandémie. L’agence sanitaire conseille de laver ses fruits et légumes à l’eau potable. Il n’existe aucune preuve que la contamination par le coronavirus peut se faire par voie digestive.

« L’éventuelle transmission par un aliment ne peut donc être due qu’à la contamination de cet aliment par un malade ou une personne infectée par le virus, en le manipulant avec des mains souillées, ou en l’exposant à des gouttelettes infectieuses lors de toux et d’éternuements. »

L’agence recommande également de ne pas se toucher le visage en faisant ses courses et de se laver les mains en rentrant chez soi et après avoir rangé ses courses.

Des livres pour aller plus loin : Zéro plastique Zéro toxique, La famille (presque) Zéro déchet et Les Zenfants Zéro déchet

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