Une bière, ça désaltère

L'essentiel

Désaltérante et modérément alcoolisée, la bière est un véritable cocktail de vitamines. Le point sur les vertus santé de cette boisson ancestrale.  

Elle fait grossir

Faux

Comme toutes les boissons alcoolisées, la bière stimule l’appétit et apporte un surplus énergétique. Cependant, aucune étude expérimentale ou épidémiologique n’a mis en évidence un lien entre la consommation modérée et régulière de bière et la prise de poids. Les buveurs de bière réduiraient ainsi spontanément leurs apports alimentaires journaliers pour compenser les calories apportées par la bière. D’autre part, l’ingestion d’alcool augmente les dépenses énergétiques du corps. Néanmoins, si la bière ne semble pas influencer l’indice de masse corporelle, une consommation modérée à importante peut conduire, sur le long terme, à épaissir significativement le tour de taille : d’où la fameuse « bouée » ventrale des inconditionnels de la bière !

Bobak M. : « Beer and obesity : a cross-sectional study ». Eur. J. Clin. Nutr. 2003 Oct ; 57(10) : 1250-3.

Vadstrup E. S. : « Waist circumference in relation to history of amount and type of alcohol: results from the Copenhagen City Heart Study. » Int J Obes Relat Metab Disord. 2003 Feb ; 27(2) : 238-46.

Elle réduit le risque de survenue du diabète

Vrai

Grâce à l’éthanol qu’elle contient, la bière protègerait du diabète de type II lorsqu’elle est consommée régulièrement et en quantité modérée. Selon une étude américaine réalisée sur près 47 000 participants pendant 12 ans, le risque de développer un diabète de type II diminue de 36 % chez les consommateurs modérés de boissons alcoolisées par rapport aux non-buveurs. Et plus la consommation est fréquente, plus le risque se réduit : chaque jour supplémentaire de consommation d’alcool dans une semaine diminue le risque de diabète de 7% !

Conigrave KM : « A prospective study of drinking patterns in relation to risk of type 2 diabetes among men. » Diabetes. 2001 Oct ; 50(10) : 2390-5.

Elle protège de l’ostéoporose

Vrai

Boire des quantités faibles à modérées d’alcool semble avoir des effets bénéfiques sur la densité osseuse. Des chercheurs français ont ainsi analysé la densité osseuse de 7 895 femmes âgées de 75 ans et plus. Il s’avère que les femmes qui boivent un peu d’alcool tous les jours possèdent des os plus solides que celles qui n’en consomment jamais. Cependant, pour garder ses effets protecteurs, l’alcool ne doit pas être absorbé en grande quantité. Le houblon de la bière posséderait de plus une activité intéressante testée uniquement in vitro : il empêcherait la résorption osseuse.

Ganry O : « Effect of alcohol intake on bone mineral density in elderly women : The EPIDOS Study ». Am. J. Epidemiol. 2000 Apr 15 ; 151(8) : 773-80.

Elle élève moins l’alcoolémie que le vin

Vrai

Une même quantité d’alcool n’est pas assimilée par l’organisme de la même façon selon qu’elle provient de la bière, du vin ou des spiritueux. Le passage de l’alcool de la bière dans le sang est en effet moins rapide et le pic d’alcoolémie (concentration sanguine maximale d’alcool) moins élevé et plus tardif que pour les autres boissons alcoolisées. De plus, l’alcoolémie décroît plus vite. Ce phénomène serait dû au fait que l’alcool est plus dilué dans la bière que dans les autres breuvages alcoolisés.

Piendl A. : « Consumption of alcoholic beverages and blood alcohol levels ». Convention of Alaface, Caracas, Venezuela, October 4, 1978.

Brune ou blonde ?

 

Bière brune

Bière ordinaire

Energie (kcal/l)

450

379

Alcool (g/l)

42

35,3

Sucres (g/l)

35>

30

Magnésium (mg/l)

90

70

Calcium (mg/l)

60

60

Potassium (mg/l)

570

310

Fer (mg/l)

0,3

0,5

Vitamine B1 (mg/l)

0

0,1

Vitamine B2 (mg/l)

0,3

1

Vitamine B3 (mg/l)

6

7

Vitamine B5 (mg/l)

1

1

Vitamine B6 (mg/l)

0,3

1

Vitamine B9 (µg/l)

100

100

Une fabrication en quatre temps

Consommée partout dans le monde, la bière est fabriquée depuis l’Antiquité à partir des céréales propres à chaque continent. En Europe, elle est élaborée à partir d’orge, d’eau, de houblon et de levures, selon un procédé qui est resté immuable au fil des siècles. La première étape, le maltage, consiste à transformer les graines d’orge crues en malt. Pour cela les graines sont mises à gonfler et germer dans de l’eau. Puis elles sont touraillées, c’est-à-dire séchées : le malt prend alors un bel aspect ambré. La seconde phase, le brassage, commence lorsque le malt, transformé en farine, est mélangé à de l'eau pour former le moût, une sorte de liquide sucré. Ce moût est porté à ébullition puis on lui ajoute du houblon qui confère à la bière son arôme et son amertume caractéristiques. Ensuite, on ajoute au mélange la levure qui va transformer le sucre en alcool : c'est la fermentation. Enfin, la bière est placée dans des cuves de garde pour s'affiner lentement et devenir bien mousseuse.

  • Version actuelle le 23/12/2024
    Mise à jour par Marie-Céline Ray Journaliste scientifique
  • le 22/03/2021
    Mise à jour par Collectif laNutrition
  • le 07/04/2006
    Publication par Collectif LaNutrition.fr Journalistes scientifiques et diététiciennes
Back to top