Pr Jennie Brand Miller : l’index glycémique des aliments prédit bien celui des repas

Par Lanutrition.fr Publié le 02/11/2011 Mis à jour le 10/03/2017
L'index glycémique (IG) d'aliments isolés permet-il de prédire celui d'un repas ? Certains médecins le contestent et jugent que l'usage de l'IG est donc limité.Le Pr Jennie Brand-Miller, l'une des meilleures spécialistes mondiales, explique ici qu'en réalité des IG isolés prédisent de manière très fiable celui du repas.

L’index glycémique (IG) est une valeur attachée aux aliments glucidiques (pain, pâtes, riz, pommes de terre…) qui permet de choisir ceux qui élèvent le moins amplement le sucre sanguin lorsqu’ils sont consommés. LaNutrition.fr a publié une table à jour des IG des aliments courants pour aider les personnes en surpoids, les diabétiques et en réalité tout le monde, à suivre un régime sain, qui n’élève pas excessivement le sucre sanguin.

L’une des critiques récurrentes de l’usage de l’index glycémique, c’est que l’IG d’aliments isolés ne permettrait pas de prédire celui d’un repas constitué de ces aliments en raison de la variation des teneurs en graisses, protéines et fibres qui viendraient fausser les calculs. Les défenseurs de ce point de vue jugent donc qu’il est inutile d’utiliser les tables d’IG pour prédire l’IG d’un repas, et que le concept même d’index glycémique est sans intérêt. Nous avons demandé au Pr Jennie Brand-Miller (université de Sydney), l’une des meilleures spécialistes mondiales, si l’IG d’un repas échappe à toute prévision. Selon elle, cette critique est infondée et l’on peut effectivement utiliser les tables d’IG pour composer ses repas.

LaNutrition.fr : L’index glycémique a-t-il encore une valeur quand on considère un repas plutôt qu’un aliment ?

Pr Jennie Brand-Miller : Les critiques de l'IG ont mis l'accent sur ​​le fait que l’on ne peut prévoir la glycémie après un repas, en raison des variations dans les teneurs en lipides, protéines et fibres. La plupart de nos repas se composent en effet d'une variété d'aliments. Cependant, même si les valeurs d’IG sont dérivées de tests portant sur des aliments isolés, nous avons avec d'autres scientifiques montré qu'il est possible de prédire le niveau des réponses de la glycémie de repas qui se composent de plusieurs aliments dont les valeurs d’IG diffèrent.

Avec nos collègues du département de nutrition de l'Université de Toronto nous avons conduit des études avec des repas mixtes sur deux groupes de sujets sains, à Toronto et Sydney. Nous avions déjà fait des études moins importantes, mais nous avons voulu revoir la question, en utilisant plus de repas et de variété, et ce, dans deux centres différents. Cette fois-ci, 14 repas tests différents ont été testés à Sydney et à Toronto, et les combinaisons alimentaires reflètent toute une gamme de choix pour un petit déjeuner. Malgré les variations dans les facteurs alimentaires, la glycémie après les repas a évolué conformément aux mesures d’IG. En fait, nous avons été stupéfaits du degré de fiabilité avec lequel nous avons pu prédire le niveau de sucre sanguin. La composition en glucides, lipides et protéines des repas était pourtant extrêmement variable. La réponse glycémique variait d’un facteur cinq, et pourtant 90 pour cent de cette variation s'explique par la teneur en glucides du repas et les valeurs de l'IG des aliments comme indiqué dans les tables publiées. Nous avons constaté que l'IG est un marqueur extrêmement fiable, que les sujets consomment une seule portion d'un aliment ou un repas normal. Nous avons rapporté ces résultats dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

Plus récemment, nous avons systématiquement testé 121 aliments simples avec des portions de 1000 KJ (240 calories) et 13 repas mixtes avec des portions de 2000 KJ (480 calories). Il y avait de grandes variations dans les teneurs en glucides, lipides, protéines et fibres. Nous avons trouvé que l’IG et/ou la charge glycémique, plus que la teneur en glucides prédisaient le plus fidèlement l'ampleur de l'hyperglycémie et de l'insulinémie. En fait, pour les repas mixtes, la teneur en glucides n’est pas un facteur prédictif significatif. Ces résultats ont également été publiés dans l’American Journal of Clinical Nutrition. Une autre étude dans un numéro récent de ce journal a conclu qu'il existe une incertitude importante dans la prédiction de l'IG d’un repas mixtes. Mais cette étude a des limites car les chercheurs ont choisi d'étudier seulement 3 repas mixtes avec une gamme très étroite d’IG (51, 53 et 63). Sans surprise, ils ont constaté qu'ils ne pouvaient pas distinguer entre les deux repas dont l’IG était le plus bas. Le repas à base de pommes de terre a entraîné la réponse la plus élevée comme on pouvait s’y attendre. Idéalement, dans des études comme celle-ci, il est logique d'étudier un plus grand nombre de repas qui couvrent un spectre d’IG plus large.

Pour aller plus loin, LaNutrition.fr a publié, avec le concours des chercheurs, les 4 ouvrages  de référence sur l'index glycémique : Le Nouveau Régime IG (EXTRAIT ICI >>), Guide des Index glycémiques, 100 aliments IG à volonté ( lire un extrait ICI >>), Le régime IG Diabète

© GI News, Human Nutrition Unit, University of Sydney

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