Un lien entre pollution de l’air et risque de fractures ?

Par Marie-Céline Ray Publié le 23/11/2017 Mis à jour le 27/11/2017
Actualité

Deux études américaines suggèrent que la pollution aux particules fines fragilise les os. 

La mauvaise qualité de l’air serait un facteur sur lequel il est possible d’agir pour réduire le risque de fractures osseuses. C’est ce que suggère un nouvel article du Lancet Planetary Health qui présente les résultats de deux études indépendantes réalisées aux Etats-Unis.

En France en 2014, il y a eu 76 000 hospitalisations pour des fractures du haut du fémur chez les plus de 65 ans, d’après le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire de l'agence Santé publique France. Ces fractures accroissent le risque de décès et ont un fort impact sur l’autonomie des personnes âgées. C’est pourquoi il est important de connaître les facteurs favorisant chutes et fractures chez les seniors afin de pouvoir les prévenir au mieux. La pollution de l’air est-elle un de ces facteurs ?

Ce que disent les études

Dans la première étude, les chercheurs ont analysé l’association entre une exposition aux particules fines et des hospitalisations pour fractures liées à l’ostéoporose, entre 2003 et 2010. Les particules fines (aussi appelées PM2,5) mesurent moins de 2,5 µm de diamètre. Issues de la combustion du bois, du gaz, de carburants (diesel…), elles peuvent pénétrer dans les poumons et sont associées à différents problèmes de santé : maladies respiratoires et cardiovasculaires notamment.

D’après ces données portant sur 9 millions d’assurés sociaux américains de plus de 65 ans, il y avait plus d’hospitalisations pour des fractures chez des populations exposées à des niveaux élevés de particules fines. Une augmentation de 4 µg/m3 de particules fines correspondait à une augmentation de 4 % du risque d'hospitalisation pour fracture. Le risque était encore plus élevé chez les personnes à faible revenu.

Ces associations s’observaient pour des concentrations de particules fines inférieures aux seuils réglementaires. A titre de comparaison, l’OMS recommande moins de 10 µg/m3 de PM2,5 en moyenne par an et moins de 25 µg/m3 sur une journée. Par exemple, les 22 et 23 novembre 2017, dans Lyon centre, la concentration en PM2,5 a varié entre 6 et 16 µg/m3 sur 24h, ce qui reste en-dessous du seuil réglementaire.

Dans la deuxième étude, les chercheurs ont examiné l’association sur 8 ans entre les concentrations en PM2,5 et la densité osseuse de  692 hommes (moyenne d’âge : 46,7 ans) à faible revenu. Ces personnes faisaient partie de la cohorte BACH (Boston Area Community Health)/Bone Survey. Résultats : ceux qui vivaient dans des zones avec des taux élevés de particules fines présentaient des diminutions plus importantes de la densité osseuse que les hommes moins exposés aux polluants.

Comment expliquer que la pollution atmosphérique puisse favoriser des fractures ? Les auteurs expliquent que l’exposition aux particules fines est associée à l’oxydation et à l’inflammation, deux mécanismes qui peuvent accélérer la perte osseuse et accroître le risque de fractures. D’ailleurs, le tabagisme est aussi associé à une diminution de la densité minérale osseuse et à un risque accru de fractures.

En pratique

Il semble difficile de demander à des personnes âgées, surtout à faible revenu, de déménager là où l'air est moins pollué (à la campagne par exemple). En revanche, surveiller son taux de vitamine D, faire un peu de musculation, surtout au niveau des jambes, bouger autant que possible, avoir des apports suffisants en potassium et magnésium sont des stratégies anti-fractures prouvées et à la portée du plus grand nombre.

Lire aussi : Le traitement naturel de l'ostéoporose

 

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