Endurance : le surentraînement fatigue aussi le cerveau et affecte la prise de décision

Par Sarah Amiri Publié le 07/10/2019 Mis à jour le 07/10/2019
Actualité

Des entraînements intenses fatiguent le corps, mais peuvent-ils aussi provoquer une fatigue mentale ? Une nouvelle étude publiée dans Current Biology semble indiquer que oui.

Pourquoi c’est important

Tout comme travailler beaucoup fatigue le corps et le cerveau, l’entraînement intensif peut conduire à de la fatigue physique mais aussi mentale. Or un athlète doit être non seulement capable de performer physiquement mais aussi de prendre de bonnes décisions lorsqu’il est en course ou encore de garder le contrôle mental sur des objectifs lointains comme les compétitions. Les effets du surentraînement se sentent particulièrement dans des sports d’endurance nécessitant de nombreux entraînements comme le triathlon. 
 

L’étude 

Des athlètes de l’INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance) ont déclaré « un syndrome de surentraînement », caractérisé par une fatigue profonde et une baisse des performances. Mathias Pessiglione, directeur de recherche Inserm au sein de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP) et son équipe ont cherché à mieux comprendre ce syndrome. 

Les chercheurs ont recruté 37 hommes d’un âge moyen de 35 ans pratiquant le triathlon. Ces athlètes ont dû alterner entraînements de routine et entraînements intensifs (rallongés de 40 %) sur 3 sessions de 3 semaines.

Les chercheurs ont suivi leurs performances physiques pendant les exercices cyclistes effectués les jours de repos et ont évalué leur fatigue à l'aide de questionnaires tous les deux jours. Ils ont également effectué des tests comportementaux et des expériences d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRM).

Résultats : un excès d’activité physique s’est avéré fatigant pour les athlètes avec une baisse de l’activité du cortex préfrontal latéral, zone du cerveau où s’enregistre aussi la fatigue intellectuelle. Les athlètes se sont aussi révélés plus impulsifs dans certains tests de décision : ils ont préféré recevoir des récompenses immédiates plutôt que sur le long terme. 
Cette fatigue provoquée par un entraînement intensif pourrait donc affecter la capacité à prendre des décisions, ce qui pourrait expliquer la tentation des sportifs pour le dopage, qui donne des résultats à court terme mais affecte les performances sur le long terme.

Les résultats de cette étude sont à prendre en compte aussi bien pour les sportifs que pour diagnostiquer des premiers signes de burn-out ou pour prendre en compte les niveaux de fatigue lors de décisions importantes. Les chercheurs ont l’espoir de trouver des stratégies ou des traitements visant à prévenir cette fatigue neuronale.

En pratique

Pour des sports nécessitant de nombreuses séances d’entraînement par semaine ou pour les personnes manquant de temps pour s’entraîner, il existe déjà des méthodes d’entraînement permettant de réduire la durée des séances avec des résultats similaires à des séances plus longues : c’est le cas du HITT (ou entraînement fractionné à haute intensité) par exemple. À la clé, de meilleures performances et moins de fatigue (physique et mentale).

Et pour les triathlètes, Sébastien Balondrade, un coach français, propose une méthode de training express qui réduit de moitié la durée de l’entraînement hebdomadaire (5 heures au lieu de 10-12 h), sans sacrifier les performances, au contraire.

Pour en savoir plus, lire : Training express pour le triathlon 

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