Alzheimer : barbecue et viandes grillées dans le collimateur

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 26/02/2014 Mis à jour le 10/03/2017
Des composés présents dans les viandes grillées - les produits de glycation avancés (ou AGE) - augmenteraient le risque de démence.

Peut-on éviter la maladie d’Alzheimer en mangeant différemment ? D’après des chercheurs américains dirigés par Helen Vlassara, qui publient de nouveaux résultats dans PNAS, des molécules présentes dans les viandes grillées augmenteraient le risque de démence et de déficience cognitive.

La maladie d’Alzheimer et les autres démences liées à l’âge ont vu leur fréquence augmenter au cours des dernières décennies ; le vieillissement de la population n’est pas le seul responsable de cette épidémie. Des facteurs environnementaux, comme l’alimentation, pourraient jouer un rôle.

Lire : Maladies neurologiques : plus fréquentes et plus précoces

Des chercheurs de l’Icahn School of Medicine du Mont Sinai à New York se sont intéressés à des molécules présentes dans les viandes grillées et les produits laitiers pasteursés ou stérilisés : les produits de glycation avancés ou AGEs. En effet, les régimes alimentaires modernes incluent souvent trop d'AGEs, comme les dérivés du méthylglyoxal, considérés comme des neurotoxiques.

Lire : Des AGE qui donnent de l'âge

Pour savoir si ces molécules favorisent la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont testé trois régimes alimentaires chez des souris tout au long de leur existence : un régime faible en AGEs, un régime complémenté en dérivés du méthylglyoxal et un régime standard de souris de laboratoire. Au cours du vieillissement des souris, celles qui avaient eu des dérivés du méthylglyoxal avaient des niveaux augmentés de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau et des déficits cognitifs et moteurs. Ces changements n’existaient pas chez les souris qui recevaient peu d’AGEs. La protéine bêta-amyloïde est la protéine qui forme des plaques dans le cerveau de malades d’Alzheimer.

Du point de vue moléculaire, les chercheurs pensent que ces changements sont liés à la protéine SIRT1, une sirtuine induite par la restriction calorique. En effet, chez les souris nourries avec des AGEs, les chercheurs ont observé une suppression de la protéine SIRT1. Or, la suppression de SIRT1 est liée à la démence, à la maladie d’Alzheimer, et au diabète.

Lire : Comment la restriction calorique augmente l'espérance de vie

Enfin, pour savoir si les AGEs avaient le même effet chez les humains, les chercheurs ont prélevé des échantillons sanguins chez 94 adultes de plus de 60 ans. Ils ont alors observé que ceux qui avaient des niveaux élevés de dérivés du méthylglyoxal exprimaient moins le gène SIRT1.

Pour les auteurs, il y a une bonne nouvelle car le déficit en SIRT1 est réversible, à condition de réduire ses apports en AGEs. D’après Helen Vlassara, il faudrait donc cuisiner les viandes avec « moins de chaleur et plus d’eau ».

Comment composer ses menus pour réduire le niveau des AGE (réservé abonnés)

En pratique, les modes de cuisson à privilégier sont le bain-marie, la vapeur, les aliments pochés, les marinades.

Pour en savoir plus sur les modes de cuisson protecteurs : Lire Le bon choix pour cuisiner

Source


Weijing Cai, Jaime Uribarri, Li Zhu, Xue Chen, Shobha Swamy, Zhengshan Zhao, Fabrizio Grosjean, Calogera Simonaro, George A. Kuchel, Michal Schnaider-Beeri, Mark Woodward, Gary E. Striker, and Helen Vlassara. Oral glycotoxins are a modifiable cause of dementia and the metabolic syndrome in mice and humans. PNAS 2014 ; published ahead of print February 24, 2014, doi:10.1073/pnas.1316013111

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