75 % des miels mondiaux contaminés par des pesticides tueurs d'abeilles

Par Marie-Céline Ray Publié le 13/10/2017 Mis à jour le 21/11/2017
Actualité

Des tests sur des miels du monde entier révèlent une contamination généralisée par des pesticides néonicotinoïdes.

Les insecticides néonicotinoïdes sont présents dans 75 % des échantillons de miels : c’est ce que montre une étude parue dans Science qui a analysé près de 200 miels du monde entier.

Les abeilles et les insectes pollinisateurs en général sont indispensables à la plupart des cultures dans le monde. Pourtant les abeilles connaissent un déclin depuis plusieurs décennies. La destruction de leur habitat, les maladies, mais aussi les pesticides, sont des facteurs pouvant expliquer leur disparition.

"Les néonicotinoïdes sont les insecticides les plus répandus au monde"

Ces travaux ont commencé par un projet citoyen lorsque les chercheurs du jardin botanique de Neuchâtel (Suisse) ont demandé, entre 2012 et 2016 de leur donner du miel. Ils ont reçu des centaines d’échantillons et en ont analysé 198 provenant de tous les continents (sauf l’Antarctique). Le miel est un bon indicateur de la pollution de l’environnement autour d’une ruche.

Les scientifiques ont recherché la présence de cinq néonicotinoïdes : acétamipride, clothianidine, imidaclopride (Gaucho), thiaclopride et thiaméthoxame (Cruiser). Les néonicotinoïdes sont les insecticides les plus répandus au monde. Ils sont absorbés par la plante et transportés vers les organes comme les fleurs. Ils peuvent donc se retrouver dans le pollen ou le nectar.

"3 miels sur 4 contaminés"

75 % des échantillons avaient au moins une molécule et 45 % au moins deux. 10 % en avaient quatre ou cinq. La concentration détectée restait tout de même inférieure au maximum autorisé pour la consommation humaine. Mais il existe peu de travaux sur les effets des néonicotinoïdes sur les vertébrés.

Les taux de contamination étaient plus élevés en Amérique du nord où 86 % des échantillons contenaient au moins un néonicotinoïde ; puis venaient l’Asie (80 %) et l’Europe (79 %). L’Amérique du sud avaiet les taux les plus faibles (57 %). Même des îles océaniques étaient contaminées. Le néonicotinoïde le plus fréquent était l’imidaclopride et le moins fréquent la clothianidine.

Les néonicotinoïdes sont des neurotoxiques qui affectent l’apprentissage et le comportement des abeilles. Dans le Guardian, Edward Mitchell, de l’université de Neuchâtel, a expliqué : « Si vous regardez la concentration minimale pour laquelle un impact négatif significatif sur les abeilles a été trouvé, 48 % de nos échantillons dépassent ce niveau. »

Trois néonicotinoïdes ont été interdits en Europe en 2013, sauf pour certaines cultures : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. En France, la loi sur la biodiversité de 2016 prévoit que sept néonicotinoïdes soient interdits en septembre 2018

Les abeilles participent activement à la pollinisation donc la biodiversité végétale. Hormis le miel, elles produisent des substances utilisées en médecine préventive ou curative, comme la propolis ou la gelée royale. Le Dr Nicolas Cardinault a rassemblé les études sur ces produits dans un livre ("Soignez-vous avec les produits de la ruche"), dont vous pouvez lire un extrait ici.

 

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