Comment le sport agit sur le microbiote de la bouche

Par Marie-Céline Ray - Journaliste scientifique Publié le 13/04/2021 Mis à jour le 16/04/2021
Actualité

Une étude japonaise montre que l’exercice améliore l’environnement buccal des personnes souffrant de la maladie du foie gras.

Pourquoi c’est important

La maladie du foie gras représente un problème majeur de santé publique dans le monde. Cette maladie métabolique favorise le développement d’autres pathologies : diabète, maladies cardiovasculaires, cancers…

Les personnes touchées par le syndrome métabolique développent souvent des maladies des gencives, comme la gingivite et la parodontite. Une étude a ainsi montré que la bactérie Porphyromonas gingivalis, liée à la maladie parodontale, est présente chez la majorité des personnes concernées par la NASH (stéatohépatite non alcoolique). Si des bactéries pro-inflammatoires sont présentes dans la bouche, elles peuvent rejoindre l’intestin et le foie et favoriser l’inflammation hépatique.

L’exercice est un moyen de réduire l’inflammation, les graisses et les lésions hépatiques qui touchent les patients souffrant de la maladie du foie gras. Mais agit-il aussi sur le microbiote, en particulier celui de la bouche ?

L’étude

Des chercheurs japonais de l’université de Tsukuba ont réalisé des analyses génétiques de la salive d’hommes obèses, qui souffraient de la maladie du foie gras mais aussi de parodontite. 49 d’entre eux ont suivi un programme d’entraînement physique de 12 semaines et 21 ont diminué la teneur calorique de leur alimentation.

Selon les résultats de cette étude parue dans l'International Journal of Environmental Research and Public Healthles hommes ont perdu de la graisse dans les deux groupes. Mais ceux qui ont suivi le régime amaigrissant ont aussi perdu du muscle. En revanche, les hommes qui ont fait du sport ont gagné de la masse musculaire. Chez eux, les chercheurs ont observé que l’environnement buccal avait été modifié par l’exercice. Ils ont ainsi constaté des réductions des concentrations en lactoferrine (une molécule antibactérienne), en lipopolysaccharides (LPS) et en IgA (des anticorps présents dans les muqueuses).

Le LPS est une molécule présente à la surface de certaines bactéries. Considéré comme une endotoxine, c'est un constituant de la paroi des bactéries à Gram négatif. Dans l’organisme, l’absorption du LPS conduit à de l’inflammation, du stress oxydant, une dysbiose (déséquilibre du microbiote), des mécanismes qui peuvent contribuer à la formation des lésions hépatiques.

Les échantillons du groupe qui avait fait du sport montraient une plus grande diversité du microbiote buccal. Il y avait :

  • une hausse de la proportion des bactéries Campylobacter, Corynebacterium, Actinomyces et Lautropia,
  • une baisse des bactéries Prevotella. Or certaines espèces de Prevotella sont associées à la parodontite.

Les bactéries des hommes qui avaient fait du sport exprimaient moins de gènes conduisant à la production de LPS. L’exercice réduit donc la présence des bactéries qui sont liées à la maladie parodontale et qui produisent du LPS. Le Pr Shoda, un des auteurs de cette recherche, en conclut que « l'exercice entraîne un changement biochimique de l'environnement de la bouche qui favorise la survie de bactéries moins nocives. »

Des livres pour aller plus loin : Les recettes du régime NASH, Le régime NASH contre la maladie du foie gras 

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