La biologie du coup de foudre

Par Lanutrition.fr Publié le 02/05/2006 Mis à jour le 21/11/2017
En matière de biologie, il était temps que les scientifiques s'intéressent un peu moins à la reproduction et un peu plus à ce qui se passe un peu avant, au moment précis où nous sommes attiré(e)s par l'autre.

13 janvier 2003

Jusqu'ici, la biologie de la passion n'avait pas passionné les centres de recherche, mais les travaux conduits par l'équipe d'Andreas Bartels et Semir Zeki (University College, Londres) pourraient faire changer tout ça. Ces chercheurs ont demandé à des volontaires hommes et femmes sous l'emprise de la passion, de les laisser plonger dans l'intimité de leur cerveau par l'intermédiaire d'un appareil IRM (imagerie à résonance magnétique), alors qu'ils contemplaient une photo de leur tendre moitié. Les images prises montrent que l'amour active des régions du cerveau riches en cellules et réseaux qui utilisent la dopamine, un messager chimique associé à la vigilance et au désir de tout type. En fait, le coup de foudre entraîne probablement une augmentation de l'activité dopaminergique du cerveau, ce qui explique que l'on ait plus d'énergie, moins faim et moins besoin de sommeil.

L'amour est une drogue

Bartels et Zeki ont comparé les images prises chez les amoureux à celles prises dans d'autres situations psychologiques, y compris de désir sexuel ou d'euphorie liée à la prise de drogue. En effet, ces émotions sont eux aussi liés à l'activation du système dopaminergique. Pourtant, les circuits neurologiques de l'amour sont uniques, ont-ils conclu.Ces travaux sont en passe d'être reproduits à l'université Rutgers (New Jersey), où l'équipe d'Helen Fischer analyse 3 000 images du cerveau prises chez 18 volontaires pendant qu'ils regardaient une photo de l'être aimé. Mais si la passion amoureuse prend ses racines dans l'activation du système dopaminergique, si elle s'apparente de ce fait à une drogue, peut-être tient-on là aussi la raison pour laquelle, comme l'a montre le Dr Ted Huston (université du Texas, Austin), les couples qui vivent dès le début une passion intense ont aussi tendance à se séparer plus tôt. En somme, comme toutes les drogues, la passion pourrait, à terme, voir ses effets s'estomper. L'exaltation passe, mais - et c'est réconfortant - pour celles et ceux qui souffrent d'un chagrin amoureux, l'addiction s'efface elle aussi. Jusqu'au prochain coup de foudre.

Bartels A : The neural basis of romantic love. Neuroreport. 2000, 11(17):3829-34.

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